[112] Vienne, arr. Montmorillon, à 24 kilomètres au nord-ouest de cette ville et à 24 kilomètres à l’est de Poitiers. Chauvigny n’est point sur la Creuse, comme Froissart le dit par erreur, mais sur la Vienne. Le château de Chauvigny appartenait aux évêques de Poitiers, et l’évêque était alors Gui de Malsec, qui avait succédé en 1371 à Aimeri de Mons et qui fut remplacé en 1375 par Bertrand de Maumont.

[113] Lussac-les-Châteaux, Vienne, arr. Montmorillon, sur la Vienne, à 20 kilomètres au sud de Chauvigny et à 12 kilomètres à l’ouest de Montmorillon.

[114] La forteresse de Moncontour (Vienne, arr. Loudun), située à 45 kilomètres au nord-ouest de Poitiers, avait été prise par les Anglais et occupée par Cressewell et Holegrave au mois de septembre de l’année précédente. Voy. plus haut, p. [XV].

[115] Le 9 juillet 1372, Bertrand du Guesclin et Olivier, seigneur de Clisson, qui se trouvaient alors à Loudun, à 18 kilomètres au nord-est de Moncontour, accordèrent une trêve ou abstinence de guerre aux prélats, barons, seigneurs et habitants du Poitou (Arch. Nat., sect. hist., JJ 108, fo 97 vo, no 160). Le lendemain 10 juillet, le connétable de France était à Chinon d’où il a daté la donation faite à Alain Saisy, écuyer, des château, ville et châtellenie de Mortemart (Haute-Vienne, arr. Bellac, c. Mézières) en Limousin, confisqués à cause de la rébellion d’Aimeri de Rochechouart, chevalier, seigneur du dit lieu, et «parce que de fait nous recouvrasmes pour le roy saisine du dit fort» (JJ 103, fo 77, no 141). Une lettre de rémission octroyée par Bertrand du Guesclin à Olivier Darien, l’un de ses hommes d’armes, ancien partisan de Jean de Montfort et des Anglais, est également datée de Chinon en juillet 1372 (JJ 111, fo 180 vo, no 346).

[116] Indre, arr. la Châtre, sur l’Indre, non loin de la source de cette rivière, presque à la limite des départements de l’Indre et de la Creuse. Au moyen âge, Sainte-Sévère possédait à la fois un château dont le beau donjon cylindrique subsiste encore et des fortifications dont il ne reste qu’une porte qui remonte au XIVe siècle.

[117] Vienne, arr. Civray, à 10 kilomètres à l’est de cette ville, près de la limite des départements de la Vienne, de la Charente et de la Haute-Vienne. Abbaye de Bénédictins au diocèse de Poitiers, fondée par Charlemagne en 799. Pierre, dit la Plette, abbé de Charroux, camérier du pape Grégoire XI, était tout dévoué à Charles V, qui l’admit au nombre de ses conseillers par acte daté de son château de Vincennes le 2 août 1372 (Gallia christiana, II, instrumenta, 349).

[118] Le siège de Sainte-Sévère eut lieu certainement pendant la seconde quinzaine de juillet 1372. Le 21 de ce mois, Jean, duc de Berry, fit venir du pays d’Auvergne 12 tonneaux de vin «pour mener au siège de Sainte-Sévère» (Arch. Nat., sect. hist., KK 251, fo 97). Le 26 juillet, le duc fit fabriquer à Bourges 4000 viretons garnis de fer pour la même destination (Ibid., fo 97). Le 29, il donna l’ordre d’amener de Bourges à Sainte-Sévère 12 tonneaux de vin (Ibid.). La garnison de Sainte-Sévère avait capitulé dès le samedi 31 juillet 1372, puisque ce jour-là Jean, duc de Berry, fit allouer 100 sous tournois à un messager à cheval nommé Christian de Beaurepaire «pour faire ses frais et despens en alent de Sainte Severe à Paris pourter lettres de par mon seigneur (le duc de Berry) au roi faisant mencion de la prise du dit lieu de Sainte Severe» (Ibid., fo 89 vo). Le 2 août, le duc de Berry envoyait des éclaireurs du côté du fort de la Souterraine (Creuse, arr. Guéret, un peu à l’ouest de Sainte-Sévère), alors occupé par les Anglais, pour s’enquérir des mouvements et des forces de l’ennemi; le 4 et le 5 de ce mois, il était encore à Cluis (Indre, arr. la Châtre, c. Neuvy-Saint-Sépulcre) et se dirigeait vers Poitiers (Ibid., fo 97 vo).

[119] L’erreur capitale de Froissart, en ce qui concerne la reddition de Poitiers, est d’avoir prêté à Bertrand du Guesclin un rôle non seulement prépondérant, mais tellement exclusif dans cette affaire que le duc de Berry n’apparaît même pas dans son récit. Deux documents, choisis entre beaucoup d’autres, que nous analysons ci-dessous, montreront que le chroniqueur n’a pas été renseigné exactement sur ce point. Cette reddition dut avoir lieu le samedi 7 août 1372. Cuvelier, dans sa Chronique rimée de Bertrand du Guesclin, se trompe sur l’année, puisqu’il place cet événement en 1370, mais il est bien informé quant au jour de la semaine:

Quant Poitiers se rendi, ce jour fu samedis.

(Éd. Charrière, II, 269, vers 21 209.)