P. [151], l. 19: Bervich.—Ms. B 6: et se bouta ou chastel qui se tenoit Englès et qui siet delés la cité. Et adonc messire Thomas Kol estoit chastelain. Quant le sire de Mauny fut venu jusques à là, il avisa et ymagina comment le plus tost il pouroit faire ouvraige qui apparust pour constraindre cheaulx de Bervich. Il avoit avec luy sept mineurs de l’esvesquiet de Liège, car toudis les menoit il vollentiers avoecq luy, puis qu’il pensoit à faire siège ne assault à une fortresse. Si les appella et leur dist: «Regardés entre vous se par mine nous porimes entrer en ceste cité.» Il respondirent: «Sire, oil.»—«Or vous aparliés et vous esploitiés, adonc dist le sire de Mauny. Mettés vos hostieus en euvre, car se nous poons entrer par mine, je vous feray tous riches.»

Adonc se ordonnèrent et commenchèrent à miner à l’endroit de une grose tour qui estoit sur les murs et respondant à le cité et servoit à l’encontre du dit castiel. Et commenchèrent à fouir mouvant en l’enprise du chastiel. Il n’eurent gaire minet ne alé avant quant il trouvèrent bieau[x] degrés bien assis et bien machonnés et une croute, toute vautée à manière de ung chelier, qui s’en aloit vers le cité de Bervich par desous les murs.

Advint, entreuz que ces mineurs minoient, chil de la cité s’en perchurent bien. Et bien savoient ly aucuns anchiens hommes que là en che contour il devoit avoir crouste et chelier qui aloit de la ville ou castiel. Sy se doubtèrent et esmaièrent durement qu’il ne fussent par là pris, et le remoustrèrent à aulcuns chevaliers d’Escoche qui là estoient pour garder la cité; et leur dirent qu’il s’avisaissent, car il estoient en grande volenté que de yaus rendre à monseigneur Gautié de Mauny, et anchois que le roy englès y peuist venir ne qu’il fust pris par forche.

Quant les Escochois qui là estoient entendirent che langaige et perchurent le coraige des bourgois de Bervich, sy se doubtèrent que mauls ne leur en venist. Si se consillèrent et avisèrent entre yaulz sur che, et toursèrent tout che qu’il pourent et qui leur estoit, et se partirent ung jour et rentrèrent en leur pais. Et à l’endemain, ung traitiet se fist entre cheaus de Bervich et monseigneur Gautié de Mauny qu’il se rendroient, sauve leurs corps et leurs biens. Et les devoit le sire de Mauny parmy tant apaisier au roy d’Engleterre, ensy qu’il fist; car le roy i entra le second jour après à grant joie. Fos 495 à 497.

P. [151], l. 29: Asneton.—Ms. B 3: Anreton. Fº 172 vº.—Ms. B. 4: Ameton. Fº 159 vº.

P. [151], l. 32: sente.—Ms. B 3: sache.

P. [152], l. 15: perilz.—Ms. B 3: dangiers.

P. [152], l. 16 et 17: toursèrent.—Ms. B 3: troussèrent.

P. [152], l. 19: vaghe.—Ms. B 3: vuide.—Ms. B 4: vage.

P. [152], l. 28: vasselage.—Ms. B 3: vaillance.