[192] Les lettres de sauvegarde données par le roi d’Angleterre à Charles de Blois pour aller en Bretagne assister au mariage de sa fille Marguerite avec le connétable Charles d’Espagne et chercher l’argent de sa rançon, sont datées du 10 novembre 1354 (Rymer, vol. III, p. 290). Des lettres de sauf-conduit furent aussi délivrées le même jour à seize seigneurs bretons qui, après avoir accompagné Charles sur le continent, devaient revenir en Angleterre se constituer otages, en cas de non-payement de la rançon, si Charles lui-même n’était pas de retour avant le 24 juin 1355. Parmi ces seigneurs figurent Jean, vicomte de Rohan, banneret, Thibaud, sire de Rochefort, banneret, Bonabbé de Rougé, sire de Derval, banneret, Jean de Beaumanoir, Yvain Charuel, Bertrand du Guesclin. En même temps, par acte daté du 11 novembre 1354, il fut convenu qu’il y aurait trêve en Bretagne entre les Anglais et les partisans de Charles de Blois jusqu’au 24 juin 1355 (Ibid., p. 290 et 291). Le 8 février 1355, Thomas de Holland avait été nommé pour un an capitaine et lieutenant en Bretagne (p. 295), mais Édouard lui notifia, le 14 septembre suivant, qu’il eût à livrer les places fortes à Henri, duc de Lancastre, appelé à le remplacer dans le commandement de cette province et des pays adjacents (Ibid., p. 312).
[193] Dès le 27 avril 1355, Édouard donne des ordres pour rassembler la flotte qui doit transporter en Guienne le prince de Galles et son armée; le 6 mai il fait préparer pour l’expédition de son fils deux mille cinq cents claies et quinze équipages de ponts (Rymer, vol. III, p. 298 et 299).
[194] Le 1er juin 1355, le roi d’Angleterre demande des prières à l’archevêque de Cantorbéry, primat du royaume, à l’occasion de la guerre contre la France qui va recommencer (Ibid., p. 303); le 1er juillet suivant, il nomme gardiens du royaume pendant son absence Thomas son fils, les archevêques de Cantorbéry et d’York, l’évêque de Winchester, Richard comte d’Arundel et Barthélemy de Burghersh (Ibid., p. 305).
[195] Un traité fut conclu à Valognes le 10 septembre 1355 entre Charles II, roi de Navarre, et le roi Jean; il avait été négocié au nom du roi de France par Jacques de Bourbon, comte de Ponthieu, connétable de France, et par Gautier, duc d’Athènes, comte de Braine. Ce traité a été publié par Secousse, Preuves de l’histoire de Charles le Mauvais, p. 582 à 595.
[196] Ardres-en-Calaisis, Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer.
[197] Auj. hameau de Zutkerque, Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer, c. Audruicq.
[198] D’après Robert de Avesbury, Édouard fit crier dans les rues de Londres le 11 septembre que tous chevaliers, gens d’armes et archers se tinssent prêts à partir le 29 septembre de Sandwich pour Calais; le 15 et le 26 de ce mois, il défendait de faire sortir des ports aucun navire jusqu’à la Saint-Michel (Rymer, vol, III, p. 313). Grâce à ces mesures, une armée de plus de trois mille hommes d’armes, avec deux mille archers à cheval et un grand nombre d’archers à pied, était réunie à Calais avant la fin d’octobre. Ce qui avait déterminé le roi d’Angleterre à lever des forces si considérables, c’était sans doute la célèbre ordonnance par laquelle le roi Jean son adversaire avait convoqué à Amiens, dès le 17 mai de cette année, le ban et l’arrière-ban, c’est-à-dire tous les hommes valides depuis dix-huit jusqu’à soixante ans (Arch. nat., sect. hist., K47, nº 35); mais nous apprenons par des lettres de rémission, octroyées en décembre 1355 aux habitants de Paris, que les contingents des communes, outre qu’ils étaient très-incomplets, n’arrivèrent pas en temps (JJ84, p. 456). S’il fallait en croire Robert de Avesbury (v. p. 205 à 207), Édouard serait entré en campagne et aurait marché sur Saint-Omer le 2 novembre. Le roi Jean, arrivé dans cette ville avec une puissante armée, n’aurait osé attendre les Anglais et se serait retiré devant eux en ayant soin d’enlever tous les approvisionnements pour les affamer. La disette de vivres seule aurait forcé Édouard à s’arrêter à Hesdin et à regagner, par la route de Boulogne, Calais, où il serait rentré après dix jours de chevauchée le jour de Saint-Martin d’hiver (11 novembre). L’itinéraire du roi Jean, que nous avons dressé d’après les actes, prouve que le récit du chroniqueur anglais est de toute fausseté, du moins en ce qui concerne la marche de l’armée française. Le roi de France, en effet, est à l’abbaye de Saint-Fuscien (Somme, ar. Amiens, c. Sains) le 28 octobre (JJ84, p. 352), à Amiens le 5 (JJ84, p. 335) et le 7 novembre (JJ84, p. 412), à Coisy près Amiens (Somme, ar. Amiens, c. Villiers-Bocage) en novembre (JJ84, p. 419), à Lucheux (Somme, ar. et c. Doullens, sur les confins de l’Artois) le 9 novembre (JJ84, p. 445), à Aire et à Saint-Omer en novembre (JJ84, p. 371, 233, 330, 365). On voit par ces étapes que, du 2 au 11 novembre, le roi Jean, loin de se retirer devant les Anglais en s’enfuyant de Saint-Omer à Amiens, ne cessa au contraire de s’avancer à leur rencontre.
[199] D’après la Scala Chronica, le roi de France avait envoyé en Écosse le sire de Garancières avec cinquante hommes d’armes et une somme de dix mille marcs à partager entre les barons d’Écosse, à condition qu’ils violeraient la trêve.
[200] D’après Robert de Avesbury (p. 209), les Écossais s’emparèrent par surprise, le 6 novembre, de la ville de Berwick, et non du château, qui resta au pouvoir des Anglais. Il ne fallait pas moins de trois jours pour faire parvenir cette nouvelle à Édouard; et en effet le roi d’Angleterre, interrompant sa marche en avant à travers l’Artois, se mit en devoir de regagner Calais dès le 9 novembre.
[201] Robert de Avesbury prétend (p. 206) que Jean fut effrayé en apprenant par Boucicaut, qu’il appelle «sire Bursyngaud», combien était forte l’armée anglaise qui marchait en bon ordre, divisée en trois batailles.