P. [5], l. 23: s’ensieut ensi.—Ms. A 8: est telle.
§ [475]. Edowart.—Ms. d’Amiens: C’est assavoir que li rois Edouwars d’Engleterre et si hoir doient ravoir, tenir et possesser perpetuellement, paisieulement et quittement, sans nul resort et sans tenir en fief dou roy de France ne d’autrui, tous les pays et terres qui chi s’enssieuwent, et les senescauchies, c’est assavoir de Bergorre, d’Agenès, de Kaorsin, de Pieregorch, de Roergue, de Poito, de le Rocelle, de Saintongue et de Limozin, le comté d’Agoulesme, le fief de Thouwart, le fief de Belleville, avoecq toutte la ducé de Gyane si avant que elle s’estendoit anchiennement. Et doit avoir et tenir ès marches de Pikardie, sans ressort et sans tenir en fief de nullui, le ville et le castiel de Callais à tout ses appendanches, le terre de Melch et toutte le comté de Gines, villes et castiaux, ensi comme s’estent. Et doit avoir encorres toutte le comté de Ponthieu enthierement, enssi que elle fu jadis dounnée à madamme Ysabiel de Franche, roynne d’Engleterre, se mère, en mariaige; mès celle devera il tenir en fief dou roy de Franche, s’il le voelt ravoir, enssi comme li roys ses pères faisoit. Encoires devera avoir li dis roys Edouwars, pour ses frès, [cent] mil escus à paiier six fois, cent mil dedens trois sepmaines apriès le feste Saint Jehan, l’an soissante, et le remannant dedens trois ans enssuivant, chascun an le tierche part. Et demourront au roy englès quittement touttes raenchons de pays, de villes, de maisons et de prisons acordées, soient paiiées ou à paiier. Et pour tous ces couvens et ces paiemens aemplir et pourssieuwir, enssi qu’il sont juret et creantet d’une part et d’autre, li dus de Normendie et li consseil de France doient envoiier bons hostages et souffissans, des plus nobles et plus gentils del royaumme de Franche, et d’aucunnes des bonnes chités et ossi des bonnes villes deux bourgois, pour jesir en le ville de Callais ou en Engleterre, jusques à tant que tout chou que dit est, sera paiiet et acomplit entirement. Et parmy tant li roys englès a en couvent de ramener le roy Jehan de Franche à Callais, dedens le jour de le Saint Jehan Baptiste, et là endroit tenir par l’espasse de troix sepmainnes sous ses despens, dedens lesquelles troix sepmainnes doient li Franchois avoir acomplit tous les couvens deseure devisés, et mis les gens le roy englès en possession paisieulle de tous les chastiaux et de tous les pays et terre deseure dis, desquelx ils ou ses gens ne sont point en saisinne. Et, se tout chou n’estoit plainnement fait et aemplit, enssi que dit est, dedens les trois sepmainnes apriès le Saint Jehan, li roys Jehan de Franche et tout li dessus dit hostaige doient demourer tous qois en prison à Callais, par l’espasse de trois mois apriès enssuiwant, parmy le somme de trente mil florins que li Franchois doient rendre et paiier au roy des Englès, pour les frais et les gages de lui, de ses gardes et des sergans qui garderoient le roy Jehan et les autres hostaiges, par l’espasse des diz trois mois. Et deveront demourer tousjours li Englès saisis des castiaux et fortrèches qu’il ont gaegniet ou royaumme de Franche, jusques à tant que tout chou que dit est, sera fait et acomplit ou bien asseguret, sauf tant qu’il ne doient point pillier, ne faire guerre ne tort à nullui. Et avoecq tout chou, li jonnes comtes de Montfort doit ravoir le comté de Montfort, entierement quitte et liege, et le sienne part de la duché de Bretaingne, si avant que li doy roy deseure dit diront par droit qu’il en deveroit avoir, oyes et examinées diligamment les raisons monseigneur Carlon de Blois, d’une part, et les siennes, d’autre. Et devera tout chou tenir en fief dou roy de Franche. Et apriès, quant tout chou sera fait et acomplit, li roys Jehans de Franche doit estre delivrés et ramennés à Paris, et seize prisonniers seullement qui furent pris avoecq lui à le bataille de Poitiers, telx dont entre iaux deux li doy roy se poront acorder. Et affin que on puist paisieullement et parfettement aemplir tout chou que deviset est, une trieuwe generaulx fu acordée à durer par tant jusques à le feste Saint Micquiel, et de le feste Saint Mickiel en ung an apriès enssuivant. Et doient li Franchois menner et conduire le roy Edouwart à tout son host, parmy Franche jusques à Callais, paisieulement, et faire livrer à vivre pour leurs deniers payans, et ouvrir villes, castiaux, fortrèches et passages pour passer, dormir et reposer parmy, sans avoir grief ne molesté. Et parmy touttes ces couvenenchez, li roys Edouwars d’Engleterre et si hoir doient quiter et renonchier à le calenge, as armes et au nom del royaumme de Franche.
