[42] Vienne, arr. Montmorillon. En 1369, l’abbaye fortifiée de Saint-Savin avait été livrée par l’un de ses moines au capitaine français Louis de Saint-Julien (cf. t. VII, sommaire, p. LXXXIII).
[43] Charente-Inférieure, arr. Saintes. Renaud, seigneur de Pons et de Ribérac, vicomte de Turenne et de Carladez, s’était décidé à faire acte de soumission au roi de France dès le mois de mai 1369 (cf. t. VII, p. LXXXVIII, note 263).
[44] La nouvelle du siège mis par les Anglais devant Moncontour parvint à Paris pendant la seconde moitié du mois d’août 1371, car les premiers mandements adressés par Charles V pour réunir un corps d’armée de secours sont datés du 26 de ce mois (Delisle, Mandements de Charles V, p. 417 et 418, nos 813 à 815).
[45] Moncontour dut se rendre aux Anglais à la fin d’août ou dans les premiers jours de septembre 1371. Bertrand du Guesclin et Olivier, seigneur de Clisson, envoyés au secours de la place assiégée, après avoir opéré la concentration de leurs forces dans le Maine, en Anjou et en Touraine, n’arrivèrent à Saumur que le 5 septembre. A cette date, Jean, comte de Sancerre, les maréchaux de France, Louis de Sancerre et Mouton de Blainville, étaient encore à Tours; ils ne rejoignirent Du Guesclin et Clisson que le lendemain. Le manque d’arbalétriers les empêcha de reprendre la forteresse de Moncontour, qui était déjà tombée au pouvoir des Anglais (Delaville le Roulx, Comptes municipaux de Tours, II, 111, nos 506 à 509; cf. Chronique normande, p. 202).
[46] Le 1er janvier 1371, Bertrand du Guesclin, de retour de la chevauchée dont Pontvallain, Saumur et Bressuire avaient marqué les principales étapes, se trouvait à Paris, d’où il envoya, enclose sous son sceau du secret, au trésorier des guerres, Étienne Braque, la montre de 1135 hommes d’armes qu’il avait retenus pour servir sous ses ordres, dont 4 chevaliers bannerets, 51 chevaliers bacheliers et 1080 écuyers (Dom Morice, Preuves de l’hist. de Bretagne, I, col. 1647). Avant la fin de janvier, il dut se mettre en route pour porter secours à la garnison de Montpont, assiégée par les Anglais, car diverses compagnies du corps d’armée qu’il avait réuni pour cette expédition furent passées en revue à Blois du 27 au 29 de ce mois, notamment celles d’Alain de Taillecol, dit l’Abbé de Malepaye, de Girard, seigneur de Rais, d’Olivier, seigneur de Montauban, et de Pierre, seigneur de la Hunaudaie (Hay du Chastelet, Hist. de Du Guesclin, p. 340, 341, 344, 345; Dom Morice, Preuves de l’hist. de Bretagne, I, col. 1645 à 1647). Froissart se trompe lorsqu’il dit que Du Guesclin n’entreprit l’expédition tendant à la levée du siège de Montpont et marquée par le siège d’Ussel qu’après la Chandeleur ou le 2 février; il se trompe encore davantage lorsqu’il la fait coïncider avec le retour du printemps.
