[12] Urbain V mourut à Avignon le jeudi 19 décembre 1370. Le conclave se réunit au palais papal le dimanche 29, à six heures, et dès le lendemain, le lundi 30, Pierre Roger de Beaufort, cardinal diacre, neveu de Clément VI, fut élu pape et prit le nom de Grégoire XI. Ordonné prêtre le 4 janvier 1371, Grégoire XI fut sacré et couronné à Avignon le lendemain 5 (Thalamus parvus, p. 384 et 385).
[13] Louis, duc d’Anjou, partit de Toulouse le 21 décembre, arriva à Nîmes le 26 et se trouvait à Avignon le 29, lorsque s’ouvrit le conclave. Dom Vaissete, Hist. de Languedoc, IV, 346.
[14] Haute-Vienne, arr. Limoges. Eustache d’Auberchicourt, qualifié lieutenant en Périgord et Limousin d’Édouard III, roi d’Angleterre, avait mis le siège devant Rochechouart (Haute-Vienne) avec 400 combattants; Étienne, bâtard de Rochechouart, s’était engagé à livrer la place aux Anglais. Sur ces entrefaites, Louis, vicomte de Rochechouart, chevalier, chambellan de Charles V, appela à son secours Bertrand du Guesclin au moment où le vainqueur de Pontvallain était occupé à poursuivre les Anglais sur la rive gauche de la Loire. Le connétable dépêcha aussitôt vers le vicomte de Rochechouart un vaillant écuyer breton nommé Thibaud du Pont, qui fit lever le siège de Rochechouart, retint prisonniers les traîtres qui avaient voulu livrer cette place et instruisit leur procès le 14 décembre 1370 (Bibl. Nat., Trésor généalogique de dom Villevieille, t. LXV, au mot GUESCLIN d’après le carton 1er des Archives de la vicomté de Rochechouart). Le 4 septembre 1371, Charles V fit payer 40 francs d’or à Jean du Rocher, écuyer de Bretagne, député vers le roi de France par Thibaud du Pont, écuyer, capitaine de Rochechouart (Delisle, Mandements de Charles V, p. 419, no 818).
[15] Manche, arr. Saint-Lô. La vicomté de Carentan avait été cédée à Charles II, dit le Mauvais, roi de Navarre, en vertu du traité de Mantes conclu le 22 février 1354 (n. st.). Dix ans après la conclusion de ce traité, dans les premiers jours de juillet 1364, Bertrand du Guesclin, pendant le cours de son expédition en basse Normandie, avait repris Carentan; cette ville fut de nouveau cédée à Charles le Mauvais, moyennant le payement d’un subside, vers le milieu de 1365 (E. Izarn, Compte des recettes et dépenses du roi de Navarre de 1367 à 1370, Paris, 1885, 1 vol. in-8o, p. 33); et la garde de cette place fut dès lors confiée par le roi de Navarre à Eustache d’Auberchicourt, qui y tint grand état en compagnie d’Isabelle de Juliers, comtesse de Kent, qu’il épousa avant le 6 janvier 1366 (Ibid., p. 324 et 325).
[16] D’après l’opinion la plus vraisemblable, Arnoul d’Audrehem mourut à Saumur entre le 6 et le 25 décembre 1370. Les funérailles d’Arnoul et celles de Geoffroi de Charny, qui avaient été tous les deux porte-oriflamme de France, furent célébrées en même temps à Paris, dans le courant de janvier 1371; le 31 de ce mois, Ymbert le Damoisel, valet de chambre et «armurier» de Charles V, donna quittance de 370 francs pour des travaux d’armoiries, de tapisserie et de dorure exécutés à l’occasion de ces obsèques. Voyez Émile Molinier, Étude sur la vie d’Arnoul d’Audrehem, dans Mémoires des savants étrangers présentés a l’Académie des Inscriptions, deuxième série, VI, p. 189 à 191, 342.
[17] Raymond de Mareuil paraît avoir eu ses possessions en Périgord, sur les confins de cette province et de l’Angoumois, bien plutôt qu’en Limousin. Par acte daté de Paris en mai 1354, Jean II fit don de 400 florins à l’écu et de 100 livres de rente à prendre sur le comté d’Angoulême à Raymond de Mareuil, écuyer, lequel avait servi sous le connétable Charles d’Espagne et avait repris sur les Anglais les châteaux de Mareuil (auj. Mareuil-sur-Belle, Dordogne, arr. Nontron), de Paluel (auj. Palluaud, Charente, arr. Barbézieux, c. Montmoreau) et d’Agonac (Dordogne, arr. Périgueux, c. Brantôme), situés en Périgord (Arch. Nat., JJ 82, no 196).
[18] Raymond de Mareuil s’était rallié au parti français dès le 29 juin 1369 (voyez t. VII, sommaire, p. LXXXVIII, note 263). Par divers actes datés de Paris au mois de juillet de cette année, Charles V avait donné à Raymond de Mareuil, chevalier, les châteaux de Villebois en Périgord (auj. Villebois-Lavallette, Charente, arr. Angoulême) et de Courtenay (Arch. Nat., JJ 100, fos 205, 223, 288; J 426, no 21). Palluaud et Villebois, rattachés actuellement à la Charente, ont toujours fait partie du diocèse de Périgueux et du Périgord.
[19] Le manuscrit d’Amiens ajoute que Hugh de Calverly était sénéchal de Limousin.
[20] Le manuscrit d’Amiens ne mentionne pas Geoffroi d’Argenton et parle seulement «d’un fort château où Raymond de Mareuil fut enfermé sous la garde de Thomas Percy, sénéchal de Poitou».
[21] D’après le manuscrit d’Amiens, cette forteresse aurait été la Roche-Posay (Vienne, arr. Châtellerault, c. Pleumartin), où Guillaume des Bordes et Charuel, chevaliers du parti français, auraient tenu garnison.