[318] Ces deux jeunes damoiseaux étaient frères; ils étaient les fils de Mathieu de Roye, dit le Flamand, seigneur du Plessis-de-Roye (Oise, arr. Compiègne, c. Lassigny), marié en 1350 à Jeanne de Cherisy.
[319] Oise, arr. Compiègne, c. Noyon, sur la rive gauche de l’Oise et un peu au sud de Noyon, à mi-chemin de cette ville et d’Ourscamps.
[320] Robert Knolles alla faire une démonstration devant Reims (Gr. Chron., VI, 324); mais toutes les précautions étaient prises pour le bien recevoir. En vertu d’un mandement des conseillers généraux sur le fait des aides du 27 avril 1370, le quart de l’aide levée sur la dite ville et montant à 3000 francs, avait été appliqué aux fortifications de Reims (Varin, Archives de Reims, III, 338).
[321] Knolles passa devant Troyes et poussa même une pointe jusqu’en Auxerrois, dans le courant du mois d’août 1370, puisque, le 9 de ce mois, attendu que «l’on se doubtoit de la venue des ennemis», les habitants de Vermanton, au bailliage de Sens, portèrent «leur fourment en l’esglise du dit lieu, qui est forte, et en laquelle ceulz de la dite ville ont leur retrait, en temps de guerre et de peril». (Arch. Nat., JJ 100, no 669).—Henri de Poitiers, évêque de Troyes, ce belliqueux prélat qui, onze ans environ auparavant, le 23 juin 1359, avait battu Eustache d’Auberchicourt à Chaude-Fouace, près de Nogent-sur-Seine (Anselme, II, 191), Henri de Poitiers, dis-je, avait présidé à la mise en état de défense de sa ville épiscopale, mais il avait dépensé ce qui lui restait d’énergie dans ce suprême effort; et, après avoir fait son testament le 21, il rendit le dernier soupir le 25 août. Au mois d’octobre suivant, Charles V légitima les quatre enfants, un fils et trois filles, que cet évêque, plus valeureux qu’édifiant, avait eus avec Jeanne de Chevry, religieuse du Paraclet près Nogent-sur-Seine (JJ 100, nos 616 à 619).
[322] En quittant l’Auxerrois pour se diriger sur Paris, les Anglais passèrent à Villeneuve-la-Guyard (Yonne, arr. Sens, c. Pont-sur-Yonne; JJ 122, no 317); ils avaient sur leurs derrières un certain nombre de chevaliers bourguignons, tels que Guillaume, bâtard de Poitiers, Jean de Bourgogne, Gui de Pontailler, Guillaume de la Tremouille, qui les poursuivirent à Montargis, à Moret en Gâtinais et jusqu’à Paris (Archives de la Côte-d’Or, B 3757; Invent., I, 305). Le 20 septembre, Étienne Braque, trésorier des guerres, fit payer 770 francs aux gens d’armes préposés à la défense du Chartrain, parmi lesquels on remarquait Barthélemi de Pologne et Henri de Wallenstein, chevaliers d’Allemagne, et le lendemain 21, une somme de 938 francs fut appliquée à la solde de ces mêmes gens d’armes (Archives Nicolaï, fonds du marquisat de Goussainville, troisième numéro, liasse 18); mais les Anglais firent route par Château-Landon, Nemours, Fontainebleau, Corbeil et Essonnes (Gr. Chron., VI, 324).
[323] Parti de Montefiascone au mois d’août et embarqué à Corneto, sur la Marta, le mois suivant, Urbain V débarqua à Marseille le 17 et fit son entrée à Avignon le 25 septembre 1370 (Thalamus parvus, p. 384).
[324] Le 8 août 1370, Louis, duc d’Anjou, était à Agen où il fit compter 238 francs d’or à Antoni Doria, chevalier, pour avoir fait venir en son service des arbalétriers de Gênes et de Savoie (Bibl. Nat., Titres originaux, au mot Doria). Entre le 8 et le 18 de ce mois, divers actes attestent la présence du duc à Cahors (Ordonn., V, 353, 354; K 166, no 222) et à Gourdon (JJ 151, no 198). Enfin, dès le 18 août, il était de retour à Toulouse, où il donnait l’ordre de payer à Doria une nouvelle somme de 125 francs d’or (Bibl. Nat., Titres originaux, au mot Doria).
