[Note 1186: ][(retour) ] Relation de Du Mesnil Ouardel, app., Lettres, t. VIII, p. 397.--Cf. Conestaggio, Dell'Unione del regno di Portogallo alla Corona di Castiglia, 1642, liv. IX, p. 253-278.
[Note 1187: ][(retour) ] Il s'en vante dans une relation dont il est question dans une lettre de Villeroy à Henri III, 12 septembre 1582, Lettres, t. VIII, p. 405.
Plus de trente navires retournèrent en France sans avoir combattu. C'était un désastre et une honte.
L'opinion s'émut du récit triomphal que Santa-Cruz publia de sa victoire et de ses exécutions (septembre)[1188]. Henri III en fut indigné. «J'ay l'escryst d'Espagne, il nous faust vanger avant l'an et jour, s'il est possible, de l'Espagnol»[1189]. Catherine, que les mignons avaient un jour humiliée jusqu'à lui faire refuser l'entrée de la chambre royale, venait, par un revirement subit, d'être chargée de tout le pouvoir, à la suite d'une crise de mélancolie aiguë, où le Roi «était lui-même en doute de ne pas devenir fou et finir sa vie violemment»[1190]. Elle profita de sa colère pour renforcer l'armée des Pays-Bas. Elle avait fait passer au Duc des reîtres. Elle leva des Suisses et enrôla en France des gens de pied et de cheval. Elle mit à leur tête le jeune duc de Montpensier, François de Bourbon, à qui elle envoya la solde des Suisses[1191]. Elle lui avança 3 000 écus pour les vivres de l'armée sur les 50.000 qu'elle cherchait à se procurer, «par emprunt soubz l'obligation particulliere d'aucuns des principaulx du Conseil du Roy»[1192].
[Note 1188: ][(retour) ] Dès le 28 août, l'agent florentin à Paris, Busini, savait que la flotte de Strozzi et de Brissac avait été battue par les Espagnols. La nouvelle certaine du désastre, car des bruits contraires circulaient, arriva à Saint-Maur où était la Reine-mère le 11 septembre 1580 (Lettres, t. VIII, p. 405). La bibliographie de l'affaire des Açores dans Lettres de Catherine, t. VIII, introd. p. IX.
[Note 1189: ][(retour) ] Lettres, t. VIII, p. 61, note 2.
[Note 1190: ][(retour) ] Albertani au grand-duc, d'après un avertissement de Cavriana, un Mantouan très intelligent, qui avait été le médecin de Claude de Lorraine et qui le fut de Catherine de Médicis, Négociations diplomatiques, t. IV, p. 443, 15 juillet 1582.
[Note 1191: ][(retour) ] 13 octobre 1582, Lettres, VIII, p. 67.
[Note 1192: ][(retour) ] 29 octobre, ibid., p. 68.
Pour prévenir un revirement du Roi, elle suppliait Montpensier de débarrasser au plus tôt le royaume de ces gens de guerre, dont les pilleries et les oppressions faisaient «horreur à en ouyr parler»[1193] et de les conduire droit à son fils le duc d'Anjou, qui en avait «bon besouing pour estre (étant) ceul»[1194]. Qu'il forcât «toutes les dyficultés» et passât immédiatement en Flandres «en sorte que après tant de maulx et dommaige que en a souffert le peuple, elle (cette armée) puisse enfin rendre quelque utile service à mondict fils»[1195]. Henri III écrivit expressément au sieur de Crèvecœur, son lieutenant général en Picardie, de faciliter le ravitaillement de ces troupes. Elle commanda elle-même au sieur de Puygaillard de les côtoyer avec les compagnies d'ordonnance jusque «sur la lizière de France»[1196]. D'après le duc de Parme qui exagérait, probablement à dessein, de moitié, cette armée de secours aurait monté à 22 000 fantassins et 5 000 chevaux[1197]. Le maréchal de Biron, qui passait pour le meilleur homme de guerre de France, devait la commander en chef: il l'avait devancée aux Pays-Bas.