Quant aux Anglais, tout fiers de leur victoire, ils marchent sur Bourbourg[112], qui se rend; ils s’emparent ensuite par la force du château de Dringham[113] et de Cassel qu’ils pillent, puis se dirigent sur Aire. P. [107], [108], [360], [361].

Ils renoncent à faire le siège de cette ville bien défendue par son capitaine, Robert de Béthune, vicomte de Meaux, aidé de son frère, Jean de Béthune[114], de Jean de Roie, du seigneur de Clari[115], de Jean de Montigni, de Perduccat de Pont-Saint-Mard, de Jean de Canni[116], de Florent, son fils, et de cent vingt bonnes lances. Ils se contentent de défiler en bon ordre sous les murs de la ville et viennent mettre le siège, à deux lieues de là, devant Saint-Venant. P. [108], [109], [361], [362].

La ville ne fait guère de résistance; le château, imprenable, est laissé de côté, mais l’église est prise, malgré les efforts de Guillaume de Nesle, qui est fait prisonnier et paie rançon. P. [109], [110], [362].

Poursuivant leur marche à travers les bois de Nieppe[117], près de Bailleul, les Anglais s’emparent des villes de Poperinghe[118] et de Messines, et viennent mettre le siège devant Ypres[119]. Ils envoient de là auprès des Gantois une députation, dont vraisemblablement fait partie François Ackerman, qui, durant toute cette chevauchée, a servi de guide à l’évêque de Norwich. P. [110], [111], [363].

Les Gantois accueillent avec joie les avances des Anglais et leur envoient un secours de 20,000 hommes, qui, le 8 juillet 1383, arrivent sous les murs d’Ypres, défendu par Pierre van der Zipe[120], capitaine de la ville, Jean De Borchgrave, châtelain[121], et autres nombreux combattants. P. [111], [112], [363].

Un premier succès enhardit les Anglais. Une de leurs bandes, forte de deux cents lances, rencontre en effet à Comines une petite compagnie de Bretons[122], commandée par le seigneur de Saint-Léger et Yvonnet de Tinteniac, qui est envoyée par le duc de Bourgogne à Jean de Jeumont pour renforcer la garnison de Courtrai. Les Bretons sont presque tous faits prisonniers ou tués, parmi eux le seigneur de Saint-Léger. P. [112] à [114], [363], [364].

Le comte de Flandre voit se prolonger le siège d’Ypres[123]; il craint qu’à la longue la ville ne tombe entre les mains des Anglais, qui facilement peuvent faire venir des renforts. 1,000 lances en effet et 2,000 archers, sous les ordres de Guillaume de Beauchamp et de Guillaume de Windsor sont tout prêts à prendre la mer pour venir en Flandre plutôt que d’accompagner en Espagne le duc de Lancastre. Le comte s’avise alors d’implorer l’aide, non pas du duc de Bourgogne et du roi de France, trop longs à répondre à son appel, mais de l’évêque de Liège, Arnould de Hornes[124], bon urbaniste, qui se rend sous Ypres au camp de l’évêque de Norwich. P. [114], [115], [364], [365].

Le comte demande aux Anglais d’abandonner le siège d’Ypres et d’aller ailleurs combattre les partisans du pape Clément: il leur fournira à cette condition 500 lances pendant trois mois. Sur le conseil des Gantois[125], qui se défient du comte, cette proposition n’est pas acceptée. Le comte s’adresse alors au duc de Bourgogne, qui est à Compiègne[126]. P. [115], [116], [365].

Un conseil se réunit à Compiègne, où figure le duc de Bretagne, et l’on décide que le roi interviendra en Flandre. Un mandement général est publié par toute la France; le rendez-vous est fixé à Arras, le 15 août[127]. Le comte d’Armagnac, le comte de Savoie, le duc de Bavière, Frédéric, sont prévenus les premiers. P. [116] à [118], [365].

Ypres tient toujours; mais le comte, craignant que l’église de Ménin, nouvellement mise en état de défense, mais non pourvue de garnison, ne soit prise par les Anglais, donne l’ordre à son fils, Jean Sans-Terre, et à Jean du Moulin d’aller désemparer cette église.