[325] Le 30 juillet 1370, Bertrand du Guesclin, qui arrivait de Moissac, était encore à Toulouse où il donna quittance de 1500 francs d’or pour ses gages et ceux de 1000 hommes d’armes de sa compagnie enrôlés par le duc d’Anjou (Bibl. Nat., Titres originaux, au mot du Guesclin). Le 8 août suivant, il dut accompagner le duc d’Anjou à Agen (voyez plus haut, p. XCIX, note [293]), puis à Sarlat, qui était le principal objectif de cette chevauchée du lieutenant royal en Languedoc. Cette ville avait fait sa soumission pleine et entière le mois précédent (Arch. Nat., JJ 100, nos 599 à 602, 643, 649, 671, 906, 908), et le duc d’Anjou venait en prendre possession au nom du roi son frère, en compagnie du sire de Beaujeu, de Jean de Vienne, des seigneurs de Vinay et de Revel, de Pierre de Saint-Jory et de son maître d’hôtel Artaud de Beausemblant (JJ 101, no 139). Les érudits périgourdins les plus spéciaux, notamment le savant historien des deux derniers comtes de Périgord, paraissent avoir ignoré complétement cette campagne de du Guesclin en Périgord, sur les confins de cette province et du Limousin, pendant les trois dernières semaines d’août 1370. Le peu que l’on en sait atteste au plus haut degré l’instinct stratégique du chevalier breton. Quel était, en effet, à cette date, le plus puissant intérêt, le plus pressant besoin militaire des Français au sud de la Loire? N’était-ce pas évidemment d’assurer, de maintenir à tout prix les communications entre le corps d’armée du duc de Berry qui opérait alors en Limousin, et les troupes que le duc d’Anjou venait de mettre en mouvement dans le Quercy, l’Agenais et surtout dans le Périgord? Quel était, au contraire, le danger qu’il importait le plus de conjurer, sinon de laisser à deux armées anglaises parties, l’une de Cognac ou d’Angoulême sous les ordres du prince de Galles, l’autre de Bordeaux sous la conduite du duc de Lancastre, la faculté de faire leur jonction après s’être avancées, la première à travers le Nontronais et le Limousin, la seconde à travers le Libournais et le Périgord? Mettre d’abord Périgueux en bon état de défense, ensuite occuper en force les trois routes qui conduisent de cette ville à Limoges par Saint-Yrieix, à Angoulême par Brantôme et Mareuil, enfin à Bordeaux par Montpont et Libourne, telles étaient les mesures les plus urgentes à prendre pour se prémunir contre le danger que nous venons de signaler. Il n’est pas une seule de ces mesures dont on ne doive attribuer l’initiative à du Guesclin, en s’appuyant uniquement sur des témoignages contemporains, si rares et si incomplets qu’ils soient. A peine arrivé à Périgueux, Bertrand délogea les Anglais d’une abbaye située dans la banlieue de cette ville (sans doute, la Chancelade, Dordogne, arr. et c. Périgueux, à 4 kil. au nord de cette ville; Cuvelier, II, vers 17376 à 17504). Le 27 août 1370, Louis, duc d’Anjou, fit don de 2500 francs aux bourgeois et aux religieuses de la ville de Périgueux, en dédommagement des pertes qu’ils avaient soutenues par le fait de l’armée royale qui avait séjourné ou séjournait encore dans la dite ville et ses appartenances (Bibl. Nat., fonds Lépine, carton Périgueux, cité par Dessalles, I, 101). Enfin, voici l’extrait d’un document authentique, que nous avons eu la bonne fortune de découvrir, et qui établit d’une manière irrécusable le passage de du Guesclin à Périgueux, à la date dont il s’agit: «Lettres de quittance en parchemin de 550 deniers d’or, aultrement appelés frans, données au comte de Périgord par Bernard Favier, marchand et compteur des consuls de Périgueux, en laquelle somme le dit comte et Bertrand du Guesclin estoient tenus au dit Favier. De l’an mil trois cent septante. Signé: Bernard de Secerone.» Bibl. Nat., fonds Doat, 241, fo 488 vo.—Non content d’avoir fait mettre Périgueux en état de résister à toutes les attaques de l’ennemi, Bertrand assiégea et prit, soit par lui, soit par les frères Mauny, Budes et Beaumont, ses cousins et ses lieutenants, Saint-Yrieix, Brantôme et Montpont, ces clefs des trois routes qui mettent la capitale du Périgord en communication avec Limoges, Angoulême et Bordeaux. Cuvelier (II, vers 17323 à 17327) et Froissart sont d’accord pour faire honneur à du Guesclin de la prise de ces trois forteresses.
[326] On a vu plus haut que Jean, duc de Berry, arriva devant Limoges le 21 août. Ce jour-là même, Bertrand du Guesclin fit porter, du Périgord où il se trouvait alors, une lettre au duc Jean qui répondit lui-même immédiatement au message du chevalier breton, comme cela ressort des deux articles de compte suivants: «Au messaigier de messire Bertrant du Claquin qui a pourté lettres à monseigneur (Jean, duc de Berry), de par le dit messire Bertrant, pour don fait à luy le XXIe jour d’aoust (1370) ensuivant: IIII livres tournois». Arch. Nat., KK 251, fo 34 vo.—«Au dit Cambray, prisonnier des Anglois, lequel monseigneur (Jean, duc de Berry) a envoié pourter lettres à monseigneur Bertrant de Clasquin, pour don fait à luy par le dit seigneur, pour aider à paier sa rançon, par mandement du dit seigneur donné le XXIe jour du dit mois (août 1370): XL livres». Ibid., fo 27.
[327] Cela est parfaitement exact. Arrivé le 21, le duc de Berry partit de Limoges le 24 au matin et fit remettre, à titre d’aumône, le jour même de son départ, quatre livres tournois aux Carmes, huit livres tournois aux Cordeliers et aux Augustins de cette ville (Ibid., fo 27). Dès l’après-midi du 24, il se fit conduire d’Eymoutiers à Masléon et donna quarante sous à un écuyer du pays qui lui avait servi de guide (Ibid., fo 27 vo).