[Note 478: ][(retour) ] Lettres, t. II, p. 297, 6 juillet 1565.
[Note 479: ][(retour) ] Philippe II au cardinal Pacheco, 24 août dans Lettres de Catherine, t. II, p. 301-302, en note. Dans sa lettre du 6 juillet à Philippe II, Lettres, t. II, p. 297, Catherine l'assurait de la volonté et zèle «que avons à nostre religion et envie de voir toutes chauses au contentement du servise de Dyeu, chause que n'oubliron et metron payne de si bien aysecuter (exécuter) qu'il (Philippe) en aura le contantement et nous le bien qu'en désirons». Ce n'était pas beaucoup s'engager.
[Note 480: ][(retour) ] Lettre de D. Francès de Alava au Secrétaire d'État espagnol Eraso, citée par Combes, Lectures historiques, II, 259: «Temola por la confusion que en ella siento ay algunas vezes y lo que anteveo que an de martillar estos eresiarcas y otros que aunque no tienen nombre d'ello, lo son». Combes prenant «eresiarcas y otros», qui est le sujet, pour un complément traduit: «J'éprouve des craintes par le trouble que je sens qu'il y a parfois chez elle et parce que je prévois qu'on doit marteler les hérésiarques et d'autres qui le sont, sans en avoir le nom.» C'est un contre-sens, d'où Combes a tiré la preuve que le massacre de la Saint-Barthélémy fut décidé à Bayonne. D'ailleurs «marteler» (frapper à coups de marteau) se dit martelar, et non amartillar ou martillar, qui signifie: mettre martel en tête.
[Note 481: ][(retour) ] Ch. Weiss, Papiers d'Etat du cardinal de Granville, t. IX, p. 481 (Coll. Doc. inédits).
Mais les protestants s'inquiétèrent avec raison de cette rencontre où ils pensaient bien que les affaires religieuses avaient été examinées; et plus tard, après la Saint-Barthélemy, ils s'imaginèrent sans raison que le massacre y avait été décidé. Il est vrai que des paroles de sang ont été prononcées à Bayonne; mais les propos qu'on peut croire authentiques ont été tenus par quelques catholiques français. C'est le confesseur du duc de Montpensier qui dit au duc d'Albe: «Le moyen le plus expéditif serait de trancher la tête à Condé, à l'Amiral, à d'Andelot, à La Rochefoucauld.» Et quand même le représentant de Philippe aurait, lui qui s'en défend, conseillé à Catherine «que l'on usât.... de la rigueur des armes pour exterminer»[482] ceux de l'autre religion, où est la preuve que Catherine ait donné son acquiescement? Il est probable que si Philippe II avait consenti aux mariages, elle eût interprété plus rigoureusement l'Édit de pacification, mais peut-être aussi se serait-elle dispensée, sous un prétexte ou sous un autre, de tenir sa parole.
[Note 482: ][(retour) ] Lettres de Catherine, t. II, introd. LXXXIX. Déclaration du duc d'Albe à Saint-Sulpice ambassadeur de France en Espagne.
Après cette prétendue entente de Bayonne, les rapports entre les deux Cours ne cessèrent d'empirer[483]. Les Espagnols entravèrent le projet de mariage entre Charles IX et l'aînée des archiduchesses d'Autriche, et Catherine différa un an encore de rentrer à Paris, où elle avait promis d'être en novembre 1565 «pour arranger les choses de la religion». Dans une lettre écrite de Cognac à la duchesse de Guise, elle lui parlait d'un bal «où tout dense, huguenots et papistes ensemble, si bien» que «set (si) Dieu volet que l'on feust ausi sage alleur, (ailleurs, c'est-à-dire dans le reste du royaume) nous serions en repos»[484].
[Note 483: ][(retour) ] Ils n'étaient pas bons auparavant. Quelques mois avant l'entrevue (22 Janvier 1565) Catherine écrivait à Saint-Sulpice, son ambassadeur à Madrid, qu'en Flandre les Espagnols «nous font sant (cent) alarmes, qui me fayt quelquefois douter qu'il (Philippe) aye anvye de comenser la guerre et non pas de me voyr». Lettres, X, p. 150. Elle se plaignait dans une lettre à la Reine d'Espagne, sa fille, des «yndinité» (indignités) qu'on faisait au Roi, son fils.
[Note 484: ][(retour) ] Lettres, II, p. 315, 30 août 1565.
Mais les deux partis restaient sur le qui-vive. Le chancelier de L'Hôpital, dans ce large esprit de tolérance qui l'inclinait toujours plus vers la minorité dissidente, avait, sans consulter le Conseil, envoyé au parlement de Dijon, pour y être enregistré, un Édit qui permettait aux réformés, dans les villes où l'exercice de leur culte n'était pas autorisé, d'«appeler toutes et quantes fois que bon leur sembleroit les ministres de ladite religion pour estre par eulx consolez en ladicte religion et endoctrinez et pareillement endoctriner et instruire leurs enfans.» Le Parlement avait protesté, mais aucun des maîtres de requêtes du Conseil n'avait voulu rapporter cette protestation qui visait le Chancelier. Le cardinal de Lorraine s'en chargea et dénonça cette interprétation de l'Édit de pacification qui aboutissait à autoriser les réunions secrètes, contrairement à ce même Édit. Le cardinal de Bourbon s'écria que puisqu'on faisait des Édits sans consulter le Conseil, «il ne falloit plus de Conseil et que de luy (quant à lui) il n'y assisterait jamais». Le Chancelier s'échappa jusqu'à dire au cardinal de Lorraine: «Mr, vous estes desja venu pour nous troubler». L'autre riposta: «Je ne suis venu pour troubler, mais pour empescher que ne troubliez comme avez faict par le passé, belistre que vous estes». Et les deux Cardinaux, se levant, allèrent trouver la Reine, alors malade, en sa chambre. Elle les apaisa du mieux qu'elle put et envoya son fils, le duc d'Anjou, présider la séance du Conseil qui avait été interrompue par cette dispute. L'édit du Chancelier fut cassé et annulé.