P. [161], l. 15: Bretagne.—Les mss. A 8, 15 à 17 ajoutent: aujour d’uy.

P. [161], l. 16: le painne.—Mss. A 8, 15 à 17: la place.

P. [161], l. 25: si fisent.—Mss. A 8, 15 à 17: se passèrent.

P. [161], l. 28: grosse.—Mss. A 8, 15 à 17: orguilleuse.

P. [162], l. 2: hui.—Mss. A 8, 15 à 17: au jour d’ui.

P. [162], l. 2: font.—Mss. A 6, 8: distrent.—Ms. A 17: le scèvent bien. Fº 323.

P. [162], l. 4: banières.—Ms. A 15: et pennons et toutes manières de. Fº 282.

§ [537]. Un petit.—Ms. d’Amiens: Ung petit devant l’eure de primme, s’aprocièrent les batailles. Dont ce fu très belle cose à regarder, si comme je l’oy dire à chiaux qui y furent et qui veu les avoient, car li Franchois estoient ossi serré et ossi joint que on ne pewist mies jetter une pomme que elle ne cheyst sus un bachinet ou sus une lanche. Et portoit chacuns hommes d’armes son glaive droite devant lui, retaillie enssi que de cinq piés, et une hace forte et dure et bien acerée, chacuns sus son col ou sus sen espalle. Et s’en venoient enssi tout bellement le pas, chacuns sirez en son arroi et entre ses gens, et se bannierre ou se pennon devant lui, enfourmés de savoir quel cose il devoit faire. Et, d’autre part, li Englès estoient très bien et très faiticement ordonné.

Si s’asamblèrent premierement li bataille monseigneur Bertran de Claiequin et li Breton de son lés, à le bataille monseigneur Robert Canolle et monseigneur Gautier Huet. Et missent li seigneur de Bretaingne, cil qui estoient d’un lés et de l’autre, les bannierrez des deus dus l’un contre l’autre, et les autres batailles s’asamblèrent enssi l’un contre l’autre. Là eut des premiers encontres grans bouteis des lanches et fort estour et dur. Bien est voirs que li arcier trayrent de coummenchement, mès leurs très ne greva noyent as Franchois, car il estoient trop bien armet et fort et ossi bien pavesciet contre le tret. Si jettèrent cil archier leurs ars jus, qui estoient fort compaignon et legier, et se boutèrent entre ces gens d’armes de leur costé, et puis s’en vinrent à ces Franchois qui portoient ces haces. Si s’aherdoient à yaux de grant vollenté et tolloient as pluisseurs leurs haces, de quoy depuis se combatirent. Là eut fait mainte belle appertise d’armes, mainte luite, mainte prise et mainte rescousse. Et sachiés qui estoit cëus à terre, il estoit fort dou relever, se il n’estoit trop bien aidiés.

La bataille monseigneur Charle de Blois s’adrecha droitement à le bataille le comte de Montfort qui estoit forte et espesse. Dallés monseigneur Carlon de Blois estoient li sires de Lion, messires Carles de Dinant, li viscomtez de Rohem, li sirez de Qui[n]tin, li sirez d’Ansenis et li sires de Rocefort, et chacun sires se bannierre devant lui. Là eut, je vous di, dure bataille et grosse et bien combatue. Et furent chil de Montfort de coummenchement durement reboutet; mès messires Hues de Cavrelée, qui estoit desus èle et qui avoit une belle bataille et de bonne gent, venoit à cel endroit où il veoit ses gens branller, ouvrir ou desclore, et les reboutoit et metoit sus par force d’armes. Et ceste ordounnance leur valli trop grandement; car, si tost qu’il avoit les foullés remis sus et il veoit une autre bataille ouvrir ne branler, il se traioit de celle part, et les recomfortoit par telle mannierre comme il est dit devant. Fos 135 vº et 136.