Le 7, mercredi.—Il rencontre le Roi, qui fait semblant de ne le point voir; il crie; le Roi se retourne, va à lui et l'embrasse. Au sortir de la messe, Engoulevent[50] se met à chanter et le Dauphin aussi; le Roi y prend plaisir pour un peu de temps. A cinq heures arrive Bartholomæo Pusuynki, Polonois, clerc de la chambre et nonce extraordinaire de Sa Sainteté vers le Roi, conduit par M. de Sillery. Mme la comtesse de Guichen[51], Août
1602 lui envoye une épée par M. de Frontenac en présence du nonce. Le Roi et la Reine en ont pris grand divertissement.

Le 9 août, vendredi, à Saint-Germain.—Au sortir du jardin il rencontre le Roi, qui entroit; caresses accoutumées, réciproques.

Le 10, samedi.—Le Roi, et la Reine partent et lui disent adieu, fort contents.

Le 21, mercredi.—A trois heures et demie mis dans le carrosse et porté au bâtiment neuf, pour l'éloigner de Messieurs, qui avoient eu la rougeole[52].

Le 22, jeudi.—A deux heures, le clarissimo Marino Cavalli, ambassadeur de Venise, entre en la balustre, ayant demandé permission à Mme de Montglat, le salue, baise sa main, et puis embouche (sic) la sienne, et peu après se couvre. On met au Dauphin son épée au côté et son chapeau en tête, qu'il enfonce en mauvais garçon; il bat fort et ferme le tambour avec les deux baguettes. L'ambassadeur prend congé de lui et baise sa main, puis embouche la sienne.

Le 25, dimanche.—Promené; mis aux fenêtres pour le faire voir à grand nombre de peuple venu pour le voir[53], dont la plus part s'est mis à genoux et plusieurs les larmes aux yeux.

Le 5, jeudi.—A douze heures trois quarts Mme de Longueville laisse à Saint-Germain M. son fils.

Le 6 septembre, vendredi, à Saint-Germain.—M. Pary, chevalier de la Jarretière, ambassadeur extraordinaire d'Angleterre devers le Roi, le vient voir, parle à Mme de Montglat, ayant fait une révérence de la tête, de loin, à M. le Dauphin, puis, s'approchant de lui, en fait une autre et se met à se promener avec la dite dame.

Sept
1602

Le 8 septembre, dimanche, à Saint-Germain.—On porte le pain bénit au Dauphin; il tenoit le goupillon, fait ses affaires à croupeton sur le tapis; le goupillon qu'il tenoit s'y mêle, et si l'aumônier n'y eût pris garde, en donnant de l'eau bénite il en eût donné.