[22] Cf. Le prince Noir, poème du héraut Chandos, édit. de M. Francisque Michel, 1883, p. 277 et 278, vers 4081 à 4096. Édouard, prince d’Aquitaine et de Galles, s’embarqua à Bordeaux pour retourner en Angleterre avant le 15 janvier 1371, «circa principium mensis januarii», dit le moine de Saint-Albans, jour où Jean de Lancastre, institué lieutenant d’Aquitaine par son frère aîné, est mentionné dans un acte comme chargé du gouvernement de cette province pendant l’absence d’Édouard; le duc de Lancastre se démit de sa lieutenance dès le 21 juillet de la même année (Delpit, Documents français en Angleterre, p. 179).

[23] Edmond, comte de Cambridge, n’accompagna point le prince de Galles, il resta en Aquitaine avec Jean, duc de Lancastre: «relinquens post se, dit le moine de Saint-Albans, racontant le départ du prince de Galles pour l’Angleterre, in Vasconia duos fratres suos, Johannem ducem Lancastriæ et Edmundum comitem Cambrigiæ.» (Chronicon Angliæ (1328-1388), éd. Edward Maunde Thompson, London, 1874, p. 67 et 68).

[24] A Plymouth, d’après le moine de Saint-Albans.

[25] Berkhampstead se trouve dans le comté de Hertford, à la distance de 26 milles anglais au nord-ouest de Londres; cette distance est donc en réalité moitié moindre que celle qui est indiquée par Froissart. C’est à titre de duc de Cornouaille qu’Édouard, prince de Galles, possédait le château de Berkhampstead, qui n’a pas cessé depuis lors d’appartenir aux héritiers présomptifs de la couronne d’Angleterre.

[26] Dordogne, arr. Périgueux. c. Ribérac. Montpont était le chef-lieu d’une châtellenie comprenant dix-huit paroisses. Montpaon, que l’on trouve dans le texte de Froissart, est conforme à l’étymologie; les plus anciennes formes de ce nom de lieu sont Montpao et Monspavo (Dictionnaire topographique de la Dordogne, par le vicomte de Gourgues, au mot Montpont).

[27] A la date du 4 janvier 1371, le siège de Montpont par les Anglais durait déjà depuis un certain temps, puisqu’à cette date Louis, duc d’Anjou, qui se trouvait alors à Avignon, envoya Pierre Scatisse et Milon de Dormans, archidiacre de Meaux, demander aux États de Languedoc assemblés à Nîmes un subside de 2 francs par feu pour faire lever le siège de Montpont (Dom Vaissete, Hist. de Languedoc, IV, 346). Le 10 février suivant, le duc d’Anjou était en marche avec Menaud de Barbazan, maréchal de son ost, pour faire lever le dit siège (Ibid., 346 et 347). Nous établirons plus loin que Montpont tomba au pouvoir des Anglais à la fin du mois de février; et comme Froissart fait remarquer à cette occasion que le siège avait duré onze semaines, il y a tout lieu d’ajouter foi au témoignage d’un chroniqueur contemporain qui rapporte que le duc de Lancastre mit le siège devant Montpont au moment où fut livrée la bataille de Pontvallain, c’est-à-dire dans les premiers jours de décembre 1370 (Chronique normande, éd. Molinier, p. 200).

[28] Gironde, arr. la Réole. L’anecdote racontée ici par Froissart est très jolie, mais certaines circonstances du récit du chroniqueur sont certainement inexactes. Outre que Saint-Macaire se trouve à une assez grande distance de Montpont, la première de ces deux localités était encore au pouvoir des Anglais en 1371. Du reste, le manuscrit d’Amiens donne une version différente de celle qui est résumée plus haut; ce manuscrit ne fait aucune mention de Jean de Malestroit et fait partir Silvestre Budes, non de Saint-Macaire, mais de Sainte-Bazeille (Lot-et-Garonne, arr. de Marmande). Sainte-Bazeille, dont le seigneur, Berard d’Albret, s’était rallié au roi de France pendant la première moitié de 1370 (voyez notre t. VII, sommaire, p. XCIX, note 293), avait pu recevoir une garnison bretonne et, en outre, cette petite place est à moindre distance de Montpont que Saint-Macaire. Par conséquent, la version du manuscrit d’Amiens est moins invraisemblable, sinon plus vraie, que celle des manuscrits de la première rédaction. A la fin de 1371, un chevalier du Périgord, nommé Pierre «de Montibus», seigneur de Saint-Jean-de-Côle (Dordogne, arr. Nontron, c. Thiviers), avait traduit devant le Parlement de Paris Silvestre Budes, écuyer, qui s’était emparé de sa forteresse de Saint-Jean-de-Côle et qui continuait de l’occuper (Arch. Nat., sect. jud., X2a 8, fo 262). En présence des deux versions de Froissart, on peut se demander si Silvestre Budes, pris à l’improviste par l’arrivée des Anglais devant Montpont, n’occupait pas alors Saint-Jean-de-Côle.

[29] D’après Froissart, la garnison de Montpont se composait de Bretons, et le nom de Guillaume de Longueval semble étranger à la Bretagne. Nous inclinons à croire que le chroniqueur de Valenciennes, plus familier avec les noms de famille de la Picardie qu’avec ceux de la Bretagne, a commis ici une confusion et qu’il a écrit peut-être Guillaume de Longueval au lieu de Guillaume de Laval. Ce qui nous le fait croire, c’est qu’un écuyer breton, nommé Guillaume de Morieux, qui fut fait prisonnier à Montpont par les Anglais et qui déposa dans le procès pour la canonisation de Charles de Blois, cite parmi ses compagnons d’armes Guillaume de Laval, chevalier, et Fralin de Combray, écuyer (Bibl. Nat., ms. lat. 5381, t. II, fos 107 et 108). Toutefois, nous devons faire remarquer que Louis de Mailly, cité aussi comme l’un des quatre chefs de la garnison de Montpont, appartenait lui-même à une famille picarde.

[30] Eustache et Alain de la Houssaye figurent dans presque toutes les montres de Bertrand du Guesclin.

[31] Louis de Mailly était le quatrième fils de Jean de Mailly, seigneur de Talmas (Somme, arr. Doullens, c. Domart), et de Jeanne de Picquigny (P. Anselme, Hist. généal., VIII, 653).