[Note 1259: ][(retour) ] Déclaration du 20 juillet 1584, Ibid., t. VIII, app., p. 444.

[Note 1260: ][(retour) ] A M. de Maisse, 12 septembre 1584, Ibid., t. VIII, p. 219.

Elle battait en retraite, comme toujours, sur un air de bravoure. En cas d'agression, «la France ne se trouvera poinct tant despourveue de moyens qu'elle n'ayt de quoy se deffendre et repoulser l'injure que l'on luy vouldra faire»[1261]. Mais les actes juraient avec les paroles.

Le 2 juillet 1584, elle avait défendu aux députés des États généraux d'avancer plus loin que Rouen, où ils venaient de débarquer[1262]. Le 9 avril 1585, elle leur refusa formellement tout concours[1263] et, avec de vagues assurances de bonne volonté, elle les abandonnait à leur sort[1264]. Son fils mort, il ne fut plus question que d'échapper aux représailles.

[Note 1261: ][(retour) ] Ibid., t. VIII, p. 219.

[Note 1262: ][(retour) ] Ibid., t. VIII, p. 193.

[Note 1263: ][(retour) ] Ibid., t. X. p. 470.

[Note 1264: ][(retour) ] Sa revanche contre Philippe II se borna désormais à suivre avec une sympathie rancunière les déprédations du fameux corsaire anglais, Drake, dans les mers et les colonies espagnoles. Lettre à Châteauneuf, ambassadeur de France en Angleterre, 30 juin 1586, t. VIII, p. 18 et à Villeroy, 15 août 1586, t. VIII, p. 32. Dans sa galerie de portraits des souverains et des princes, elle avait admis celui de ce simple chef d'escadre, honneur significatif. Bonnaffé, Inventaire, p. 77, no 179.

Aussi bien Catherine n'avait jamais eu l'idée de fonder un empire colonial ni même de reculer les limites du royaume. Tout son effort tendit à pourvoir au dehors l'un de ses fils pour l'empêcher de «brouiller» contre l'autre au dedans. L'expédition des Açores et le projet de descente au Brésil, comme aussi sa participation à l'envahissement des Flandres, n'ont pas eu d'autre objet. Tout au plus peut-on supposer qu'elle a, par vanité personnelle, détourné vers le Portugal des forces qui eussent trouvé un meilleur emploi aux Pays Bas. Mais les conquêtes sur terre et sur mer l'intéressaient par-dessus tout comme un moyen de rétablir ou de maintenir l'accord entre ses enfants: préoccupation maternelle, qui, si légitime qu'elle paraisse, exclut l'idée d'une grande politique.

L'annexion de la ville de Cambrai fut tout le bénéfice--et si vite perdu--de ce dessein familial. Ces agressions couvertes irritèrent Philippe II plus qu'une guerre franche. Enfin elles épuisèrent le royaume. Il est d'usage d'imputer la détresse financière aux prodigalités d'Henri III. Mais il ne faudrait pas oublier le prix des entreprises continentales et maritimes pour faire vivre en paix deux frères ennemis.