[184] Charles d’Espagne fut assassiné le 6 janvier 1354. Charles, roi de Navarre, Philippe et Louis de Navarre, frères du dit roi, instigateurs de cet assassinat (JJ82, p. 278), eurent pour complices Jean Malet, seigneur de Graville (JJ82, p. 226), Guillaume de Mainemares, dit Maubue, chev. (JJ82, p. 469), Colard Doublel, écuyer (JJ82, p. 511), Jean dit de Fricamps, chev. (JJ82, p. 183), le seigneur de Clères (JJ82, p. 477), le seigneur d’Aulnay, chev. (JJ82, p. 468), Ancel de Villiers, chev. (JJ82, p. 466), le seigneur de Morbecque, chev. (JJ82, p. 467), Jean de Champgerboust (JJ82, p. 443), Gillet de Banthelu (JJ82, p. 445), Jean de Belangues (JJ82, p. 446), Jean de Gramoue (JJ82, p. 447), Henri de Mucy (JJ82, p. 463), Philippe de Boutanvilliers (JJ82, p. 464), Drouet de Lintot (JJ82, p. 465), Jean Du Quesne (JJ82, p. 474), Geffroi de Marson (JJ82, p. 475), Henri Du Bois (JJ82, p. 476), Guillaume de Manteville (JJ82, p. 510), écuyers, qui obtinrent des lettres de rémission le 4 mars 1354.

Des lettres de rémission, octroyées au roi de Navarre sur le fait du meurtre du connétable Charles d’Espagne, furent entérinées au parlement, en séance du roi, le 4 mars 1354. Arch. nat., U524, t. 33, fº 61.

[185] La trêve, conclue ès tentes devant Guines le 6 avril 1354, devait expirer le 6 avril 1355. Les pleins pouvoirs donnés par Édouard à Guillaume, évêque de Norwich, à Michel évêque élu de Londres, à Henri duc de Lancastre, à Richard comte d’Arundel, à Barthélemy de Burghersh, chambellan du roi, à Gui de Bryan seigneur de Laghern, sont datés de Westminster le 28 août 1354 (Rymer, vol. III, p. 283). Le roi leur adjoignit des auxiliaires, le 30 octobre suivant, pour le cas où un traité serait conclu (Ibid., p. 289). Les plénipotentiaires du roi de France, Pierre I, duc de Bourbon et Pierre de la Forêt, archevêque de Rouen, chancelier de France, partirent pour Avignon dans le courant du mois de novembre 1354. Les négociations, qui remplirent les mois de janvier et de février 1355, n’eurent d’autre résultat que la prolongation de la trêve jusqu’au 24 juin suivant.

[186] Jean III, dit le Triomphant, duc de Brabant, mourut le 5 décembre 1355. Il avait épousé en 1314 Marie, seconde fille de Louis comte d’Évreux, décédée le 30 octobre 1335, après lui avoir donné trois fils morts sans lignée avant leur père, et trois filles: Jeanne, mariée à Wenceslas de Luxembourg, qui lui succéda; Marguerite mariée à Louis de Male comte de Flandre; Marie femme de Renaud duc de Gueldre. Jean laissait, en outre, dix-sept bâtards, sept garçons et dix filles.

[187] Wenceslas, marié en 1347 à Jeanne de Brabant, veuve de Guillaume II comte de Hainaut, comte de Luxembourg à la fin de 1353, fait duc par l’empereur Charles IV son frère le 13 mars 1354, était fils de Jean de Luxembourg, roi de Bohême, tué à Crécy, et de sa seconde femme, Béatrix, fille de Louis Ier, duc de Bourbon. Wenceslas se trouvait donc, comme le dit Froissart, neveu de Jacques de Bourbon, comte de la Marche, frère cadet de sa mère.

[188] Cette guerre ne dura guère qu’un an et demi, et non trois ans; elle ne commença qu’en 1356, et fut signalée par la bataille de Scheut près Bruxelles (auj. écart d’Anderlecht, prov. Brabant, c. Molenbeek-Saint-Jean, à 4 kil. de Bruxelles), gagnée le 18 août 1356 par les Flamands sur les Brabançons. Le traité de paix qui mit fin à cette guerre est daté du 3 juillet 1357.

[189] Guillaume III, dit l’Insensé, fils de Louis Ier de Bavière, empereur d’Allemagne, et de sa seconde femme, Marguerite de Hainaut, succéda à sa mère dans le comté de Hainaut le 26 février 1357.

CHAPITRE LXXIV.

[190] Cf. Jean le Bel, Chroniques, t. II, chap. XC, p. 177 à 183.

[191] Les actes ne font aucune mention de ce voyage du roi de Navarre et de son frère en Angleterre. On voit seulement par la déposition en date du 5 mai 1356 de Friquet, gouverneur de Caen pour le roi de Navarre, que le duc de Lancastre, qui était alors en Flandre, fit offrir à Charles le Mauvais le secours de son cousin Édouard contre la vengeance du roi Jean, que le roi de Navarre se réfugia aussitôt auprès du pape à Avignon d’où il se rendit en Navarre, et que ce fut de là qu’il expédia un de ses agents, nommé Colin Doublet, en Angleterre pour annoncer au roi qu’il se rendrait par mer avec des troupes à Cherbourg afin de recouvrer ses places occupées par le roi de France. Cette déposition de Friquet a été publiée par Secousse, Preuves de l’histoire de Charles le Mauvais, p. 49 à 57.