[423] D’après l’auteur de la Chronique des quatre premiers Valois (p. 259), Jean de Grailly, captal de Buch, mourut à Paris, au château du Louvre, vers le mois de septembre 1376.
[424] Jean, seigneur de Gommegnies, avait été institué capitaine d’Ardres en vertu d’une «endenture» intervenue et signée à Calais le 1er décembre 1369 entre Jean, duc de Lancastre, sénéchal d’Angleterre, alors lieutenant en ces parties de France, et le dit seigneur de Gommegnies. Il avait sous ses ordres une garnison composée de 100 hommes d’armes et de 200 archers. Ces 100 hommes d’armes se décomposaient en 1 chevalier à bannière qui était le capitaine, 10 chevaliers bacheliers et 89 écuyers (Rymer, III, 882). La solde de cette garnison était payée avec beaucoup d’irrégularité, surtout pendant les dernières années du règne d’Édouard III. Un mandement de Charles V, en date du 17 juin 1375, nous révèle à ce sujet un fait curieux; il y est fait injonction aux habitants de Soissons, de Saint-Quentin, de Chauny et de Nesle de contribuer pour leur quote-part à la rançon d’un nommé Henri de la Voulte, l’un des deux bourgeois envoyés en Angleterre par la ville de Compiègne comme otages du traité de Brétigny. Or, cette rançon, fixée à 800 francs d’or, était exigée sous peine de mort par le seigneur de Gommegnies, capitaine d’Ardres, auquel le roi d’Angleterre avait livré, à défaut d’espèces sonnantes, Henri de la Voulte, pour en faire argent (Delisle, Mandements de Charles V, p. 588, 589, no 1135).
[425] Le duc de Bourgogne se trouvait à Troyes le lundi 24 août 1377, occupé sans doute, comme le dit Froissart, à faire ses préparatifs et à rassembler ses forces. Le 9 septembre suivant, un acte de la duchesse daté de Dijon (Dom Plancher, Hist. de Bourgogne, III, Preuves, p. XLV) établit que Philippe le Hardi était à cette date absent de son duché (Ibid., Preuves, p. XLI). Mais, dès le 26 du même mois, le duc, déjà de retour de son expédition en Artois et dans le Boulonnais, fit son entrée à Auxerre, où la ville lui présenta, à titre d’offrande et de bienvenue, une queue de vin (Lebeuf, Hist. d’Auxerre, éd. Challe, III, 263). Dom Plancher a publié la liste des chevaliers et écuyers, la plupart bourguignons, qui prirent part à l’expédition de Philippe le Hardi dans le Boulonnais et le Calaisis pendant les trois premières semaines de septembre 1377, en rapportant par erreur cette expédition au mois d’août précédent (Hist. de Bourgogne, III, 564, note IX). Voici les principaux noms qui figurent sur cette liste: «Thibaud de Neufchastel, chevalier banneret, avec un chevalier bachelier et dix escuyers. Regnaud de Trie. Charles de Chambly. Raoul de Chennevieres. Lancelot de Loris. Robin de Maule. Guyot de la Tour. Jean de Seignelay. Guillaume de Vonecq. Jehan de Conflans. Simonet des Exceps. Jehan Angenault de l’Isle. Michaut des Potests. Guillaume Guenaut. Pierre de Voiserie. Jehan de Crux. Jehan de Tintrey. Breton de la Bretonniere. Jehan de Musigny. Thevenin Durée. Le bastart de Chappes. Henri Petitjehan. Guyot de Chambly. Aymart de Marcilly. Bertrand Guay. Auson de Centens. Mahiet de Pommalin. Guillaume le Gras. Erard, seigneur de Crux. Mahiet de Montmorency. Jehan de Digoinne. Jehan de Beaumont. Macé de la Roche. Jehan de Chennevieres. Thomas de Voudenay. Thomas Perlesdits. Jehan de Saint Omer. Perrenot de Rouvres. Tous chevaliers et escuyers.»
[426] Les arbalétriers qui tenaient garnison pour le roi de France à Honfleur, à Harfleur et à Montivilliers prirent part à cette chevauchée du duc de Bourgogne, dont le résultat fut la reddition d’Ardres, d’Audruicq et de quelques autres petites places occupées par les Anglais aux environs de Calais. Par acte daté de Paris le 23 septembre 1377, Charles V fit indemniser les conducteurs de dix voitures, attelées chacune de deux chevaux, qui avaient transporté devant Ardres et Audruicq les armures, arbalètes, harnois et autres habillements de guerre des dits arbalétriers (Delisle, Mandements de Charles V, p. 738, 739, no 1460).
[427] Les compagnons de la garnison anglaise d’Ardres comptaient aussi dans leurs rangs quelques Français. Au mois de février 1376, Charles V octroya des lettres de rémission à un pauvre valet nommé Hennequin Brice, dit le Barbier, originaire de Houlle (Pas-de-Calais, arr. et c. Saint-Omer), âgé de 18 ans, qui avait demeuré pendant trois ou quatre ans au service des Anglais d’Ardres (Arch. Nat., JJ 108, no 164, fo 99).
[428] La forteresse d’Ardres se rendit à Philippe, duc de Bourgogne, le 7 septembre 1377, après trois jours de siège (Grandes Chroniques, VI, 356). Par acte daté de Melun le 22 septembre 1377, Charles V fit mettre une somme de 500 francs à la disposition de son amé et féal chevalier et chambellan Guillaume Guenaut, seigneur des Bordes, institué capitaine d’Ardres, «pour mettre et convertir en certaines reparacions neccessaires en la forteresce d’Ardres, laquelle forteresce a esté rendue nouvellement à nostre obeissance.» (Delisle, Mandements de Charles V, p. 737, no 1457.)
[429] Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Ardres.
[430] Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer. Le château d’Audruicq ne fut pas emporté de vive force; la garnison anglaise qui occupait ce château ne consentit à l’évacuer que moyennant le payement d’une somme assez considérable. Le 22 septembre 1377, Charles V, qui se trouvait alors à Melun, ordonna d’allouer sur les comptes de François Chanteprime une somme de 2000 francs d’or, qu’il avait fait «baillier et delivrer à nos ennemis qui n’a gaires tenoient le chastel d’Audruic es parties de Picardie.» (Delisle, Mandements de Charles V, p. 737, no 1456.)
[431] Si Robert de Béthune, vicomte de Meaux, et Jean, seigneur de Sempy, furent placés à la tête de la garnison d’Ardres, ce ne put être que sous le commandement supérieur de Guillaume Guenaut, seigneur des Bordes, institué le 22 septembre 1377 capitaine de cette place. Voy. plus haut, p. CLII, [note 428].
[432] Charles V fit réparer la plupart des forteresses de cette région et notamment celle du Crotoy, comme on le voit par des lettres de rémission octroyées en octobre 1377 aux maçons employés «es euvres de nostre chastel de Crotoy sur la mer» (Arch. Nat., JJ 111, no 236).