[44] M. le duc d’Aumale (Notes et documents relatifs au roi Jean, p. 20) et M. Bardonnet (Procès-verbal de délivrance à Jean Chandos, p. 5) nous semblent s’être mépris lorsqu’ils ont pensé que le titre de chancelier de France porté par Gilles Aycelin de Montagu, IIe du nom, n’avait pu coexister légalement avec un titre, non semblable, mais analogue, donné dans le même temps à Jean de Dormans. Par acte daté de Saint-Denis le 18 mars 1358 (n. st.), maître Jean de Dormans, archidiacre de Provins en l’église de Sens, fut nommé chancelier du régent du royaume, duc de Normandie, aux gages de 2000 livres parisis par an (Bibl. Nat., ms. fr., nº 20 691, fº 665; de Camps, XLVI, 316 et 317); mais dans l’acte même de nomination de Jean de Dormans, on eut soin de réserver expressément les droits de Gilles Aycelin de Montagu qui n’en resta pas moins chancelier de France jusqu’au 18 septembre 1361.
[45] Nous avons collationné le texte donné par Froissart, là où la leçon des divers manuscrits nous semblait fautive, sur la charte originale conservée dans le carton J639, nº 15.
[46] Édouard III abandonna le titre de roi de France, qu’il prenait dans tous ses actes depuis sa déclaration de guerre à Philippe de Valois, le samedi 24 octobre 1360, après la ratification définitive du traité de Brétigny. Gr. Chron., VI, 218.
[47] Sur la question de Bretagne, le traité de Brétigny stipule seulement (art. 20) que, pendant l’année qui suivra l’arrivée de Jean à Calais, les deux rois feront tous leurs efforts pour amener un arrangement entre les deux prétendants. Si, au bout de cette année, Jean et Édouard ont échoué dans leurs tentatives de conciliation, les amis des deux compétiteurs auront encore une demi année pour revenir à la charge, après quoi «Charles de Blois et Jean de Montfort feront ce qui mieux leur semblera.» Rymer, III, 490, 491, 516.
[48] Henri, duc de Lancastre, avait été lieutenant et capitaine général en Bretagne, du 14 septembre 1354 (Rymer, III, 312) au mois d’août 1358 (Ibid., 403).
[49] En vertu de la convention conclue à Brétigny le 8 mai 1360, la trêve entre les deux royaumes, où la Bretagne était comprise, fut prorogée, non, comme le dit Froissart, jusqu’à la Saint-Jean-Baptiste, mais jusqu’à la Saint-Michel (29 septembre) 1361. Rymer, III, 662.
[50] Ces quatre chevaliers étaient Gui de Bryan, Roger de Beauchamp, comte de Warwick, Renaud de Cobham et Gautier de Masny (Gr. Chron., VI, 220). L’assignation d’une rente de 2000 royaux d’or à Gui de Bryan est datée de Saint-Omer le 1er novembre 1360. Martène, Thes. Anecdot., I, 1478 et 1479.
[51] Édouard III assigna une rente annuelle et viagère de 3000 réaux à Arnoul d’Audrehem, maréchal de France (J641, nº 12), une rente annuelle et viagère de la même somme à Jean de Melun, comte de Tancarville (J642, nº 3), une rente annuelle et viagère de 2000 écus à Jean le Maingre, dit Boucicaut, maréchal de France (J642, nº 5), une rente annuelle et viagère de 200 écus à Guillaume de Dormans, frère de Jean de Dormans auquel il succéda à la fin de 1361 comme chancelier du duc de Normandie. J641, nº 18.
[52] Par acte daté de Calais le 24 octobre 1360, le roi Jean confirma la donation faite par le roi d’Angleterre à Jean Chandos de toutes les terres qui avaient appartenu à Godefroi de Harcourt, moyennant toutefois l’hommage au duc de Normandie (Martène, Thes. Anecdot., I, 1432; Rymer, III, 543, 544) dont la confirmation fut donnée à Boulogne-sur-Mer deux jours après celle de son père, le 26 octobre.
[53] En effet ces pièces annexes du traité de Brétigny, qui sont fort nombreuses, sont presque toutes datées de Calais le 24 octobre ou de Boulogne-sur-Mer le 26 octobre 1360.