[Note 90: ][(retour) ] Le 141e de la Vulgate est le 142e du Psautier hébreu et huguenot, la Vulgate ayant réuni en un seul les psaumes IX et X du texte hébraïque original (O. Douen, Clément Marot et le Psautier huguenot, t. I, 1878, p. 284, note 5, et p. 285).
[Note 91: ][(retour) ] Joannis Calvini Opera quae supersunt omnia, éd. Baum, Cunitz, Reuss, t. XVII, col. 614-615.
Catherine, toujours déférente, fit fête aussi aux «chansons folles»[92].
Ce n'est pas merveille qu'avec cette bonne volonté, elle ait réussi à retourner l'opinion. L'ambassadeur vénitien, Matteo Dandolo, disait dans sa Relation de 1542: «Elle est aimée et caressée du Dauphin, son mari, à la meilleure enseigne. Sa Majesté François Ier l'aime aussi, et elle est aussi grandement aimée de toute la Cour et de tous les peuples, tellement qu'à ce que je crois il ne se trouverait personne qui ne se laissât tirer du sang pour lui faire avoir un fils»[93].
[Note 92: ][(retour) ] Etait-ce la traduction ou des imitations du poète latin faites par des poètes de la Renaissance, ou les Odes même d'Horace, que l'on trouve déjà dans un livre publié à Francfort, en 1532, mises en musique à quatre voix, sur des airs populaires de l'époque: Melodiae in Odas Horatii, Et quaedam alia carminum genera, Francofordiae, 1532. (Catalogue de la Bibliothèque de feu M. Ernest Strœhlin, professeur honoraire à l'Université de Genève, publié par la librairie Emile Paul et Guillemin, Paris, 1912). Consulter P.-M. Masson, Les Odes d'Horace en musique au XVIe siècle, Revue musicale, 1906 (t. VI), p. 355 sq.
[Note 93: ][(retour) ] Alberi, Relazioni degli ambasciatori veneti al Senato, serie Ia, Francia, t. IV, p. 47.
Elle craignait d'être répudiée comme stérile, depuis que son mari avait su par expérience qu'il pouvait avoir des enfants. En 1537, lors de sa campagne en Piémont avec le connétable de Montmorency, il connut à Moncallier (Moncalieri) une jeune fille, Philippa Duc, sœur d'un écuyer de la grande Écurie, Jean-Antoine, et eut d'elle une fille qu'il légitima plus tard sous le nom de Diane de France et maria à Hercule Farnèse, duc de Castro. Les anciens adversaires du mariage florentin crurent tenir leur revanche. «Il y eust, dit Brantôme, force personnes qui persuadèrent (c'est-à-dire conseillèrent) au Roy et à M. le Dauphin de la répudier, car il estoit besoing d'avoir de la lignée de France». Il assure que «ny l'un ny l'autre n'y voulurent consentir tant ils l'aymoient»[94]. Mais Brantôme n'était pas né en 1538 et ne parle que par ouï-dire. L'ambassadeur vénitien, Lorenzo Contarini, qui écrivait treize ans après la crise, rapporte au contraire que le beau-père et le mari étaient décidés au divorce, et que Catherine réussit à les fléchir. Elle alla trouver le Roi et lui dit que pour les grandes obligations qu'elle lui avait, elle aimait mieux s'imposer cette grande douleur que de résister à sa volonté, offrant d'entrer dans un monastère, «ou plutôt, si cela pouvait plaire à Sa Majesté, de rester au service de la femme assez heureuse pour devenir l'épouse de son mari»[95].
[Note 94: ][(retour) ] Brantôme, éd. Lalanne, VII, p. 341.
[Note 95: ][(retour) ] Alberi, Relazioni degli ambasciatori veneti al Senato, serie Ia, Francia, t. IV, p. 73.
François Ier, ému de sa peine et de sa résignation, lui aurait juré qu'elle ne serait pas répudiée. Mais elle appréhendait sans doute un retour offensif de la raison d'État. Elle employait tous les moyens pour avoir des enfants, prenant les remèdes des médecins, buvant les drogues que lui envoyait le Connétable, et recourant à l'expérience de sa dame d'atour, Catherine de Gondi, mère d'une nombreuse famille. Enfin, après dix ans de mariage, le 20 janvier 1544, elle mit au monde un fils, dont la naissance fit pleurer de joie le Roi et sa sœur Marguerite et fut célébrée à l'égal d'une victoire par Marot, Mellin de Saint-Gelais et Ronsard.