[200] Guichard d’Angle avait été créé maréchal d’Aquitaine par le prince de Galles. Par acte daté de son hôtel Saint-Pol le 19 février 1371 (n. st.), Charles V donna à Geffroi de la Celle, chevalier, 60 livres tournois de terre en Touraine sur les biens confisqués de Guichard d’Angle, «chevalier, rebelle.» Arch. Nat., JJ 102, no 182.
[201] Par acte daté de Paris en novembre 1369, Charles V donna à Jean VI, comte de Harcourt, comme assiette des 2000 livres de terre assignées en dot à sa belle-sœur, Catherine de Bourbon, comtesse de Harcourt, le château de Mazères (auj. Mézières-en-Brenne, Indre, arr. le Blanc), avec l’Isle-Savary (auj. commune de Clion, Indre, arr. Châteauroux, c. Châtillon-sur-Indre), confisqué sur Louis de Harcourt, vicomte de Châtellerault, oncle du dit comte, ainsi que la ville et forteresse de Saint-Christophe en Touraine (auj. Saint-Christophe-sur-le-Nais, Indre-et-Loire, arr. Tours, c. Neuvy-le-Roy), confisquée sur Guillaume Larchevêque, seigneur de Parthenay, «noz desobeissanz et rebelles et qui tiennent contre nous la partie de nos ennemis.» Arch. Nat., JJ 100, no 552.—Le dernier avril 1371, Charles V gratifia Louis de Maillé, chevalier, du fort du «Peu Milleron, sis ès frontières de Guienne, qu’il a pris n’a gaires et mis en nostre obeissance», confisqué sur Louis de Harcourt, vicomte de Châtellerault, «nostre ennemi et rebelle.» JJ 102, no 259.
[202] Outre la confiscation de Rugny et de la Fougereuse rapportée plus haut (p. LV, note [168]) et celle de Saint-Christophe dont il est question dans la note précédente, Charles V confisqua, en novembre 1369, sur Guillaume Larchevêque, seigneur de Parthenay, les château et ville de Semblançay (Indre-et-Loire, arr. Tours, c. Neuillé-Pont-Pierre) et les donna à son très-cher et amé frère le comte de Harcourt. JJ 100, no 551.
[203] Les ruines du château des Brosses se voient encore dans la commune de Chaillac, Indre, arr. du Blanc, c. de Saint-Benoît-du-Sault. Par acte daté de Paris le 13 décembre 1369, Charles V donna à Gui, sire de Chauvigny et de Châteauroux, vicomte de Broce, chevalier, 500 livrées de terre, pour le dédommager de la perte de son château de la Broce en Poitou, «que les ennemis tiennent», évalué avec ses appartenances à 4000 livrées de terre. Arch. Nat., JJ 100, no 470.—Il y a aussi un château de la Brosse dans la commune de Thollet (Vienne, arr. Montmorillon, c. la Trimouille), qui est, comme le premier, un vestige de l’ancienne vicomté de Brosses.
[204] Louis, vicomte de Rochechouart, fils de Jean, 1er du nom, tué à la bataille de Poitiers, et de Jeanne de Sully, dame de Corbeffy, frère de Jean de Rochechouart, archevêque de Bourges (Anselme, Hist. généal., IV, 653; Gall. Christ., I, 580). Par acte daté de Paris en juin 1369, Charles V assigna à son amé et féal cousin Louis, vicomte de Rochechouart, 2000 livres de rente assises sur les château et châtellenie de Rochefort sur Charente, au diocèse de Saintes, et au besoin sur l’île d’Oléron au dit diocèse. Arch. Nat., JJ 100, no 137.
[205] Sur ce titre de sénéchal du Poitou donné par Froissart à James d’Audeley, voyez plus bas, p. LXXIV, note [226].
[206] Jean Harpedenne, chevalier anglais, s’intitule «seneschal de Xaintonge», châtelain et capitaine de Fontenay-le-Comte, dans un acte daté de Niort le 27 novembre 1369 (Fillon, Jean Chandos, connétable d’Aquitaine, Fontenay, 1856, p. 30 et 31). D’un autre côté, Baudouin de Fréville est déjà mentionné comme sénéchal du Poitou dans une obligation souscrite à Burgos par don Pèdre le 2 mai 1367 (voyez plus haut, p. XIX, note [65]). D’où il y a lieu de conclure qu’en 1369 Baudouin de Fréville n’était plus depuis longtemps sénéchal de Saintonge.
