ADIEU, JE T'AI VU! