[Note 675: ][(retour) ] Ibid., t. IX, app., p. 497.
[Note 676: ][(retour) ] La liste des gentilshommes servants se trouve en app., Lettres, t. X, p. 519-523. Elle est à peu près complète, voir note de l'éditeur (Cte Baguenault de Puchesse), p. 538, 3.
[Note 677: ][(retour) ] Catherine à La Mothe-Fénelon, ambassadeur de France en Angleterre, 29 juillet 1575, Lettres, t. V, p. 127 et 129.
Aussi les grands pamphlets d'inspiration huguenote ou «politique», qui, surtout après la Saint-Barthélemy, recueillirent sans contrôle les bruits les plus fâcheux pour l'honneur de la Reine et qui cherchèrent à la diffamer jusque dans ses ancêtres, ces Médicis, «confits de vices, d'incestes et de crimes», ne disent rien de cet amour d'arrière-saison. Qu'ils se taisent sur le culte de François de Vendôme pour Catherine, ce n'est pas merveille, car ils ne pouvaient attaquer la Reine sans atteindre son adorateur, et tout complice de la conjuration d'Amboise avait droit au moins au silence respectueux. Mais Troilus de Mesgouez, mignon de la Reine-mère et ennemi d'Élisabeth, la protectrice de la Réforme, quel admirable sujet de déclamation morale et religieuse! Si les protestants ont réservé leur éloquence contre d'autres fautes, c'est qu'ils ignoraient cette passion tardive, et ils l'ignoraient parce qu'elle n'existait pas. A défaut de preuves, ils se fussent contentés de présomptions. Ils prêtaient à Catherine pour favoris ou valets de cœur les gens de son intimité, Gondi[678], «l'étalon», comme ils disaient, et, contre toute vraisemblance, le cardinal de Lorraine, qui, pour être un de leurs ennemis, n'était pas pour cela l'ami de la Reine-mère. De ces charités gratuites, le Discours merveilleux de la vie et déportements... de Catherine de Médicis (1574) renvoyait à plus tard la démonstration: «Je ne veulx pas parler, disait l'auteur anonyme, des vices monstrueux de nostre Reyne-mere ny des aultres [Reines-mères], cette-cy (Catherine) auroit besoin d'un gros volume à part que le temps et les occasions publieront. Je ne parle que du gouvernement»[679]. Le temps et les occasions ne se sont jamais présentés et pour cause. Brantôme, qui a traité si surabondamment des faiblesses des veuves, ne sait rien de celle-là. Catherine en sa vieillesse n'eût pas osé dire, dans une lettre adressée à un de ses confidents et qui devait servir de leçon à sa fille, qu'elle n'avait jamais rien fait contre son «honneur» et sa «réputation», qu'elle n'aurait pas à sa mort à demander pardon à Dieu sur ce point ni à craindre que sa mémoire en fût moins à louer[680]; et Henri III se serait gardé de la citer comme un modèle de «vie incoulpée», si elle n'avait pas été de l'aveu général une femme irréprochable.
L'historien italien Davila, un contemporain, grand admirateur de Catherine, et qui, panégyriste compromettant, ne veut voir dans ses actes que calcul, explique, mais constate lui aussi sa vertu: «A ces qualités (politiques), en furent jointes, dit-il, plusieurs autres par lesquelles bannissant les deffaults et la fragilité de son sexe elle se rendit toujours victorieuse de ces passions qui ont accoutumé de faire forligner du droit sentier de la vie les plus vives lumières de la prudence humaine»[681].
[Note 678: ][(retour) ] Albert de Gondi, duc de Retz, et maréchal de France, particulièrement cher à Charles IX, dont il avait été le gouverneur. Il n'avait que trois ans de moins que la Reine. Quant à Jean-Baptiste de Gondi, ancien banquier à Lyon, et qu'on appelait «le compère» de Catherine, probablement parce qu'ils avaient été parrain et marraine de quelque enfant, il était beaucoup plus âgé qu'elle et passait déjà pour un vieillard quand il épousa, en 1558, la veuve de Luigi Alamanni, l'écrivain diplomate.
[Note 679: ][(retour) ] Discours merveilleux de la vie, actions et déportements de Catherine de Médicis, Paris, 1650, p. 151 ou Archives curieuses, t. IX, p. 99.
[Note 680: ][(retour) ] Catherine à Bellièvre, 25 avril 1584. Lettres, t. VIII, p. 181.
[Note 681: ][(retour) ] H.-C Davila, Histoire des guerres civiles de France, mise en français par Baudouin, Paris, 1657, t. I, ch. IX, p. 544-545.
Quelles que fussent ses raisons pour se bien conduire: fidélité à la mémoire de son mari, prudence, souci de l'opinion publique ou pureté, le fait semble établi--et c'est lui par-dessus tout qui importe, les motifs des actes échappant le plus souvent aux moyens d'investigation de l'histoire.