Pendant l’expédition d’Édouard III en Normandie, les Flamands, alliés du roi d’Angleterre, avaient assiégé Béthune[64], d’où ils avaient été repoussés par Geoffroi de Charny, Eustache de Ribemont, Beaudouin d’Annequin, Jean de Landas, que le roi de France avait mis à la tête de la garnison. Dès le commencement du siége de Calais, le roi d’Angleterre négocie, de concert avec les communes flamandes, un mariage entre sa fille Isabelle et le jeune comte Louis[65]. Ce projet est combattu par Jean, duc de Brabant, qui, voulant faire épouser sa propre fille au comte de Flandre, parvient à mettre le roi de France dans ses intérêts[66]. Par l’entremise du duc de Brabant et du roi de France[67], le comte de Flandre se réconcilie avec ses sujets et retourne dans son comté. Il est pressé de nouveau de contracter mariage avec la fille du roi d’Angleterre; et comme il résiste, ses bonnes villes le tiennent en chartre privée. P. [30] à [34], [249] à [252].

Le comte de Flandre, pour amener ses sujets à se relâcher de l’étroite surveillance où ils le soumettent, feint de consentir au mariage qu’on lui propose. Il a une entrevue à Bergues, entre Nieuport et Gravelines, avec le roi et la reine d’Angleterre dont il fiance solennellement la fille Isabelle[68]; Édouard III et la reine Philippe retournent à Calais, où ils font des préparatifs magnifiques en vue de la célébration prochaine du mariage. Mais peu après cette entrevue, le jeune comte de Flandre, profitant de la liberté plus grande dont les Flamands le laissent jouir, s’égare à dessein un jour qu’il est en partie de chasse et se réfugie en Artois, d’où il se rend auprès du roi de France[69]. P. [34] à [37], [252] à [259].

Sur ces entrefaites, Robert de Namur[70] vient à Calais se mettre au service du roi d’Angleterre qui lui assigne trois cents livres sterling de pension annuelle. P. [37], [38], [259] et [260].

CHAPITRE LXV.

1345. PRISE DE LA ROCHE-DERRIEN PAR LES ANGLAIS.—1347. SIÉGE DE CETTE FORTERESSE PAR CHARLES DE BLOIS, QUI EST VAINCU ET FAIT PRISONNIER PAR THOMAS DE DAGWORTH A LA BATAILLE DE LA ROCHE-DERRIEN[71] (§§ [304] et [305]).

La trêve de Malestroit[72] avait été bien observée[73] en Bretagne, tant par Charles de Blois et les Français que par les partisans de la comtesse de Montfort et les Anglais ses alliés. A l’expiration de cette trêve, la guerre se rallume: Édouard III expédie en Bretagne un renfort de deux cents hommes d’armes et de quatre cents archers sous la conduite de Thomas de Dagworth[74] et de Jean de Hartsel. Ces deux chevaliers font souvent, en compagnie d’un vaillant homme d’armes breton nommé Tannegui du Châtel, des chevauchées contre les gens de Charles de Blois. P. [38], [39], [260].

Thomas de Dagworth, Jean de Hartsel et Tannegui du Châtel s’emparent de la Roche-Derrien[75] au nom de la comtesse de Montfort. P. [39], [40], [261], [262].

A cette nouvelle, Charles de Blois rassemble à Nantes une armée de douze cents armures de fer, de quatre cents chevaliers, dont vingt-trois bannerets, et de douze mille hommes de pied[76] et vient mettre le siége devant la Roche-Derrien. Il fait dresser trois engins dont le jet incommode fort la garnison de cette forteresse[77]. La comtesse de Montfort[78] charge Thomas de Dagworth, Jean de Hartsel et Tannegui du Châtel de marcher au secours des assiégés à la tête de mille armures de fer et de huit mille hommes[79] de pied. Une première rencontre entre l’armée de Charles de Blois et la moitié des forces de Thomas de Dagworth a lieu au milieu de la nuit; Thomas de Dagworth y est grièvement blessé et fait prisonnier, après avoir perdu la plus grande partie de ses gens. Au moment où Jean de Hartsel et Tannegui du Châtel se préparent à effectuer leur retraite dans la direction d’Hennebont, Garnier, sire de Cadoudal, arrive avec un renfort de cent armures de fer et les décide à recommencer le combat; ils surprennent, vers le lever du soleil, l’armée de Charles de Blois endormie et que ne garde aucune sentinelle[80]. Cette armée est taillée en pièces: deux cents chevaliers et bien quatre mille hommes restent sur le champ de bataille[81]. Les Anglais reprennent Thomas de Dagworth; Charles de Blois, fait prisonnier pendant la bataille, est enfermé au château d’Hennebont, et le siége de la Roche-Derrien est levé. Les hostilités n’en continuent pas moins entre Jeanne de Penthièvre, femme de Charles de Blois, qui dirige les opérations au lieu et place de son mari, et les partisans de Jeanne de Flandre, comtesse de Montfort. P. [40] à [44], [262] à [269].

CHAPITRE LXVI.

1347. SIÉGE DE CALAIS, TROISIÈME PÉRIODE: DE MAI A AOÛT 1347.—ARRIVÉE PRÈS DE CALAIS ET RETRAITE SANS COMBAT DE PHILIPPE DE VALOIS A LA TÊTE D’UNE NOMBREUSE ARMÉE.—REDDITION DE CALAIS (3 AOÛT); DÉVOUEMENT D’EUSTACHE DE SAINT-PIERRE ET DE CINQ AUTRES BOURGEOIS[82] (§§ [306] à [314]).