[47] Auj. chef-lieu d’arrondissement de la Corrèze, sur les confins du Limousin et de l’Auvergne. Ussel est bâti sur une colline de plus de 600 mètres d’élévation, près du confluent de la Sarzonne et de la Diège, affluent de la rive droite de la Dordogne, et les halles actuelles occupent l’emplacement de l’ancien château-fort. Tous les manuscrits de Froissart portent par erreur Uzès. Comme quelques-uns de ces manuscrits placent Uzès en Auvergne, dom Vaissete en avait conclu qu’il faut lire Usson (Hist. du Languedoc, IV, 347). En réalité, il s’agit d’Ussel, ainsi que le prouve la déclaration d’un chevalier nommé Geoffroi Budes, originaire d’Uzel-près-l’Oust, en Bretagne, qui déposa à Angers en septembre 1371 dans l’enquête pour la canonisation de Charles de Blois: «Nobilis vir dominus Gauffridus Budes, miles, de parochia de Usello, dicit quod in quadragesima ultimo preterita (fin de février 1371) iste testis, in societate domini constabularii Francie, ibat apud castrum Montis Pavonis (Montpont) quod tenebatur a gentibus domini nostri regis Francie, obsessum a gentibus regis Anglie et principis Aquitanie, et ibant pro dicta obsidione levanda. Contigit quod in itinere invenerunt castrum vocatum Ussel ab hostibus regis Francie detentum, cui castro constabularius cum suis gentibus dedit insultum» (Dom Morice, Preuves de l’hist. de Bretagne, II, 26). Les comptes de Jean, duc de Berry, contiennent plusieurs mentions relatives à des chevaliers ou écuyers blessés au siège d’Ussel (Arch. Nat., sect. hist., KK 251, fos 31, 32 et 71 vo). Une lettre de rémission, délivrée le 18 novembre 1372 à un homme d’armes de la compagnie de Juhel Rolland, fait également mention du siège mis devant Ussel en 1371 par Du Guesclin (Ibid., JJ 103, fo 134, no 285).
[48] Dès le 18 février 1371, les Français avaient mis le siège devant Ussel, puisqu’à cette date Bethon de Marcenac, chevalier et conseiller de Jean, duc de Berry, donna quittance de 40 livres tournois, que le dit duc lui avait allouées pour ses frais et dépens devant le fort d’Ussel (Arch. Nat., KK 251, fo 71 vo). Le 26 du même mois, les ménétriers de Bertrand du Guesclin jouaient devant le duc de Berry qui leur faisait donner 20 livres (Ibid., fo 31 vo). Mais le 1er mars suivant, les maréchaux de France, Louis de Sancerre et Mouton de Blainville, recevaient des montres d’hommes d’armes à Clermont, en Auvergne, où se trouvait sans doute aussi le connétable (A. du Chastellier, Invasions de l’étranger, Paris, 1872, in-12, p. 21). La neige, qui se mit à tomber en grande abondance, contraria les opérations des Français et les contraignit à lever le siège d’Ussel: «Tanta nix supervenit quod oportuit quod totus exercitus deslogiaret». On se dirigea vers Clermont, où Du Guesclin apprit, s’il ne le savait déjà, que Montpont, qu’il allait débloquer, était tombé au pouvoir des Anglais (D. Morice, Preuves, II, col. 26). Le duc de Bourgogne se tint deux jours, le dimanche 2 et le lundi 3 mars, au siège devant Ussel.
[49] Cette mention relative à Waleran de Ligny ne se trouve que dans la rédaction d’Amiens (p. 271).
[50] Après avoir essayé vainement de porter secours à la garnison de Montpont, Louis, duc d’Anjou, avait repris le chemin d’Avignon pendant la seconde moitié du mois de mars 1371; le 4 avril suivant, il faisait sa résidence à Villeneuve-lez-Avignon, d’où il manda de faire payer 30 francs aux frères de Notre-Dame du Carmel de Lodève pour être associé à leurs prières (Bibl. Nat., Quittances, t. XIX, no 1164); d’Avignon, il se rendit à Paris. Dans les derniers jours du mois de mars, un écuyer de Bertrand du Guesclin, qui était resté malade à Avignon, reçut du duc de Berry une aumône de 4 livres tournois (Arch. Nat., KK 251, fo 32 vo).
[51] Thomas de Walkefare, sénéchal anglais du Quercy, avait été pendu à Toulouse par ordre du duc d’Anjou en septembre 1370, cinq jours au moins avant l’expédition de Du Guesclin en Auvergne (Dom Vaissete, IV, 346).