[18] Comme l’armée anglaise s’avançait alors vers Burgos par la route de Vitoria, le Navarrete dont il s’agit ici ne peut être que le Navarrete situé en Alava et au diocèse de Calahorra; mais Froissart a cru par erreur qu’il était question du Navarrete de la province de Logroño, sur la rive droite de l’Èbre, plus important et plus connu que celui de l’Alava. Voilà pourquoi notre chroniqueur fait passer ici prématurément l’Èbre à la petite troupe d’éclaireurs commandée par Thomas Felton.

[19] Dès 1366, Bertrand du Guesclin, à qui le roi d’Aragon venait de donner le comté de Borja, avait nommé son cousin Olivier de Mauny, l’un de ses plus anciens compagnons d’armes, capitaine de la forteresse de Borja, chef-lieu du comté de ce nom. Borja (aujourd’hui Espagne, prov. Zaragoza, dioc. Tarazona) faisait autrefois partie du royaume d’Aragon, et se trouve presque à la limite de ce pays, de la Navarre et de la Castille Vieille, à 20 kil. au S. E. de Tudela.

[20] Cette arrestation concertée eut lieu le 13 mars 1367 (Grandes Chroniques, VI, 245, 246). S’il faut en croire Ayala (dans Cronicas de los Reyes de Castilla, Madrid, 1875, I, 550), Charles le Mauvais avait acheté la complaisance de son geôlier en lui promettant une rente de 3000 francs et la ville de Gavray en Normandie: «é que el Rey de Navarra daria por heredad al dicho Mosen Oliver un castillo é villa que el Rey de Navarra avia en tierra de Normandia en Francia, que dicen Gabray, con tres mil francos de oro de renta.» «Gabray» où M. Mérimée a vu Guibray (Hist. de don Pèdre Ier, Paris, 1874, p. 453) est évidemment une mauvaise leçon pour Gavray (Manche, arr. Coutances). Le château de Gavray appartenait en effet au roi de Navarre, qui n’eut jamais, en revanche, Guibray en sa possession.

[21] Martin Enriquez de la Carra alla rejoindre, à la tête de trois cents lances, l’armée anglaise près de Pampelune.

[22] Petit village d’Espagne, prov. Navarre, dioc. Pampelune, sur la rive droite du ruisseau Lecumbegui, près de Larracin. Le pas d’Arruiz est devenu dans Froissart le pas de «Sarris».

[23] La province de Guipuzcoa (l’Epuske de Froissart) est au nord-ouest de la Navarre, entre cette dernière province et la Biscaye.

[24] Espagne, prov. Alava, dioc. Calahorra, sur la route de Pampelune à Vitoria, à 16 kil. à l’est de cette dernière ville.

[25] Cette reddition de Salvatierra à don Pèdre est confirmée par Ayala: «.... la villa de Salvatierra, que es en aquella comarca, se diera al Rey Don Pedro é le acogiera.» Le 22 juin 1382, le chroniqueur espagnol que nous venons de citer, don Pedro Lopez de Ayala, fut fait comte de Salvatierra par don Juan Ier, roi de Castille.

[26] Najera, Espagne, prov. Logroño, dioc. Calahorra, sur le cours d’eau Najerilla, affluent de la rive droite de l’Èbre. D’après Ayala, les positions qui furent successivement occupées par don Enrique sont les suivantes: Santo Domingo de la Calzada, Bañares, sur la rive droite de l’Èbre; sur la rive gauche, Añastro près de Treviño, enfin Zaldiaran, château royal juché sur l’une des plus hautes sierras de l’Alava. Ce fut la force de cette dernière position qui décida le prince de Galles, arrivé jusqu’à Vitoria, à marcher sur Burgos par un autre chemin.

[27] D’après la chronique d’Ayala, ce renfort était, comme nous l’avons dit plus haut, arrivé depuis longtemps.