[Note 1014: ][(retour) ] Ibid., t. VII, p. 40, note 2.

[Note 1015: ][(retour) ] Ibid., p. 83. Cf. 114. Il y a des détails sur le séjour du Duc à Grenoble dans les Mémoires d'Eustache Piémond, notaire royal-delphinal, Valence, 1885.

[Note 1016: ][(retour) ] Ce traité fut négocié par Jean de Bellièvre, sieur de Hautefort, et signé par Nicolas de Harlay, sieur de Sancy, qui était protestant: Ed. Rott, Histoire de la représentation diplomatique de la France auprès des cantons suisses, de leurs alliés et confédérés, Berne et Paris, t. II, 1902, p. 231-234. Sur les prétentions et les projets du Duc, si contraires à la couronne de France, voir p. 225, et sur le traité de Lucerne, voir encore p. 233.

[Note 1017: ][(retour) ] Lettres, t. VII, p. 117-118, 4 septembre 1579.

[Note 1018: ][(retour) ] 12 septembre, Lettres, t. VIII, p. 126.

Catherine était impatiente de revoir après treize mois de séparation ce qu'elle avait «le plus cher en cet monde», son fils. Henri III décida d'aller au-devant d'elle jusqu'à Lyon. «Quant à la reyne ma mère, écrivait-il à Villeroy, je croys ce qu'elle mande de Daufiné, provinsse byen brouillée, mais j'espère [qu'elle] i (y) donnera ordre.... Je ay veu ce que dit Lesdiguières; toutes choses byen esloignées de ce qu'il nous fault comme aussy du maréchal de Belleguarde qui mant (ment) comme tous les autres, et, si j'ose dire, M. de Savoye... nous andort si nous le voulons estre. Bref toutes ces paroles et lètres des uns et des autres ne sont que songes et mensonges; bien abylle (habile) qui s'an peust guarder.... Et plus n'an diz (je n'en dis pas plus) sinon qu'il nous faust resouldre d'aller à Lyon, car la bonne famme (c'est sa mère qu'il veut dire) le veult et me l'escrit trop expressément pour y faillir.... Adieu. Je suis dans le lict de lasseté (lassitude) de venir de jouer à la paulme»[1019]. Ce mélange de pénétration et de paresse, de connaissance des hommes et de dégoût de l'action, de tendresse filiale et d'irrévérence, n'est-ce pas Henri III peint par lui-même? Mais, au moment de partir, il fut pris d'une douleur d'oreilles si aiguë que son entourage pendant vingt-quatre heures désespéra de sa vie (10 septembre)[1020]. Catherine, avertie de la crise, allait courir à Paris quand elle reçut la nouvelle que tout danger était passé. «Ma Comere, écrivait-elle à la duchesse d'Uzès, j'é aysté bien afligée et non sans cause, car c'èt ma vye et san cela je ne veulx ni vyvre ni estre.... Quant je y panse au mal qu'il a eu, je ne sè set [ce] que je suys, je loue mon bon Dyeu de me l'avoir redouné et luy suplye que se souyt (ce soit) pour son temps plus que ma vye et que tant que je vyve [je] ne luy voy mal. Croyés que c'et une extrème pouyne (peine) d'estre louyn de cet (loin de ce) que l'on ayme come je l'ayme et le savoyr malade, c'est mourir à petyt feu.» S'il eût continué d'être non pas en un si grand mal, mais seulement malade, elle eût tout laissé, «car je ne povés plus endurer d'uyr (ouïr) dire: yl a mal et ne le voyr»[1021].

[Note 1019: ][(retour) ] Lettres, t. VII, p. 77, note 1.

[Note 1020: ][(retour) ] 14 septembre, Lettres, t. VII, p. 129; Ibid., 15 septembre, p. 130. Le Roi avait eu une première atteinte le 3 septembre et après une promenade au château de Madrid, une crise d'otite aiguë, le 10 septembre; Mémoires-Journaux de L'Estoile, éd. Jouaust, I, p. 332-333.

[Note 1021: ][(retour) ] Lyon, 18 septembre, Lettres, t. VII, p. 134.

Elle s'imposa de rester pour assurer son repos et la paix du royaume. Henri III alla faire un pèlerinage à Chartres et de là un voyage en Normandie en vue de rétablir l'ordre dans cette province fort troublée[1022].--Elle continua, loin de lui, à négocier pendant un mois avec Bellegarde et Lesdiguières. Mais elle était pressée d'en finir. Son fils lui avait envoyé un «pouvoir» daté du 13 septembre, autorisant le maréchal de Bellegarde à commander au marquisat de Saluces[1023]. C'était une capitulation. Mais elle excellait à sauver la face. Le rebelle n'ayant pas consenti à passer la frontière, elle lui donna rendez-vous à Montluel, dans un château du duc de Savoie. Elle le reçut, entourée des princes et des conseillers de sa suite, en présence d'Emmanuel-Philibert, son hôte (17 octobre). Bellegarde se mit à deux genoux devant elle et déclara qu'il avait «extrème regret et déplaisir» de sa conduite et «qu'il vouldroit avoir perdu la moitie de son sang et que cela ne luy feust advenu». Il la pria d'«intercedder envers le Roy de luy pardonner» et, en signe d'obéissance, remit «à ladicte Dame es mains du Roy ledict marquisat». Elle prit acte de sa soumission, et «puisqu'il l'asseurait de la fidélité et affection qu'il vouloit toute sa vie porter au service du Roy son filz, comme son debvoir le luy commandoit», elle lui fit délivrer les lettres-patentes qui le rétablissaient en sa charge. Au prix d'une humiliation de forme, il devenait le possesseur paisible d'un gouvernement usurpé[1024].