[91] Voyez le chapitre précédent, p. XXIV, note [77].
CHAPITRE XCIII
[92] Le 24 septembre 1367, don Enrique était à une lieue de Huesca, d’où il a daté une lettre adressée à don Pedro Jordan de Urries, premier maître d’hôtel du roi d’Aragon (Zurita, Anal., lib. IX, cap. LXX, p. 349 vo). Après avoir passé l’Èbre, il arriva à Calahorra, sur la rive droite de cette rivière, le mardi 28 septembre, veille de saint Michel, et il était déjà maître de Burgos le 6 novembre suivant, jour où il confirma les priviléges des habitants de Cordoue (Pellicer, Mem. de don Fern. de los Rios, p. 11).
[93] Ce n’est pas à Valladolid, c’est à Burgos que le mari de Jeanne, reine de Naples, ancien roi de Majorque, fut fait prisonnier; il paya ou plutôt sa femme paya pour lui une rançon de 80 000 doubles. Ayala, 1367, cap. XXXV.
[94] Après la prise de Dueñas, dans la Vieille Castille, don Enrique vint assiéger Léon dans la seconde quinzaine de janvier et s’en rendit maître après un siége de quelques jours. Ayala, 1368, cap. I.
[95] Dans les premiers mois de 1368, la Galice, contrairement à l’assertion de Froissart, dominée par don Fernand de Castro, demeurait encore fidèle à don Pèdre, ainsi qu’une partie des Asturies; mais toutes les autres provinces du nord s’étaient déclarées pour don Enrique. Don Pèdre conservait la supériorité dans les provinces du midi, en Murcie, en Estramadure et en Andalousie, à l’exception de Cordoue et de quelques petites places de la frontière portugaise.
[96] Mohamed, roi de Grenade, amena à don Pèdre cinq mille génétaires et trente mille hommes de pied, dont un grand nombre d’arbalétriers habiles et exercés. Les Maures mirent le siége devant Cordoue, et ne pouvant prendre cette ville, détruisirent de fond en comble Jaën, Ubeda (Ayala, 1368, cap. v, note 1); ils enlevèrent du seul territoire d’Utrera, à quelques lieues de Séville, plusieurs milliers de personnes. Argote de Molina, Nobleza de Andalucia, p. 238.—Les Béni-Mérin ont été probablement les introducteurs en Espagne des moutons mérinos.
[97] Un grand événement diplomatique, dont Froissart ne dit rien, avait précédé le retour de du Guesclin en Espagne. Le 20 novembre 1368, à Tolède, «in palatio nostro, in obsidione nostra supra civitatem Toletanam», Charles V, représenté par François de Périllos, vicomte de Rodes, amiral de France, et par Jean de Rye, chevalier de la comté de Bourgogne, seigneur de Balançon (aujourd’hui château situé en la commune de Thervay, Jura, arr. Dôle, c. Montmirey-le-Château), Charles V, dis-je, et don Enrique, roi de Castille et de Léon, avaient conclu un traité d’alliance offensive et défensive (Arch. Nat., J603, no 59; Rymer, III, 850 à 852; Dumont, Corps diplomatique, II, 68 à 70; Hay du Chastelet, Hist. de B. du Guesclin, p. 320 à 322). Don Enrique avait remis au roi de France la décision de tous les différends existant entre lui et don Pedro IV, roi d’Aragon (J603, no 60; Dumont, I, 321). Le 8 juin de l’année suivante, «in palatio nostro nostre civitatis Toletane», en présence de Jean de Berguette, chambellan, et d’Yvon de Keranbars, huissier d’armes, du roi de France, don Enrique confirma, en les précisant, certaines stipulations du traité du 20 novembre 1368 (J603, no 61; Dumont, II, 74).
[98] D’après Ayala (1369, cap. i), François de Périllos et Jean de Rye, les deux négociateurs du traité français du 20 novembre 1368, promirent aussi à don Enrique de lui envoyer Bertrand du Guesclin avec cinq cents lances. «Otrosi los dichos mensageros dixeron al Rey Don Enrique como el Rey de Francia le enviaba luego en su ayuda á Mossen Beltran de Claquin con quinientas lanzas.»
[99] «Le roi, dit Mérimée d’après Ayala, partant de Séville, traversa la Sierra-Morena par un de ses cols les moins élevés, probablement en suivant la route qui passe par Constantina pour aller aboutir à Llerena. Après avoir franchi sans obstacle, dans les premiers jours de mars 1369, la barrière de montagnes qui sépare l’Andalousie de la Manche, il fit halte sur un des grands plateaux de cette province, là où s’élevait autrefois le magnifique château de Calatrava, chef-lieu de l’ordre militaire de ce nom. Il était alors à quelque vingt lieues de Tolède.» Hist. de don Pèdre, p. 521.