[38] Espagne, prov. Logroño, village situé sur l’Èbre, un peu à l’est de Haro et à l’ouest de Logroño, non loin du confluent de l’Èbre et de l’Ojerilla.

[39] La lettre rapportée par Froissart se retrouve, sauf la mesure et la rime, dans la chronique rimée du héraut Chandos. Elle diffère essentiellement, et pour le fond et pour la forme, de la lettre authentique datée de Navarrete en Castille le 1er avril 1367 et adressée par le prince de Galles à don Enrique, comte de Trastamare, lettre dont Rymer a publié le texte en castillan et en latin (Foedera, édit. de 1830, vol. III, pars II, p. 823 et 824). La réponse de don Enrique, qui s’intitule roi de Castille et de Léon, est datée de Najera le 2 avril, et nous l’avons aussi sous sa double forme, en castillan et en latin. Ibid., p. 824 et 825. Cf. Ayala, Cronica del Rey Don Pedro, 1367, cap. XI, p. 555 et 556.

[40] Cette indication du jour de la semaine est parfaitement exacte. En 1367, le 2 avril est tombé un vendredi.

[41] Froissart s’est servi de cette expression: «à heure de tierce.» Tierce, en comptant à la manière romaine, c’est la troisième heure du jour ou neuf heures du matin. Froissart a précisé lui-même le sens de tierce dans deux passages où il a raconté la naissance de Richard II: «Et vint cilz enfes sus terre, environ heure de tierce.» Et ailleurs: «.... liquels (Richard II) vint au monde par un mercredi, sur le point de dix heures.»

[42] Navarrete est en effet à 11 kil. au sud-est de Logroño, sur un affluent de la rive droite de l’Èbre. Ce Navarrete est parfois appelé Navarrete de Rioja, pour le distinguer du Navarrete de l’Alava dont il a été question plus haut.

CHAPITRE XCII

[43] Froissart, comme on le voit, donne à don Enrique vingt-sept mille chevaux et quarante mille hommes de pied. Ces chiffres sont évidemment très-exagérés. Ayala, témoin oculaire, ne compte dans l’armée castillane que quatre mille cinq cents lances et ne dit pas le nombre précis des génétaires ni de l’infanterie: «Asi que tenia el Rey Don Enrique, el dia desta batalla, en su compaña de los que iban de caballo é de pie quatro mil é quinientos de caballo: é otrosi tenia el Rey Don Enrique, de las montañas, é de Guipuzcoa é Vizcaya é Asturias, muchos Escuderos de pie; pero aprovecharon muy poco en esta batalla, ca toda la pelea fue en los omes de armas.» Cronica del Rey Don Pedro primero dans Cronicas de los Reyes de Castilla. Madrid, 1875, I, 552.

[44] «E el Rey Don Pedro é el Principe é todas sus Compañas partieron de Navarrete sabado (samedi 3 avril) por la mañana.» Ayala, I, 556.

[45] Jean Chandos avait la grande situation terrienne d’un chevalier banneret au moins depuis qu’Édouard III lui avait donné en 1360 le magnifique domaine de Saint-Sauveur-le-Vicomte; mais, cette donation ayant eu lieu peu de temps après la conclusion du traité de Brétigny, le nouveau vicomte de Saint-Sauveur n’avait pas encore eu l’occasion de lever, en d’autres termes, de déployer sur un champ de bataille sa bannière.

[46] «Todos vinieron á pie», dit aussi Ayala (I, 552), en parlant des Anglais.