Enssi et sus ceste fourme fu la pès devisée, acordée et confremmée, mès les cartres ne furent mies si tost escriptez ne grosséez; et quant elles furent escriptez, li conssaux de Franche y missent ung point, par mannière de langage, que li Englès au lire n’entendirent mies bien ne examinèrent, mais le laissièrent legierement passer; c’est chou qui leur a depuis empechiet leur querelle, car li rois Jehans, li dus de Normendie, ses aisnés filz, et li autre frère, quant il jurèrent le pès à tenir et à poursiewir sus l’estat dou ressort, affin que, pour le temps à venir, il y ewissent droit de callenge et qu’il ne s’en desnuassent mies dou tout, dissent enssi: «Seloncq le grosse de le cartre, nous dounnons et reservons toutes les coses dessus dittes, etc.» Je ne vous en parleray plus tant c’a orres; mès quant il en appertenra à parler, j’en parlerai, s’il plaist à Dieu, et à point. Fº 123.
§ [476]. Quant ceste lettre.—Ms. d’Amiens: Or revenrons à nostre pourpos. Li dus de Normendie jura à poursuiwir et à mainte[ni]r touttes ces coses dessus dites et devisées, comme aisnés hoirs del royaumme, en le presence dou prinche de Galles, dou duch de Lancastre, dou comte de Warvich, dou comte de Sallebrin, de monsigneur Renart de Gobehen, de monsigneur Richart de Stanfort, du seigneur de Perssi, de monsigneur Gautier de Mauni et de monsigneur Rogier de Biaucamp, qui là estoient comme procureur au roy englès, et ossi fissent pluisseur seigneur dou royaumme de France. Et d’autre part ossi le jurèrent li dessus [dit] seigneur d’Engleterre, comme procureur dou roy englès, en le presence dou ducq de Normendie et des autres seigneurs de Franche.
Quant touttes ces coses furent jurées et acordées, li dus de Normendie et ses conssaux retourna à Paris. Et li prinches de Galles et li aultre retournèrent deviers le roy et son host, à qui il recordèrent coumment il avoient besongniet. Si pleut moult bien au roy tous li affaires. Et envoya li dis rois englès ces quatre chevaliers, monsigneur Renart de Gobehen, monsigneur Richard de Stanfort, monsigneur Gautier de Mauni, monsigneur Rogier de Biaucamp, à Paris, pour jurer le pès au palais devant tout le peuple. De quoy, quand on seut leur venue, on alla contre yaux hors de le chité de Paris bien loing, moult reveramment à grant pourcession, et sonnèrent touttes les cloches de Paris à leur venue en nom de solempnité et de feste. Et furent ensi amenet jusques au palais, là où il fissent le sierement, voiant et oiant tous chiaux qui oïr et veoir les peurent, de par le roy englès et tous ses enfans. Et puis furent très grandement festiiet et honnouret dou duc de Normendie et de tous les seigneurs et les nobles de Franche qui là estoient, et furent menet en le belle cappelle dou palais de Paris. Si leur furent moustrées les plus belles reliques et les plus digneus joyaux du monde qui là estoient, et meysmement le sainte couronne dont Dieux fu courounnés à son saintimme travel. Et en dounna li dus de Normendie à chacun des chevaliers une des plus grandes espinnes de le ditte courounne, laquelle cose chacuns chevaliers prisa moult et le tint au plus noble joyel que on li pewist dounner. Apriès, li dis dus de Normendie fist dounner à chacun le plus biel courssier que on pewist veoir ne trouver, et grant plenté d’autres joyaux d’or et d’argent et de très presieuses pierres. Et puis furent conduit et remennet noblement et puissamment jusque à lors gens qui les atendoient par deviers Paloseal. Si chevaucièrent avoecq yaux, à grant compaignie de gens d’armes, li doy marescal de Franche jusques à l’ost du roy Edouwart, et de là en avant pour yaux conduire parmy le royaumme [de Franche] sauvement, et pour yaux faire livrer à vivre et lors necessitez pour leurs deniers payant, enssi que couvens estoit. Fº 123 vº.
P. [17], l. 16: ceste.—Mss. A: celle.
P. [17], l. 16: s’appelle.—Mss. A: s’appelloit.
P. [17], l. 17: chartres.—Ms. A 17: lettres.
P. [17], l. 18: en celle anée.—Ms. A 8: en pluseurs manières. Fº 221.
P. [17], l. 21: quant il.—Les mss. A ajoutent: la virent et ilz.