[86] Arrêté dès le 11 janvier, Jean des Marès fut réclamé, comme clerc, par l’officialité de l’évêque de Paris. Mais les ducs de Berri et de Bourgogne hâtèrent le jugement (Ist. et cr., t. II, p. 276-277), qui fut rendu sans que l’inculpé eût pu être «ouy dans ses excusacions» (Chr. des Quatre Valois, p. 310). Jean des Marès fut décapité le 28 février 1383. Dès le lendemain, le roi, accompagné de ses oncles, convoque dans la cour du Palais les bourgeois de Paris, qui s’y présentent «sans chapperons» (Chr. des Quatre Valois, p. 310). Pierre d’Orgemont leur reproche toutes leurs rébellions passées; le roi leur pardonne, mais vingt d’entre eux, «a prendre à la volonté du roi» (Ibid., p. 311), seront rançonnés (Ist. et cr., t. II, p. 278-280; Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 246-248). Ceux qui n’ont pas répondu à l’appel du roi et ne sont pas rentrés à Paris sont exilés et privés de leurs biens (Chronographia, t. III, p. 51).

[87] C’est le 19 janvier que fut exécuté Nicolas le Flamand (Ist. et cr., t. II, p. 275).

[88] Rouen fut la première ville de Normandie que le roi voulut châtier après la soumission de Paris. Une commission fut nommée à cet effet, composée de Jean Pastourel, président de la Chambre des comptes et de Jean le Mercier, auxquels on adjoignit l’amiral Jean de Vienne (Relig. de Saint-Denis, t. II, p. 250), qui, à la date du 27 janvier, figure à Paris dans une montre avec dix-sept chevaliers et quatre-vingt-deux écuyers de sa compagnie (Terrier de Loray, Jean de Vienne, p. CCVI), et, le 3 mars, reçoit 2,000 francs à prendre sur les confiscations faites en Normandie (Ibid., p. LXXV). La commission comprenait en outre Nicolas Painel, Étienne du Moustier et Robert Thoroude (Moranvillé, Ét. sur J. le Mercier, p. 90). Cette commission fit arrêter trois cents notables de la ville, dont une partie furent mis à mort après Pâques (22 mars) et dont le plus grand nombre se rachetèrent. Une somme de 60,000 livres tournois fut de plus exigée des habitants (Ibid., p. 91).—Dans les autres villes de Normandie, notamment à Caen et à Falaise, les mêmes réformateurs «firent de grans justices» (Fragm. d’une chronique inédite, publiés par L. Delisle, 1895, p. 10). En date du 29 avril, une lettre de rémission est accordée à la ville de Caen (Arch. nat., JJ 123, fol. 52 vo) pour les excès commis; en 1382, cette ville avait refusé d’envoyer 30 arbalétriers au roi (Ibid., fol. 47).

[89] La révolte des habitants de Reims fut une des premières à éclater; au commencement de la campagne de Flandre, ils arrêtèrent le maréchal de Bourgogne, Gui de Pontallier, qui se rendait dans le nord avec ses hommes d’armes (Kervyn, t. X, p. 474). Au 15 février 1383, le roi nomma, pour informer sur les excès de la province de Reims, des commissaires parmi lesquels se trouvent le comte de Sancerre, Tristan du Bos, maître des requêtes de l’hôtel, Gilles Gallois, général conseiller des aides, Jean de Montaigu et Regnault de la Chapelle, trésorier (Arch. nat., JJ 123, fol. 47 vo).

[90] Le roi part de Vincennes le 7 avril, arrive à Chartres, pour s’acquitter d’un vœu de pèlerinage; après son départ, le 26, ont lieu des «assemblées des gens du roi;» le 16, il est à Orléans (Chronographia, t. III, p. 52, note 1). Il fait abattre les portes et détruire les chaînes de la ville; quelques rebelles sont décapités (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 260).

[91] Cabaret d’Orville fait allusion au licenciement des hommes d’armes (Chr. du bon duc L. de B., p. 179).

[92] Le 11 avril, une nouvelle taxe fut établie pour un an à Paris sur la queue de vin vendue en gros. Elle était destinée à réparer la ville (Chronographia, t. III, p. 52). La Chronique de Pierre Cochon (p. 170) parle d’une amende de 80,000 livres, dont 12,000 étaient destinées au roi; 8,000 à la ville de Paris; 60,000 aux autres villes.

CHAPITRE XIX

[93] En janvier 1383, le comte de Flandre, qui hésitait toujours à reconnaître le pape Clément, fit une dernière tentative de rapprochement avec les Gantois, qui ne put aboutir à la paix. Il voulut alors empêcher les Gantois d’agir et leur couper les vivres en occupant les passages de Courtrai, d’Audenarde, de Termonde, de l’Écluse et d’Ardembourg. Les Gantois, secrètement encouragés par le roi d’Angleterre (Meyer, fol. 192 vo), lui répondirent par la prise d’Ardembourg à la fin de janvier (Ist. et cr., t. II, p. 220-221 et 254).

[94] Du 1er janvier à la fin de juillet, treize marchands de Gand et de Bruges sont à Londres pour traiter de l’alliance avec le roi d’Angleterre (Rec. Off., Issue Rolls 199, m. 14; 201, m. 5, 6, 11, 14; 306, m. 15). Au mois de février, nous y trouvons mêlé un clerc de la chancellerie anglaise, Thomas Stanley (Rec. Off., Issue Rolls 199, m. 13, et 306, m. 13). Les Gantois, pour s’assurer la protection des prélats anglais prétendaient que le comte de Flandre était devenu partisan du pape Clément (Ist. et cr., t. II, 292-293, 306-307) et s’offraient à reconnaître le roi Richard pour leur seigneur (Walsingham, t. II, p. 71).