[210] Lot, arr. Cahors, c. Puy-l’Évêque, sur la rive droite du Lot. Le prieuré de Duravel dépendait de l’abbaye de Moissac (Longnon, Pouillé du diocèse de Cahors, Paris, 1877, p. 87 et 88). Ce siége de Duravel doit être antérieur au 11 mai 1369, jour où le duc d’Anjou infligea le dernier supplice à cinq chefs de Compagnies, inculpés de trahison, dont quatre, Perrin de Savoie, le Petit Meschin, Noli Pavalhon et Bosonet de Pau, après avoir été longtemps à la solde du roi d’Angleterre, avaient été enrôlés par Bertrand du Guesclin dès la fin de février 1368 pour faire le siége de Tarascon. Lorsque Froissart parle de l’adhésion passagère au parti français, puis de la défection de Bertucat d’Albret, il confond peut-être le rôle de ce dernier avec celui de quatre routiers qui avaient été longtemps ses compagnons d’armes. Quoi qu’il en soit, le duc fit noyer dans la Garonne Perrin de Savoie et le Petit Meschin et écarteler Amanieu de Lartigue, Noli Pavalhon et Bosonet de Pau: «En l’an MCCCLXIX, a XI de may, lo dich mossenhor lo duc d’Anjo fes neguar a Tholosa los sobredits Perrin de Savoya e Petit Mesquin, e fes scapsar e scartayrar Ameinen (lisez: Ameineu) de Lartigua e Noli Pavalhon e Boulhomet (on lit ailleurs: Bosoniet) de Pau, capitanis de las dichas companhas, per so car avian conspirada tracion contra lo dich mossenhor lo duc de redre el prizonier als Angles o d’aucir luy.» Thalamus parvus, p. 383 et 384.
[211] La reddition de cette ville à Jean Chandos, s’il fallait ajouter foi au récit de Froissart, donnerait lieu de ranger Moissac parmi les places qui avaient secoué le joug anglais dès les premiers mois de 1369, puisque, suivant le chroniqueur, il n’y avait nul gentilhomme, et que les habitants livrés à eux-mêmes n’en essayèrent pas moins de résister aux Anglais. Il est vrai que, dès le mois de septembre 1367, Castelsarrasin, qui est à peu de distance au sud de Moissac, avait une garnison française assez forte, dont Olivier de Mauny était capitaine (dom Vaissete, Hist. de Languedoc, IV, 335). Quoi qu’il en soit, Moissac ne se rendit définitivement au duc d’Anjou que le 23 juillet 1370 (Thalamus parvus, p. 384). L’identification du «Montsach» de Froissart avec Monsac (Dordogne, arr. Bergerac, c. Beaumont), qui se présente au premier abord, ne serait admissible que si le chroniqueur faisait jouer à un détachement de la garnison anglaise de Bergerac, envoyé contre Duravel, le rôle qu’il prête dans cette affaire à Jean Chandos, capitaine de Montauban. D’ailleurs, le prieuré de Duravel dépendait, comme nous l’avons dit plus haut, de l’abbaye de Moissac. Fredol de Lautrec, qui gouvernait alors cette abbaye et qui appartenait à une famille très-attachée au parti français, fut peut-être accusé d’une certaine connivence dans cette occupation d’un de ses prieurés par des gens d’armes à la solde du duc d’Anjou, et l’on ne saurait par conséquent s’étonner de voir le siége de Moissac coïncider avec celui de Duravel.
[212] Dordogne, arr. Sarlat, sur la rive gauche de la Dordogne, au nord de Duravel et un peu au sud de Sarlat.
[213] Lot, arr. Gourdon, à l’est de Domme.
[214] Lot, arr. et c. Figeac, un peu au nord-ouest de Figeac.
[215] Lot, arr. Gourdon, c. Gramat, le plus célèbre pèlerinage du Quercy et l’un des plus fréquentés du midi de la France au moyen âge.
[216] Froissart semble s’être embrouillé au milieu des nombreux Villefranche que l’on trouve sur les bords de la Garonne et de ses affluents. Après avoir placé d’abord en Toulousain (p. [149]) le Villefranche occupé dans cette campagne par les Anglais, il le transporte ensuite en Agenais, sur les marches du Toulousain (p. [150]). Si l’on ne se place qu’au point de vue stratégique, on peut hésiter entre Villefranche-de-Belvès (Dordogne, arr. Sarlat) et Villefranche-d’Albigeois (Tarn, arr. Albi), car si Villefranche-de-Rouergue, qui se trouve également dans la région où opérait alors Chandos (auj. chef-lieu d’arr. de l’Aveyron), avait reconnu la souveraineté de Charles V dès le commencement de mars 1369, on ne voit pas que cette place soit retombée à aucun moment pendant le cours de cette année au pouvoir des Anglais.
[217] Jean de Montagu, neveu, dit ailleurs Froissart (p. [219]), de Guillaume de Montagu, comte de Salisbury, dont il devait plus tard recueillir la succession et porter le titre. Le 11 juin 1369, Édouard III fit délivrer des sauf-conduits à Jean «Mountagu, chivaler», et à Guillaume «Mountagu», écuyer, qui allaient passer la mer pour prendre part à la chevauchée de Jean, duc de Lancastre (Rymer, 111, 870).
[218] Raymond de Montaut, seigneur de Mussidan, l’un des chefs du parti anglais en Périgord, détenait encore à la fin de 1369 la châtellenie d’Aubeterre (Charente, arr. Barbezieux). Par acte daté de Toulouse au mois de novembre de cette année, Louis, duc d’Anjou, donna à Hélie de Labatut, fils et héritier de maître Pierre de Labatut, secrétaire du roi, 200 livres tournois sur les revenus de certaines paroisses de la châtellenie d’Aubeterre confisqués «per ipsius Edouardi et domini de Muscidano et aliorum sibi adherencium rebellionem.» Arch. Nat., JJ 100, no 764.