[175] Jean de Beauchamp ne fut pas échangé contre Gui de Nesle; il était encore prisonnier le 4 décembre 1351 (Rymer, vol. III, p. 236).

[176] Étienne Aubert, ancien évêque de Clermont, cardinal d’Ostie, fut élu pape sous le nom d’Innocent VI le 18 décembre 1352 en remplacement de Clément VI mort le 6 décembre précédent.

[177] Une trêve fut en effet conclue, grâce à la médiation du cardinal Gui de Boulogne, entre le château et la bastide de Guines, le 10 mars 1353 (n. st.); elle devait durer jusqu’au 1er août suivant (Rymer, vol. III, p. 254).

[178] Raoul de Brienne, comte d’Eu et de Guines, connétable de France, fait prisonnier à la prise de Caen par les Anglais le 26 juillet 1346, était encore en Angleterre le 20 octobre 1350, jour où Édouard octroya des lettres de sauvegarde à quinze personnes envoyées en France pour rassembler l’argent destiné à la rançon du connétable (Rymer, vol. III, p. 206). Le 8 novembre 1350, Raoul d’Eu était encore dans les bonnes grâces du roi Jean qui ordonna, par un mandement en date de ce jour, d’exproprier Jean Morier, changeur, qui avait pris la fuite, emportant quatre cents deniers d’or à l’écu qui appartenaient à son très cher et féal cousin le connétable de France du fait de sa charge (JJ80, p. 312). Il dut être exécuté le 18 novembre au matin, car il est déjà mentionné comme défunt dans un acte de ce jour par lequel le roi Jean donne à Gautier duc d’Athènes, marié à Jeanne d’Eu, sœur du connétable, l’hôtel que Raoul d’Eu possédait à Paris dans le quartier Saint-Paul (JJ80, p. 168). Sauf le château et la châtellenie de Beaurain concédés le 23 décembre 1350 à Robert de Lorris (JJ81, p. 220), le comté d’Eu donné en février 1351 à Jean d’Artois (JJ81, p. 282) et la reprise en mars 1351 (JJ80, p. 348) par Catherine de Savoie, fille de feu Louis de Savoie et veuve de Raoul d’Eu, d’un apport dotal de quatre mille florins d’or assis sur la terre de Sauchay (Seine-Inférieure, arr. Dieppe, c. Envermeu), le reste de la succession de Raoul passa, en vertu de donations faites par le roi Jean en février (JJ80, p. 368) le 16 mars (JJ80, p. 659) et le 26 septembre 1351 (JJ80, p. 464), à Gautier de Brienne-Châtillon, duc d’Athènes, comte de Braisne, beau-frère, et à Jeanne d’Eu, duchesse d’Athènes, sœur de l’infortuné connétable. Villani dit (l. II, c. 50) que le roi Jean fit mettre à mort Raoul d’Eu parce que, n’ayant pu se procurer l’énorme somme exigée pour sa rançon, le comte de Guines promit de livrer au roi d’Angleterre en échange de sa liberté le comté et la forteresse de Guines. Ce qui rend la version du chroniqueur florentin très-vraisemblable, c’est que Jean confisqua au profit de la couronne et ne donna à personne le comté de Guines.

[179] Cette trêve fut conclue entre Guines et Calais le soir du 11 septembre 1351 et devait durer jusqu’au matin du 12 septembre 1352 (Rymer, vol. III, p. 232). D’après les Grandes Chroniques de France (V. p. 401 de ce volume) et la Chronique des Valois (p. 24), le château de Guines fut pris par les Anglais pendant la première fête de l’Étoile à laquelle s’était rendu le sire de Bouvelinghem, capitaine de ce château. Or cette fête se tint le 6 janvier 1352. Le rédacteur des Grandes Chroniques rapporte, il est vrai, la fête dont il s’agit au mois de novembre 1351: mais il aura confondu sans doute l’ordonnance de fondation en date du 16 novembre 1351 avec la première fête de l’Ordre qui eut lieu, comme nous venons de le dire, le 6 janvier 1352. D’un autre côté, Robert de Avesbury place la prise de Guines vers la Saint-Vincent (22 janvier) 1352: tunc instante festo Sancti Vincentii (Hist. Ed. III, p. 188). D’où il suit que la prise de Guines par les Anglais eut lieu du 6 au 22 janvier 1352. Un archer anglais, nommé Jean de Dancaster, s’empara-t-il de ce château par surprise, suivant le témoignage de Robert de Avesbury; ou la forteresse française fut-elle livrée par la trahison de Guillaume de Beaucaurroy, suivant la version de la plupart des chroniqueurs français? C’est ce que le silence des actes ne nous permet pas de décider.

[180] L’ordonnance de fondation est du 16 novembre 1351, et la première fête se tint le 6 janvier 1352. Du reste, pour tout ce qui concerne l’ordre de l’Étoile, il nous suffit de renvoyer à l’excellent ouvrage de M. Léopold Pannier, La Noble Maison de Saint-Ouen, Paris, 1872, in-12, p. 84 à 127.

[181] Froissart désigne ici le combat de Mauron (Morbihan, arr. Ploërmel, au nord-est de Ploërmel, à l’est de Rennes et de Montfort-sur-Meu), livré le 14 août 1352, où Gautier de Bentley, capitaine pour le roi d’Angleterre en Bretagne, à la tête de trois cents hommes d’armes et d’un égal nombre d’archers, battit Gui de Nesle, sire d’Offémont, maréchal de France, qui se fit tuer ainsi que le sire de Bricquebec et Gui de Nesle, châtelain de Beauvais. Robert de Avesbury cite en outre parmi les morts, du côté des Français, le vicomte de Rohan, Jean Frère, les seigneurs de Quintin, de Tinténiac, de Rochemont, de Montauban, Renaud de Montauban, Robert Raguenel, Guillaume de Launay, etc., en tout quatre-vingts chevaliers et cinq cents écuyers. V. Grandes Chroniques, p. 402 de ce volume, et Robert de Avesbury, p. 189 à 191.

CHAPITRE LXXIII.

[182] Cf. Jean le Bel, Chroniques, t. II, chap. LXXXVIII, p. 169 à 171.

[183] Charles de Castille, dit d’Espagne, fils d’Alphonse de la Cerda, seigneur de Lunel, fut fait connétable de France en janvier 1351 en remplacement de Raoul de Brienne, II du nom, comte d’Eu et de Guines, exécuté le 18 novembre 1350. Dès le 23 décembre 1350, le roi Jean fit don à Charles d’Espagne, son cousin, du comté d’Angoulême (Arch. nat., sect. hist., JJ80, p. 768), et ce don fut renouvelé en octobre 1352 (JJ81, p. 464). En novembre 1352, Charles d’Espagne est gratifié du château et de la châtellenie d’Archiac (JJ81, p. 452). En janvier 1353, le roi de France unit diverses terres à la baronnie de Lunel en faveur de Charles d’Espagne (J166, nº 28). Le 17 juillet 1353, le roi Jean concède à Charles d’Espagne les ville, château et châtellenie de la Roche d’Agoux (Puy-de-Dôme, ar. Riom, c. Poinsat) donnés naguère par Philippe de Valois au connétable Imbert de Beaujeu, seigneur de Montpensier (JJ81, p. 767).