[Note 1022: ][(retour) ] Il y aurait eu des troubles assez graves et même une émeute à Rouen, si le secrétaire de Jérôme Lippomano est bien renseigné. Tommaseo, Relations des ambassadeurs vénitiens, t. II, p. 451.
[Note 1023: ][(retour) ] Lettres, t. VII, app., p. 441-442.
[Note 1024: ][(retour) ] Lettres, t. VII, app., p. 438-439.
Quant à Lesdiguières, il persista toujours à refuser les entrevues qu'elle lui proposait même en terre savoyarde[1025]. Elle en fut réduite à charger Bellegarde de négocier avec son complice un accord ou plutôt une trêve entre catholiques et protestants, qui fut publiée au commencement de novembre à Monestier de Clermont[1026].
[Note 1025: ][(retour) ] Actes et correspondances du connétable de Lesdiguières, t. I, Introd., p. XXVIII-XXIX. Lettres, t. VII, p. 192, note. Roman, Catherine de Médicis en Dauphiné, Grenoble 1883; Dufayard, Le connétable de Lesdiguières, 1892, p. 57-61. Bellegarde mourut deux mois après sa réconciliation avec le Roi à Saluces (20 décembre). On a naturellement accusé Catherine de l'avoir fait empoisonner (voir les références de M. le Cte Baguenault de Puchesse, Introd. au t. VII des Lettres, p. XIII et XIV). Bellegarde a pu mourir très bien de la gravelle dont il souffrait depuis longtemps.
[Note 1026: ][(retour) ] Lettres, t. VII, p. 192, note.
Il était temps qu'elle rejoignît son fils. L'agitation, qui semblait apaisée dans le Midi, avait gagné le Nord et l'Est. Pendant la dernière partie de son voyage il lui était venu de ces régions des nouvelles inquiétantes. Il y avait eu des soulèvements de paysans en Basse-Normandie et même une émeute à Rouen[1027]. Des grands seigneurs de la province, La Rocheguyon, Cantelou, Pont-Bellenger, étaient compromis dans ces remuements et même suspects d'avoir voulu enlever le Roi à Saint-Germain. Ils avaient pris le large et s'étaient retirés en Lorraine, à Commercy, dont La Rocheguyon était damoiseau[1028]. Le bruit courait que le seigneur de La Petite-Pierre, un protestant, poussé sous main, disait-on, par le duc de Guise, projetait une entreprise sur Strasbourg[1029]. Des soldats et des gentilshommes en petites troupes se dirigeaient de différents points du royaume vers la Lorraine et la Champagne, où elles se massaient. Quelques-unes de ces bandes envahirent la Franche-Comté, qui appartenait à Philippe II, pillèrent le plat pays et prirent trois châteaux. Catherine a certainement compris que cette attaque était, comme celle de l'an précédent, une simple diversion pour occuper les Espagnols, diviser leurs forces et faciliter au duc d'Anjou l'attaque des Pays-Bas.
[Note 1027: ][(retour) ] Relation du secrétaire de Jérôme Lippomano, l'ambassadeur vénitien. Tommaseo, Relations des ambassadeurs vénitiens, t. II, p. 451.--Floquet, Histoire du Parlement de Normandie, t. III, 1841, règne de Henri III, n'en dit rien.
[Note 1028: ][(retour) ] Damoiseau, nom donné à des vassaux de seigneurs ecclésiastiques. Le suzerain de Commercy, c'était l'évêque de Metz.
[Note 1029: ][(retour) ] La Petite-Pierre ou Lützelstein, châtellenie lorraine dans les Vosges.