[Note 667: ][(retour) ] Additions de J. Le Laboureur aux Mémoires de Messire Michel de Castelnau, seigneur de Mauvissière, 1659, t. I, p. 291-292.

[Note 668: ][(retour) ] Dom Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, 1742-1746, t. III, col. 1439-1440.

[Note 669: ][(retour) ] Ibid., col. 1442-1443.

[Note 670: ][(retour) ] J. Pommerol en a tiré un roman historique agréable, qu'il a présenté pour aider à l'illusion comme un travail d'archives, Revue de Paris, 1er mars 1908, p. 1-50 Messieurs les gens de Morlaix.

Mais la fortune de La Roche eut une cause moins sentimentale; il servait d'intermédiaire entre la Cour de France et les fugitifs d'Irlande--comme on le verra plus loin--et, de sa propre initiative par haine de Breton contre les Anglais, ou comme agent occulte de son gouvernement[671], il encourageait sous main l'esprit de révolte dans un pays qui ne se résignait pas à la domination de l'Angleterre. Il est possible aussi que Le Laboureur ait brouillé dans ses souvenirs ce La Roche de Bretagne avec un autre La Roche, Antoine de Brehant, écuyer tranchant de la Reine-mère en 1578, promu premier écuyer tranchant en 1584[672], La Roche qui est à moi, écrit-elle[673], le petit La Roche[674], comme elle l'appelle familièrement, un grand porteur de dépêches, à qui elle légua par testament six mille écus[675], et que de ces deux La Roche, l'un serviteur particulier de la Reine, et l'autre de la politique française, il ait fait un seul et unique personnage promu par la grâce d'un cœur royal aux plus hautes dignités.

En réalité ce prétendu favori de la Reine ne figure pas dans la liste de ses gentilshommes servants, de 1547 à 1585[676], et c'est la preuve qu'il ne résidait pas à la Cour, près de Catherine. Il n'est nommé, dans une lettre d'elle et pour la première fois, qu'en juillet 1575[677] à propos des affaires d'Irlande, comme estant «au duc d'Alençon», alors en disgrâce et qu'Henri III gardait au Louvre en une demi-captivité. La Reine-mère le désigne par le nom de sa province: La Roche de Bretagne, une précision bien inutile en écrivant à l'ambassadeur de France à Londres, si La Roche avait été pour elle, à la connaissance de tous, ce qu'il ne paraît pas qu'il fût. Les distinctions n'étant venues que dans les deux années qui suivirent, comment admettre, à supposer une inclination ancienne, que Catherine eût différé si longtemps d'en acquitter le prix et même qu'elle n'eût jamais attaché à sa personne l'homme qu'elle aimait. Il est encore plus invraisemblable qu'elle se soit éprise de lui sur le tard. A cinquante-sept ans (c'est l'âge qu'elle avait lors de la création du marquisat), une femme qui a jusque-là été sage ne commence pas à cesser de l'être.

[Note 671: ][(retour) ] Voir ch. VIII, p. 63-68.

[Note 672: ][(retour) ] Lettres, t. X, app., p. 523.

[Note 673: ][(retour) ] 17 mai 1579, Lettres, t. VI, p. 366.

[Note 674: ][(retour) ] Lettres, t. VI, p. 132; t. VII, p. 47, 75, 239 et passim.