Le 16, vendredi, à Saint-Germain.—Mme de Montglat, par mégarde, lui tournoit le dos; il lui a dit: Il faut pas tourner le cu à moucheu le Dauphin.
Le 19, lundi.—Il voit dresser son lit avec une extrême allégresse, est mis dans son lit pour la première fois[110].
Le 24, samedi.—Étant à la messe, Mlle Bélier lui donne une image d'un crucifix, lui disant que c'étoit le bon Dieu. M. l'aumônier élevant l'hostie, elle lui dit: «Monsieur, regardez le bon Dieu.» Il répond: C'est encore le bon Dieu? L'aumônier élevant le calice, elle lui en dit autant; il répond: C'est le bon Dieu, en montrant sa figure, et là? ajoute-t-il en montrant le calice. «Cela, dit-elle, est le sang du bon Dieu»; il répond: Buvons-nous du sang?
Le 27, mardi.—Il s'arme pour aller au devant de M. de Rosny avec sa pique.
Le 28, mercredi.—Éveillé à sept heures, il se met en mauvaise humeur, égratigne Mme de Montglat, est fouetté. Juil
1604 Labarge lui demande: «Monsieur, vous plaît-il que je mette Marguerite en prison?» Il répond: Non.—«Pourquoi, Monsieur?»—Vous êtes pas de mes archers de mes gardes!—«Que suis-je donc?»—Archer de ma garde-robe.
Le 31 juillet, samedi.—Il va chez M. de Frontenac, qui lui baille une petite arquebuse et un petit fourniment, qu'il fait mettre sur soi, et s'en transporte d'aise.
Le 4 août, mercredi.—M. de Montglat lui demande: «Monsieur, me donnez-vous rien à souper?» Il répond: Mon reste.—«Monsieur, voilà maman dondon[111], qui a un cul de ménage où il y à boire et à manger.» Il répond: Et moi aussi.
Le 5, jeudi, à Saint-Germain.—A huit heures et demie dévêtu; Mlle de Vendôme lui demande: «Monsieur, coucherai-je avec vous?». Il répond brusquement: Ho! ho! vous n'êtes pas l'Infante. Mis au lit, Mlle de...[112].... lui en demande autant: «Monsieur, vous plaît-il que je couche là avec vous?» Il répond résolûment: Êtes-vous l'Infante?—«Oui, monsieur,» dit-elle. Il répond: Non, vous n'êtes pas l'Infante.
Le 6, vendredi.—Il se joue dans son lit à ses petites armes, chante une chanson qu'il avoit ouï chanter: A Paris, su petit pont, le poil du...[113] s'étant failli pour dire le coil du pont. Levé à neuf heures et demie, déjeuné, il mange assis, ayant devant lui ses petites besognes d'armes, pendant que le sieur Decourt, peintre du Roi, en tire le crayon. A neuf heures et un quart dévêtu, il chante: Le coil du pont, le pont du coil, et se faut, disant: le poil du...; l'on en rit.
Le 10, mardi.—On parloit de deux Espagnols qui avoient tué une femme à Paris; il écoutoit, et soudain Août
1604 va dire: Il faut que le capitaine Richard les prenne, il les fera fouetter et puis pendre[114].