Les communes voisines de Gravelines s’émeuvent, et, sous la direction de Jean Sporkin[107], gouverneur des terres de madame de Bar, et du Hase de Flandre, les villes de Bourbourg, de Bergues, de Cassel, de Furnes et autres réunissent à Dunkerque une armée de plus de 12,000 compagnons pour résister aux Anglais dont les éclaireurs viennent jusqu’à Mardick[108].

Jean Vilain et Jean du Moulin arrivent à Gravelines; l’évêque de Norwich les ajourne au lendemain pour leur rendre réponse au sujet du sauf-conduit. P. [97] à [99], [356], [357].

Le lendemain, l’évêque leur dit qu’ils peuvent librement aller en Angleterre, mais qu’il ne saurait leur accorder un sauf-conduit, car il n’est pas aux gages du roi, mais bien à ceux du pape Urbain; que du reste, établi sur les terres de la duchesse de Bar qui soutient le pape Clément, il lui fait la guerre pour la ramener à Urbain.

En vain, Jean Vilain objecte-t-il que le comte de Flandre est tout acquis au pape Urbain; il n’obtient aucune autre réponse et va gîter le soir à Saint-Omer, accompagné de Jean du Moulin. P. [99] à [101], [357], [358].

L’évêque de Norwich apprend alors les préparatifs des Flamands à Dunkerque. Il saisit le prétexte d’une escarmouche où il a perdu à Mardick près de cent hommes, pour continuer sa chevauchée. Renforcée des troupes de Nicolas Clifton, venant de Calais, et de Jean Drayton[109], capitaine de Guines, l’armée, qui compte plus de 600 lances et 1,500 archers, marche sur Dunkerque. Les Flamands, au nombre de plus de 12,000[110], sortent de la ville pour livrer combat. P. [102], [103], [358], [359].

L’évêque veut immédiatement attaquer. Hugues de Calverley conseille d’attendre quelque peu: ils n’ont pas encore envoyé de défi au comte de Flandre, qui du reste tient pour le pape Urbain; les Flamands ne leur ont fait aucun mal; ne vaut-il pas mieux dépêcher à Dunkerque un héraut, qui s’informera des intentions de tous ces gens armés et s’assurera qu’ils reconnaissent bien le pape Urbain? S’ils l’affirment, on les priera de se joindre à l’armée pour se rendre en Picardie. P. [103] à [105], [359].

Le héraut, un nommé Montfort, qui appartient au duc de Bretagne, est tué par les Flamands.

Furieux et poussés par quelques bourgeois de Gand qui sont avec eux, les Anglais se ruent sur les Flamands qui courent se réfugier dans les murs de Dunkerque; poursuivis par les Anglais, ils perdent 9,000 des leurs[111]. P. [105], [106], [360].

Le comte de Flandre, que ses ambassadeurs, Jean Vilain et Jean du Moulin, ont rejoint à Lille, apprend le désastre de Dunkerque sans se décourager.

Il envoie prévenir son gendre le duc de Bourgogne, qui garnit de troupes les frontières d’Artois. P. [106], [107], [360].