Le 26, vendredi.—M. le maréchal d'Ornano[600], qui ne l'avoit jamais vu, lui fait la révérence, la larme à l'œil.

Le 28 juin, dimanche.—M. [le prince] et Mme la princesse de Condé, fille de M. le connétable, arrivent. Piedro Guichardini, ambassadeur du nouveau grand-duc de Toscane[601], lui apporte des lettres de sa part, de son frère et de la Grande-Duchesse.

Le 2 juillet, jeudi, à Fontainebleau.—A une heure il va trouver le Roi, qui le mène au conseil, où il alloit pour entendre les avis divers qui se proposoient par diverses personnes, sur le fait et changement des monnoies; le Roi le tenoit entre ses jambes; la Reine aussi y assista. C'est la première fois qu'il a été au conseil.

Le 4, samedi.—Mené à la messe, puis à la grande galerie pour voir le Roi, qui couroit la bague; il l'emporta une fois. Les dames étoient aux fenêtres d'en haut du pavillon, et entre les autres Mme la princesse de Condé.

Le 5, dimanche.—Il va en la grande galerie pour voir le Roi courant la bague, qui de cinq courses fit trois dedans. Après souper il va chez LL. MM., et, du corridor, regarde le Roi, qui étoit en la cour prenant plaisir Juil
1609 à jeter des fusées; mené au bal, où il dansa gaiement. M. de Vendôme fut épousé[602] entre une heure et deux heures après minuit. Mme de Mercœur envoya au Dauphin une petite chaîne de chiffres d'or où pendoit un Hercule enrichi de petits diamants, et, à la base au-dessous, étoient écrits ces mots: La grandeur de ton père et la vertu te font plus grand qu'Hercule.

Le 6, lundi, à Fontainebleau.—A déjeûner il hume trois cuillerées de bouillon pour l'amour de Mme la princesse de Condé et deux pour Mlle de Fonlebon, sa maîtresse[603]. Après souper il va chez le Roi, le regarde jetant des fusées, puis monte en la chambre de Mme la princesse de Condé; il en étoit piqué.

Le 7, mardi.—A cinq heures il accompagne, en la chapelle basse, le Roi, qui conduisoit Mlle de Mercœur pour épouser; M. de Gondi, évêque de Paris, l'épousa à M. de Vendôme, fils naturel du Roi. Soupé à six heures et demie en la salle du cheval, où se faisoit le festin royal, les princes servant, puis il va à la salle du bal, où se dansa le grand bal; il conduisoit la Reine.

Le 8, mercredi.—Il s'amuse à faire copier une chanson d'amour et à marquer la note de l'air. Mené chez LL. MM., et à cinq heures à la grande galerie, d'où il voit le Roi courant la bague. A six heures et demie soupé, puis mené chez LL. MM., il va à onze heures avec eux en la salle du cheval, où il a vu danser le ballet des preneurs d'amour avec des faucons, des furets et par des pêcheurs, etc., de l'invention du sieur de Bonières. Ramené à une heure et demie après minuit.

Le 11, samedi.—A neuf heures étudié; M. Des Yveteaux le tenoit entre ses jambes, à la vue de M. de Souvré et de Mme de Saint-Luc; écrit, dansé, tiré des armes.

Juil
1609