Chronique rimée de B. du Guesclin, II, 283, vers 21 642.)

[148] D’après Cuvelier, ce fut un détachement de douze fiers compagnons de la garnison de Benon, et non de celle de Surgères, qui fit une sortie au milieu de la nuit et opéra la surprise meurtrière racontée ici par Froissart (Ibid., 285-287, vers 21 700 à 21 754).

[149] «Et là perdit le connestable quatre de ses gentilz hommes qui gouvernoient tout son faict lesquels estoient en leur lougis en leur lit où ils dormoient; si eurent laissé d’aventure l’huis ouvert leurs varlets qui jouoient aux dés, et furent tués les gentils hommes par ceulx de la garnison de Benon» (Cabaret d’Orville, Chronique du bon duc Loys de Bourbon, éd. Chazaud, p. 91). Ce détail est confirmé par Cuvelier, qui donne le nom du plus considérable de ces gentils hommes, celui que Froissart qualifie écuyer d’honneur du connétable, Geffroi Payen, et par l’Histoire de la Rochelle d’Amos Barbot, qui mentionne outre Geffroi Payen, Thomas de la Luzerne et Jean Boterel (Chron. rimée, éd. Charrière, II, 286 et 287; Amos Barbot, Hist. de la Rochelle, Saintes, 1886, t. I, p. 204). D’après Cuvelier et l’auteur de la Chronique en prose, Olivier, seigneur de Clisson, furieux de la mort de Geffroi Payen son parent, fendit à coups de hache la tête à quinze Anglais de la garnison de Benon et mérita ainsi le surnom de boucher que les Anglais lui donnèrent depuis lors:

Englois ne pueent mais, par le corps sainct Benoit,

S’il appellent bouchier Olivier là endroit.

(Chron. rimée, II, 290, vers 21 852 et 21 853.)

[150] Charente-Inférieure, arr. la Rochelle. Marans est situé à 20 kilomètres environ au nord de cette dernière ville et de Benon, sur la rive gauche et à peu de distance de l’embouchure de la Sèvre. Par lettres datées de Marans au mois de septembre 1372 et par mandement spécial adressé à Geffroi Kerimel et à Geffroi Budes, chevaliers, Bertrand du Guesclin donna à son bien amé écuyer Perrot Maingny les biens meubles et héritages confisqués sur Jean Wilale et Henri Abbot, Anglais et ennemis du roi, biens situés en la ville et châtellenie de Fontenay-le-Comte (Arch. Nat., JJ 103, no 371, fo 178 vo). Il n’est malheureusement pas fait mention dans cette charte du quantième du mois; mais comme l’itinéraire suivi par Du Guesclin dans la partie méridionale de la Saintonge pendant la seconde quinzaine de septembre est parfaitement établi et repose sur des actes authentiques, l’occupation de Marans par le connétable, si elle n’a pas coïncidé avec le siège de Benon, doit remonter aux premiers jours de septembre. Après s’être couvert au sud, en occupant, dès le 23 août, la forteresse de Soubise qui commandait le cours inférieur de la Charente, il est probable qu’un stratégiste aussi habile que Du Guesclin, voulant mettre les assiégeants à l’abri de toute surprise, aussi bien du côté du nord que du côté du midi, reconnut qu’il fallait pour cela réduire préalablement en son pouvoir le château de Marans par lequel on était maître du cours inférieur de la Sèvre. Si cette hypothèse est fondée, la démonstration contre Marans a dû suivre l’affaire de Soubise et avoir lieu dans les trois ou quatre premiers jours de septembre.

[151] Charente-Inférieure, arr. Rochefort-sur-Mer. Un acte émané de Du Guesclin (donation à Simon La Grappe, écuyer, huissier d’armes du roi, des biens confisqués de Robert de Grantonne, prêtre anglais, sis en la châtellenie de Fontenay-le-Comte), dont une copie se trouve dans un registre du Trésor des Chartes (JJ 103, no 341, fo 167) est daté «devant Surgieres le treziesme jour du mois de septembre l’an mil CCCLXXII»; mais comme le connétable semble avoir pris part au siège de Benon, qui dura du 12 au 15, la date de cette donation faite à La Grappe est sans doute fautive et peut provenir de l’omission dans l’acte original du V de XVIII écrit en chiffres romains. «Le siège de la forteresse de Surgères, écrit M. E. Petit d’après les registres des recettes et dépenses de Philippe le Hardi (Campagne de Philippe le Hardi, p. 10) fut fait sans désemparer et dura quatre jours; les assiégés firent leur reddition le dimanche 19.»

[152] Aujourd’hui chef-lieu d’arrondissement du département de la Vendée, au nord de la Rochelle et de Niort, à peu près à moitié chemin de cette dernière ville et de Luçon.

[153] Ce ne fut pas Jeanne de Clisson, sœur d’Olivier, première femme de Jean Harpedenne, qui présida à la défense de Fontenay-le-Comte, ainsi que l’a supposé Benjamin Fillon (Jean Chandos, Fontenay, 1856, p. 31). En 1372, Jean Harpedenne, veuf de Jeanne de Clisson, était déjà remarié à Catherine le Senecal, fille de Gui le Senecal, chevalier. Catherine suivit en Angleterre son mari expulsé du Poitou après le recouvrement de cette province par Charles V; aussi, plus tard, devenue veuve, rentrée en France et remariée à un chevalier nommé Étienne d’Aventoys, elle se vit dans la nécessité de se faire octroyer par Charles VI des lettres de rémission, datées du mois de septembre 1390, pour avoir tenu activement le parti d’Édouard III et des ennemis du royaume (Arch. Nat., JJ 139, no 95, fo 113). M. Kervyn de Lettenhove (Chroniques de Froissart, XXI, 526, 527) a dédoublé Jean Harpedenne et l’a confondu avec un fils portant le nom de Jean comme son père et issu du premier mariage de celui-ci avec Jeanne de Clisson.