[76] D’après la Chronographia (t. III, p. 47), le connétable de France et le maréchal de Sancerre précédèrent le roi de deux jours.

[77] Le 10 au soir, le prévôt des marchands vint assurer le roi des bonnes dispositions de la population (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 234). Le lendemain, il venait au-devant du roi avec les échevins et lui souhaitait la bienvenue (Chronographia, t. III, p. 47).

[78] Le roi entra le 11 janvier dans Paris avec une nombreuse escorte, 12,000 hommes d’après la Chronographia (t. III, p. 47), et alla jusqu’à Notre-Dame (Ist. et cr., t. II, p. 273). S’il fallait croire la Chr. du bon duc L. de B. (p. 176-178), le duc de Bourbon serait entré le premier avec 800 hommes d’armes, «pour ce qu’il estoit amé de ceulx de la ville;» il se serait chargé du guet et aurait présidé au désarmement des Parisiens.

[79] Les portes furent brûlées et les chaînes portées à Vincennes (Ist. et cr., t. II, p. 274).

[80] Aussitôt l’entrée du roi, eurent lieu des arrestations et des exécutions; c’est ainsi que furent emprisonnés, dès le 11, plus de 300 bourgeois (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 236), 1,000 peut-être (Ist. et cr., t. II, p. 219), parmi lesquels Jean des Marès (Ibid., p. 273), Guillaume de Sens, Jean Filleul (Chronographia, t. III, p. 48), Jacques du Châtel, Martin le Double, Jean le Flamand, Jean le Noble et Jean de Vaudetar (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 236; voy. aussi Moranvillé, Étude sur J. le Mercier, p. 88, note 1). Le 12, on décapita deux drapiers, Aubert de Dampierre et Guillaume Rousseau, ainsi qu’un orfèvre, Henri de Pons, tous trois arrêtés avant l’arrivée du roi. Le 24, on décapita huit autres bourgeois; le 31, Jean Maillard, marchand, et six autres notables furent encore exécutés (Ist. et cr., t. II, p. 273-276), malgré les supplications des bourgeoises de Paris, venues, «toutes vestues de noir, pour requerir et avoir pardon et mercy de leurs maris» (Chr. des Quatre Valois, p. 309), et les prières de la duchesse d’Orléans et du recteur de l’Université de Paris (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 238).

[81] On reconnut bientôt d’après l’avis de «ceulx des finances qu’il valoit mieulx que le roi fist une composicion pour la despence qu’il ot faite en Flandres que plus proceder oultre en cas criminel» (Chr. du bon duc L. de B., p. 178). Aussi, dès le mois de février, plusieurs inculpés «furent mis a composicion d’argent» (Ist. et cr., t. II, p. 276; Chronographia, t. III, p. 50).

[82] Le montant des amendes, tout à fait inestimable, au dire de la Chronographia (t. III, p. 50), s’éleva seulement à 200,000 francs d’or d’après Cabaret d’Orville (Chr. du bon duc L. de B., p. 179).

[83] C’est le 12 que les maillets et les armures furent rendus (Ist. et cr., t. II, p. 273); ils durent être portés soit au Louvre, soit au Palais: il y en avait assez pour armer 80,000 hommes (Relig. de Saint-Denis, t. 1, p. 238). Le roi de plus, pour prévenir toute nouvelle rébellion, se hâta de mettre en état la bastide Saint-Antoine et construisit celle du Louvre (Ist. et cr., t. II, p. 274).

[84] Les impôts rétablis le 20 janvier, furent les 12 deniers par livre de denrées, la gabelle de 20 francs par muid de sel et le huitième pour le vin vendu au détail (Ist. et cr., t. II, p. 275). Une ordonnance royale du 27 janvier (Rec. des ordonn., t. VI, p. 685) supprima de plus la prévôté des marchands, dont le titulaire, Jean de Fleuri, dut rendre les sceaux; ses fonctions furent attribuées au prévôt de Paris. On supprima aussi les quarteniers, cinquanteniers et dizainiers de la ville (Ist. et cr., t. II, p. 276). Voy. l’article de M. L. Mancest Batifol, dans la Bibl. de l’Éc. des chartes (t. LII, p. 269-284). Le roi revenait ainsi, et au delà, sur les concessions qu’il avait été obligé d’accorder aux Parisiens après la révolte des Maillotins en 1382; il les punissait en même temps de l’alliance qu’ils avaient voulu se ménager avec les rebelles de Flandre, dont on avait eu la preuve dans une lettre saisie à Courtrai (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 230).

[85] Les plaintes sont nombreuses à cette époque contre les routiers revenant des guerres de Flandre et pillant sur leur passage. Nous en trouvons mention à Villedieu (Arch. nat., JJ 145, fol. 169), à Noyon (Ibid., JJ 149, fol. 67 vo), à Crépi-en-Laonnais (Ibid., JJ 150, fol. 150 vo).