[125] Craignant l’intervention armée du roi de France, les Gantois avaient essayé, d’un autre côté, de négocier avec lui, sans y réussir (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 266). C’est alors qu’une nouvelle ambassade de sept marchands s’était rendue à Londres, où nous la voyons séjourner du 7 août au 30 décembre 1383 (Rec. Off., Issue Rolls 203, m. 12 et 14).

[126] Le duc de Bourgogne fut à Compiègne avec le roi du 9 au 13 août 1383.

[127] Dès le mois de juin, Jean de Vienne avait été envoyé dans le nord (Jean de Vienne, p. CCIX-CCX); nous le trouvons à Béthune au service du roi, à la fin du mois (Arch. nat., JJ 123, fol. 104 vo) et en juillet (Bibl. nat., Clair. vol. 24, no 1767). En date du 28 et du 30 juin, la convocation de l’arrière-ban, pour aller au siège d’Ypres, était faite en Normandie (Mus. Brit., Add. chart. 3345 et 6749). L’armée royale devait être réunie à Arras le 22 août (Ist. et cr., t. II, p. 332); les approvisionnements étaient assurés par Nicolas Boulard (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 264).

[128] Dans cette expédition, Jean Sans-Terre, bâtard de Flandre, fut fait prisonnier ainsi que Lamsin le Maréchal, et dut payer rançon à la ville d’Ypres (Ist. et cr., t. II, p. 299-300). Quelques mois plus tard (Arras, 22 et 27 novembre 1383), Jean Sans-Terre recevait de son père, le comte de Flandre, les château, maison et fief de Dringham, confisqués sur le rebelle Jean de Scheurvelde, héritier de Jacques de Dringham et les biens confisqués de Robert de Wisen (Chr. rimée, publiée par Le Glay, p. 147).

[129] Au mois de juillet, l’évêque de Norwich (l’évêque de Lincoln, d’après une autre rédaction), essaie d’entamer des négociations pour amener les Yprois à ouvrir leurs portes. Après une dernière entrevue où figurent quatre prélats, quatre chevaliers et quatre bourgeois envoyés par la ville, les pourparlers sont rompus le 30 juillet et l’évêque excommunie la ville. Aussitôt les attaques des Anglais recommencent: le 3 août, assaut repoussé. Le 5, nouvel assaut, avec des maisons roulantes; victoire des Yprois; Jean de Reym est tué. Le 7, nouvelle escarmouche. Le 8, grosse attaque où les habitants sont encore vainqueurs (Ist. et cr., t. II, p. 289-290, 300-305). C’est à propos d’un de ces assauts que Froissart parle de nouveaux chevaliers; dans les Chroniques de Flandre, il est parlé de huit chevaliers (voy. plus haut, p. XXVII, [n. 20]).

[130] Le roi, qui a pris l’oriflamme à Saint-Denis le 2 août (Relig. de Saint-Denis, t. I, p. 266), avant de se rendre à Compiègne, où il séjourne jusqu’au 12, arrive à Arras le 20. Les chroniqueurs varient beaucoup dans l’évaluation de son armée qui est longuement énumérée dans les Chroniques de Flandre (t. II, p. 324-327, 332-334, 342): 200,000 hommes, dont 20,000 chevaliers, dans Meyer (fol. 196 vo); 16,000 chevaliers et écuyers dans le Religieux de Saint-Denis (t. I, p. 262); 22,000 hommes dans la Chronographia (t. III, p. 57); 50,000 chevaux dans la Chronique de Pierre Cochon (p. 174). Les Anglais avaient 10,000 combattants et 8,000 archers (Chronographia, t. III, p. 58).

[131] C’est le 10 août, jour de la Saint-Laurent (le 8 août, d’après Meyer, fol. 196 vo), après neuf semaines de siège, que les Anglais, découragés par leurs échecs successifs et apprenant la venue de l’armée française, abandonnèrent le siège d’Ypres (Ist. et cr., t. II, p. 290-291, 305-306). L’évêque de Norwich voulut alors entrer en Picardie, mais ses officiers refusèrent de l’y suivre. Il se retira alors à Gravelines; ses chevaliers allèrent à Bourbourg (Walsingham, t. II, p. 99-100).

[132] Les Gantois furent fort mécontents du départ des Anglais. Ils savaient en effet que l’eau et les vivres commençaient à manquer dans la ville, dont on avait déjà expulsé les bouches inutiles; ils espéraient sous peu un succès, qui devenait douteux, l’armée anglaise partie (Ist. et cr., t. II, p. 290-291).

[133] Le roi séjourna à Arras du 20 au 27 août; il y fut rejoint par le comte de Flandre, venu de Lille à Douai, puis à Arras (Ist. et cr., t. II, p. 323; Petit, Itinéraires, p. 159); il avait soupé et gîté le 25 à l’abbaye de Marœil en Artois (Ist. et cr., t. II, p. 324; Itinéraires, p. 159 et 679), qu’il ne faut pas confondre avec Moreuil en Picardie, où il passa le 2 octobre, en revenant en Flandre (Itinéraires, p. 160).

[134] Le roi ne passa qu’une nuit, celle du 27, à l’abbaye bénédictine du Mont-Saint-Éloi.