[166] Ce curieux passage est emprunté au ms. B6 dont le texte est très-corrompu. Peut-être le copiste a-t-il mis un X de trop, et faut-il lire: «XII ans puissedy» au lieu de: «XXII ans puissedy,» ce qui placerait ce séjour de Froissart à Paris vers 1364, au lieu de 1374. C’est précisément en cette année 1364 que, d’après un fragment de compte découvert par M. Caffiaux, Froissart rapporta de Paris des nouvelles d’un procès de la ville de Valenciennes pendant devant le Parlement «.... pour yaus moustrer les nouvielles que Froisars avoit rapportées au prouvost et as jurés dou plait que li ville a à Paris à l’encontre Monseigneur.» Compte de 1364. V. Nicole de Dury, par H. Caffiaux, Valenciennes, 1866, in-12, p. 34 et 100.
[167] Sismondi (t. X, p. 398), M. Henri Martin (édit. de 1839, t. V, p. 457) et tous les historiens placent l’affaire d’Ardres en 1352; c’est une erreur qu’ils ont empruntée à Froissart (v. p. [115] de ce volume). Un érudit distingué, M. René de Belleval, s’écarte un peu moins de la vérité en disant que ce combat suivit immédiatement la reddition de Saint-Jean-d’Angély (La grande guerre, Paris, Durand, 1862, in-8, p. 48, note 1). Le sire de Beaujeu était certainement mort avant le 30 juin 1351, puisqu’à cette date l’official de Lyon et le juge ordinaire de Beaujeu font citer les témoins qui ont souscrit le testament d’Édouard, sire de Beaujeu, ainsi que les principaux parents et amis du défunt, à comparaître, le lundi après l’octave de Saint-Pierre et Saint-Paul, à Villefranche, pour assister à la publication et à l’ouverture du testament dudit Édouard (Arch. nat., orig. lat. sur parchemin jadis scellé, sect. adm., P1362^2, cote 1498. V. Huillard-Bréholles, Titres de la maison de Bourbon, t. I, p. 449). Édouard, sire de Beaujeu, est mentionné comme décédé dans un acte du 8 juillet 1351: «dilectum et fidelem nostrum Eduardum, dominum de Bellojoco, tunc viventem.» (JJ80, p. 504). Le combat d’Ardres dut même se livrer avant le 20 juin 1351, car Robert de Herle fut nommé à cette date Capitaine du château de Calais en remplacement de Jean de Beauchamp, fait prisonnier dans cette rencontre (Rymer, vol. III, p. 222).
[168] Édouard de Beaujeu était mort depuis trois mois environ lorsque Saint-Jean-d’Angély se rendit aux Français. Le sire de Beaujeu n’avait d’ailleurs pris aucune part, quoi qu’en dise Froissart, à la campagne des Français en Saintonge pendant la première moitié de 1351. Il se tenait pendant ce temps à Saint-Omer et à Guines en qualité de gardien de la frontière et de lieutenant du roi ès parties de Picardie, tandis que Pierre, duc de Bourbon, comte de Clermont et de la Marche, chambrier de France, résidait au même titre à Arras (JJ80, p. 607).
[169] Auj. Nordausques, Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer, c. Ardres et Zudausques, Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer, c. Lumbres, au nord-ouest de Saint-Omer et au sud-est d’Ardres, sur la route de Saint-Omer à Calais, passant par Ardres.
[170] Hames fut cédé aux Anglais en 1360 par le traité de Brétigny; et le roi Jean, par acte daté de Hesdin en novembre 1360, pour indemniser ses amés et féaux Guillaume, seigneur de Hames, et Enguerrand son frère, leur assigna cinq cents livrées de terre en rente perpétuelle sur sa recette d’Amiens. JJ118, p. 92.
[171] Voy. plus haut, p. XIII, note [62].
[172] Voy. plus haut, p. XII, note [56].
Si le combat d’Ardres avait eu lieu en 1352, comme l’avancent tous les historiens, la garnison de Guines ne serait pas venue au secours des Français, puisque cette forteresse tomba au pouvoir des Anglais dès le commencement de janvier de cette année.
[173] Ce fut Jean de Boulogne, qui succéda à Édouard de Beaujeu et fut envoyé à Saint-Omer dès le mois de juillet 1351 comme lieutenant du roi ès parties de Picardie et sur les frontières de Flandre (JJ82, p. 276).
[174] Ce ne fut pas Thomas de Beauchamp, comte de Warwick, qui succéda à Jean de Beauchamp son frère; Robert de Herle fut nommé capitaine du château de Calais le 20 juin 1351 (Rymer, vol. III, p. 222).