[Note 828: ][(retour) ] Ch. II, p. 49-51.

[Note 829: ][(retour) ] Lucien Romier, Les Origines politiques des guerres de religion, t. I, p. 150, note 2.

Elle ne tint pas rigueur à ses autres cousins, les Salviati, d'avoir pris parti pour le duc de Florence, Côme. L'évêché de Saint-Papoul en Languedoc leur fut réservé comme un fief ecclésiastique. Quand Jean, le fils de Jacques Salviati et de Lucrèce de Médicis, résigna, il eut pour successeur Bernard, déjà grand aumônier, et celui-ci promu au cardinalat fut remplacé à son tour à Saint-Papoul par Antoine-Marie Salviati. Un autre Salviati est aumônier ordinaire.

Elle s'était toujours louée, depuis son arrivée en France, des soins d'une de ses dames, Marie-Catherine de Pierre-Vive, bourgeoise lyonnaise, mariée à un petit gentilhomme florentin, Antoine de Gondi, notable commerçant à Lyon[830]. Ce fut l'origine de la fortune des Gondi. Albert, pour ne citer que les plus marquants, premier gentilhomme de la chambre de Charles IX, fut nommé maréchal de France sans avoir porté les armes, et sa baronnie de Retz érigée en duché-pairie; Pierre fut évêque de Langres, cardinal, évêque de Paris et l'ancêtre d'une famille épiscopale, qui, d'oncle à neveu, se continua pendant presque un siècle[831].

[Note 830: ][(retour) ] Corbinelli, Histoire généalogique de la maison de Gondi, Paris, 1705, 2 vol. Antoine de Gondi, père du duc de Retz, t. II, p. 2. Sur le «négoce des Gondi», le généalogiste est muet. Aussi faut-il suppléer à son silence avec quelques indications d'archives du comte Charpin de Feugerolles, les Florentins à Lyon, 1894, p. 119, 120 et passim.

[Note 831: ][(retour) ] Corbinelli, t. II, p. 25-29 et p. 61.

Catherine employa comme négociateurs d'autres Florentins, les Gadagne, les D'Elbene, qui arrivèrent aussi à Paris par l'étape de Lyon.

On relève dans la liste de ses dames les plus grands noms de Florence, une Cavalcanti, une Tornabuoni, une Buonacorsi. Elle avait attaché à sa personne les filles de Louis Pic, comte de la Mirandole, ce vieux client de la France, et en maria deux à des La Rochefoucauld.

C'est à elle que s'adressaient comme à leur protectrice naturelle tous les Italiens, bannis politiques, lettrés, écrivains, jurisconsultes, artistes, qui cherchaient en France une situation ou un refuge. Elle les secourt, les place, et, solliciteuse infatigable et sans discrétion, les recommande à tout le monde.

Elle avait à un haut degré le sens, très italien, des devoirs du patron envers sa clientèle.