[28] Ayala, qui omet don Sanche parmi ceux qui prirent part à cette escarmouche, mentionne en revanche, parmi les Français, Arnoul, sire d’Audrehem, maréchal de France, et le Bègue de Villaines; parmi les Aragonais, don Alfonso, comte de Denia, fils de l’infant don Pedro d’Aragon; enfin, parmi les Castillans, Pero Gonzalez de Mendoza, don Pero Moñiz, maître de Calatrava, don Juan Ramirez de Arellano, et les deux grands maîtres de Santiago, en Castille et en Léon, don Pero Ruiz de Sandoval et don Ferrand Osores.
[29] Ayala dit que cet engagement eut lieu à Ariñiz: «cerca de una aldea de Alava que dicen Ariñiz.» Ariñez (prov. Alava, dioc. Calahorra) est aujourd’hui un petit village situé dans la banlieue de Vitoria, sur la route qui va de cette ville à Burgos et à Madrid.
[30] La résistance héroïque des Anglais et la bravoure téméraire de Guillaume Felton frappèrent tellement les imaginations que le souvenir s’en est conservé dans l’Alava jusqu’à nos jours. On montre encore aujourd’hui près d’Ariñez le tertre où Guillaume Felton tomba criblé de coups après avoir combattu tout un jour. On l’appelle, dans le patois du pays, Inglesmendi, la butte des Anglais. Ayala, Cronica del Rey Don Pedro dans Cronicas de los Reyes de Castilla, Madrid, 1875, gr. in-8o, p. 554, col. 1, note 2.
[31] Le roi de France se trouvait alors lié par le traité de Brétigny, mais toutes ses sympathies n’en étaient pas moins pour don Enrique. Charles V adressa même un message spécial au roi de Castille pour lui donner le conseil rapporté par Froissart, conseil qui fut fortement appuyé par le sire d’Audrehem et Bertrand du Guesclin: «Estando el Rey Don Enrique en el encinar de Bañares, do tenia sus Compañas ayuntadas, ovo cartas mensageras del Rey Don Carlos de Francia, por las quales le envió rogar é consejar que non pelease, é que escusase aquella batalla, ca él le facia cierto que con el Principe de Gales venia la flor de la caballeria del mundo: é por ende que desmanase aquella pelea, é ficiese su guerra en otra guisa; ca el Principe é aquellas Compañas non podrian durar mucho en Castilla é que se tornarian. Sobre esto Mosen Beltran de Claquin é el Mariscal de Audenehan, que estaban con el Rey Don Enrique é eran Caballeros Vasallos del Rey de Francia, fablaron con el Rey Don Enrique de parte del Rey de Francia todas estas razones que le enviaba decir, é mandaba é ellos que fablasen con él por tal manera que la batalla non se ficiese, ca el Rey de Francia é todo su Consejo eran en esto.» Ayala, Cronica del Rey Don Pedro, 1367, cap. VI, p. 553.—Ayala ajoute que don Enrique rejeta ce conseil en disant que, s’il le suivait, les provinces cédées à l’invasion se déclareraient aussitôt pour don Pèdre et que, d’ailleurs, l’honneur lui défendait d’abandonner à la vengeance de son ennemi des cités, des villes et des hommes qui s’étaient dévoués à sa cause.
[32] Le héraut Chandos, dans sa chronique rimée, évalue les forces de don Enrique à 4000 hommes d’armes à cheval, 6000 arbalétriers, montés ou non montés, et 50 000 fantassins. Ayala compte 4500 lances seulement dans l’armée castillane. D’après le moine de Saint-Alban, le rival de don Pèdre n’avait pas sous ses ordres moins de soixante mille combattants: «Erat autem numerus comitivæ circiter sexaginta millia bellatorum.» Chronicon Angliæ (1328-1388), edited by Edward Maunde Thompson, 1874, p. 58.—Nous croyons que la vérité ou du moins la vraisemblance est entre l’évaluation exagérée des chroniqueurs anglais et de Froissart et l’évaluation trop faible d’Ayala.
[33] Le prince de Galles, arrivé à Pampelune, avait d’abord marché sur Burgos par la route la plus courte, c’est-à-dire par Vitoria; mais trouvant les défilés de l’Alava bien gardés par don Enrique, il prit le parti de se diriger vers la capitale de la Vieille Castille en passant par Logroño.
[34] Espagne, prov. Alava, dioc. Calahorra, bourg situé à environ 4 kil. de l’Èbre, sur la rive gauche de ce fleuve.
[35] Espagne, prov. Navarra, dioc. Calahorra, petite ville située comme Laguardia sur la rive gauche et à peu de distance de l’Èbre, au nord de Logroño.
[36] Cette rivière, ou plutôt ce fleuve, est l’Èbre que Froissart appelle «l’Emer».
[37] La ville forte de Logroño, située sur la rive droite de l’Èbre et réunie dès le moyen âge par un pont à la rive gauche de ce fleuve, aujourd’hui capitale de la province du même nom, était restée fidèle a don Pèdre. Cascales (Hist. de Murcia, 116 vo) a publié une lettre de don Pèdre datée de Logroño, primero de abril era de 1405 (1er avril 1367).