[207] Dès son avénement, Jean IV, duc de Bretagne, avait donné à Robert Knolles les terres de Derval et de Rougé (Loire-Inférieure, arr. Châteaubriant) et en outre 2000 livres de rente sur la terre de Conq (auj. Beuzec-Conq, Finistère, arr. Quimper, c. Concarneau). Arch. dép. de la Loire-Inférieure, E 154, cassette 59; Invent., p. 60.—Cette dernière donation nous explique pourquoi Knolles, voulant se rendre par mer de Bretagne à Angoulême, s’embarqua, comme Froissart a soin de nous le dire (p. [140]), au port de Conq.
[208] Dans une lettre datée de Castelmus le 22 janvier 1369 et adressée par Jean de Levezou, seigneur de Castelmus, aux consuls de Millau, on lit que presque tous les gentilshommes de l’Agenais avaient embrassé le parti français et que la ville d’Agen elle-même était dès lors entrée en pourparlers avec le duc d’Anjou pour se faire française: «E may novel que totz los gentils homes d’Ajanez so Frances, fora d’un; e Agen que es en cert patu am lo duc (d’Anjou) de far Frances.» Rouquette, Le Rouergue sous les Anglais, p. [137].—Quoi qu’il en soit, Agen ne se soumit d’une manière définitive qu’au commencement de l’année suivante, et le séjour que fit alors le duc d’Anjou dans cette ville, dont il voulait en quelque sorte prendre possession et dont il confirma les priviléges, est du mois de février 1370 (Ordonn., XV, 636).
[209] Par acte daté de Toulouse le 1er mai 1369, Louis, duc d’Anjou, prit au service du roi de France Berard d’Albret, chevalier, capitaine de Lavardac (Lot-et-Garonne, arr. Nérac), de Durance (arr. Nérac, c. Houeilles) et de Feugarolles (arr. Nérac, c. Lavardac), lui et 25 hommes d’armes, pour la garde des dites places, aux gages de 15 francs par mois pour chaque homme d’armes (Bibl. Nat., Titres originaux, XXIV, no 12). Troisième fils de Bernard Ezy, sire d’Albret et de Mathe d’Armagnac, par conséquent frère cadet d’Arnaud Amanieu, sire d’Albret, marié le 8 mai de l’année précédente à Marguerite de Bourbon, Berard d’Albret était aussi seigneur de Sainte-Bazeille (Lot-et-Garonne, arr. et c. Marmande) par son mariage avec Hélène de Caumont. Il est possible que Bertucat d’Albret, après avoir promis de se rallier au parti français en même temps que Berard d’Albret, c’est-à-dire dans les premiers jours de mai 1369, ait ensuite manqué à sa parole, comme le raconte Froissart, sur les instances de Robert Knolles. Quoi qu’il en soit, c’est seulement pendant la première moitié de 1370 que Bertucat d’Albret se rallia effectivement au parti français. Au mois d’août de cette année, Charles V donna à perpétuité à l’avide partisan, en récompense de ses services en ces présentes guerres, Bergerac, Lalinde, Castillonnès, Beaumont-du-Périgord et quatre autres petites places encore occupées par les Anglais. Arch. Nat., JJ 100, no 645.—Le roi de France donnait, comme on le voit, ce qu’il n’avait pas. Bertucat n’était pas homme à se payer d’une telle monnaie; aussi ne tarda-t-il pas à se remettre avec les Anglais au nom desquels lui et Bernard de la Salle surprirent Figeac le 14 octobre 1372 (dom Vaissete, Hist. de Languedoc, V, 351).—Quoique Froissart, dans le manuscrit d’Amiens (p. 340), ait rangé Garcia du Castel parmi les chefs de Compagnies qui se rallièrent dès le commencement de 1369 au parti français, il y a lieu de croire que Garcia quitta le service du prince d’Aquitaine à peu près à la même date que Bertucat, mais il fut plus fidèle que ce dernier à la nouvelle cause qu’il avait embrassée. Garcia du Castel, comme son prénom l’indique clairement, appartenait à la région pyrénéenne. D’ailleurs, dans le troisième livre des Chroniques (Buchon, édit. du Panthéon, II, 383), Espaing ou Espan du Leu (fief situé à Oraas, Basses-Pyrénées, arr. Orthez, c. Sauveterre), chevauchant en compagnie de Froissart sur la route de Lourdes, constate formellement cette origine: «messire Garcis du Chastel, un moult sage homme et vaillant chevalier de ce pays ici et bon françois.» On est donc un peu surpris de voir rattacher Garcia du Castel à la famille exclusivement bretonne et léonaise de Tannegui du Chastel: «Garsis du Chastel était le cinquième fils de Tannegui du Chastel et de Tiphaine de Plusquellec.» Œuvres de Froissart, XX, 549, au mot Chastel.—Il faut avouer que, si l’on n’avait lu ce qui précède, on se laisserait prendre à tant d’assurance et de précision généalogique.