[413] Fils de Thomas Holand et de Jeanne de Kent, Thomas Holand était le frère utérin de Richard II, parce que sa mère, après la mort de son premier mari, avait épousé en secondes noces Édouard, prince de Galles, dont elle avait eu Richard, dit de Bordeaux.

[414] Par acte daté de Westminster le 30 juin 1377, le jeune roi Richard II, informé que la flotte ennemie avait pris la mer, chargea spécialement son très cher oncle Edmond, comte de Cambridge, connétable du château royal de Douvres, Guillaume Latymer, Jean de Cobham de Kent, Jean de Clynton et Étienne de Valence de mettre dans le meilleur état possible de défense les côtes du comté de Kent (Rymer, éd. de 1740, t. III, pars III et IV, p. 61).

[415] Par un autre acte daté de Westminster le 2 juillet 1377, Richard II, ayant reçu la nouvelle que ses ennemis de France avaient déjà opéré des descentes à main armée sur certains points des côtes de son royaume, confia à son amé et féal Guillaume, comte de Salisbury, le soin de mettre en état de défense, par tous les moyens qui seraient en son pouvoir, les rivages des comtés de Southampton et de Dorset (Ibid., p. 62). Des mesures spéciales furent prises pour empêcher la flotte ennemie de remonter le cours de la Tamise; d’où l’on peut conclure qu’à la date du 7 juillet, où ces mesures furent prescrites, on craignit un instant quelque tentative des Français contre la ville de Londres.

[416] Port du comté de Dorset, situé sur une baie de la Manche, à 32 kil. à l’est de Dorchester et à 60 kil. au S.-O. de Winchester.

[417] Froissart confond ici, selon son habitude, deux campagnes navales tout à fait distinctes, quoique les mêmes navires, placés sous la direction du même chef, l’amiral Jean de Vienne, y aient pris part. La première campagne, commencée le 24 juin, signalée par la prise de Rye, de Rottingdean, de Lewes, par le sac de Folkestone, de Portsmouth, de Darmouth et de Plymouth, se termina au commencement du mois d’août suivant. Débarqué à Harfleur, l’amiral Jean de Vienne, dont une quittance en date du 8 août 1377 atteste la présence à Paris à cette date (Jean de Vienne; pièces justificatives, p. XXVIII), ne dut reprendre la mer que vers le milieu de ce mois; et ce fut alors seulement qu’il opéra une descente dans l’île de Wight. Cette descente, suivie de l’occupation de cette île presque tout entière, sauf le château de Carelsbrook défendu par Hugh Tyrel, eut lieu le 21 août 1377: «Galli eodem anno (1377), vicesimo primo die mensis augusti, insulam, ut ita dicam, incapiabilem, de Wyght, capiunt, minus virtute quam astu.» (Thoma Walsingham, Historia anglicana, p. 340, 341.)

[418] Port situé dans l’île de Portsey et dépendant du Hampshire. Après la prise de Rye le 28 juin, Froissart aurait dû mentionner l’occupation de Rottingdean, à l’ouest de Winchelsea, le combat de Lewes, qui se livra dans les premiers jours de juillet, le sac de Folkestone fixé par un chroniqueur contemporain au 20 de ce mois. Les opérations contre Portsmouth, Darmouth et Plymouth sont certainement postérieures à ces faits et notamment au combat de Lewes, que notre chroniqueur raconte presque en dernier lieu, quoiqu’il ait suivi immédiatement la prise de Rye et précédé, au moins d’une vingtaine de jours, les démonstrations de la flotte française contre les ports du Hampshire et du Devonshire (Terrier de Loray, Jean de Vienne, amiral de France, p. 108, 109).

[419] Lewes, petite ville du comté de Sussex, n’est pas sur le bord de la mer, mais sur la rivière d’Ouse, à l’embouchure de laquelle se trouve New Haven, qui sert de port à Lewes.

[420] Thomas Walsingham cite également ces deux chevaliers comme ayant été faits prisonniers avec le prieur de Lewes à la défense de cette place: «Eodem anno (1377), Gallici intraverunt ad villam de Rottyngdene prope villam de Lewes, ubi obviavit eis prior de Lewes cum parva manu, et superveniente copia Gallorum captus est ductusque ad naves eorum cum duobus militibus qui sibi adhæserunt, videlicet domino Johanne de Fallesley et domino Thoma Cheyne et uno armigero cujus nomen erat Johannes Brokas.» (Historia anglicana, p. 342.)

[421] Si les vainqueurs de Lewes furent informés pour la première fois de la mort d’Édouard III par les prisonniers faits dans cette rencontre, il en faut conclure que Froissart s’est trompé en plaçant cette affaire à la fin de la campagne de l’amiral de France. Comme cette mort avait eu lieu le 21 juin, les compagnons d’armes de Jean de Vienne, faisant tous les jours des descentes en terre anglaise à partir du 13 de ce mois, n’ont pas dû rester dans l’ignorance d’un événement aussi considérable plus tard que le commencement de juillet, et telle est en effet la date qu’il nous paraît vraisemblable d’attribuer au combat de Lewes. D’ailleurs, comme l’a fait justement remarquer M. Terrier de Loray, le chroniqueur Cabaret d’Orville dit que ce combat fut livré immédiatement après la prise de Rye, et le voisinage de ces deux localités s’ajoute aux autres considérations pour donner beaucoup de vraisemblance à cette assertion.

[422] Cette démonstration contre Douvres termina la seconde campagne navale de Jean de Vienne, celle qui, commencée vers le milieu du mois d’août, signalée par l’occupation et la dévastation de l’île de Wight, l’attaque de Southampton et de Winchelsea, l’incendie de Poole, se termina devant Calais le 10 septembre environ. Par acte daté de Westminster le 4 de ce mois, Richard II demanda des prières publiques à Simon, archevêque de Canterbury, en faveur de son royaume envahi sur plusieurs points par les Français, «qualiter inimici nostri Franciæ et alii quamplures nos et regnum nostrum Angliæ, in primordiis regiminis nostri, pluribus locis sæpius invaserunt.» (Rymer, III, pars III et IV, p. 69.)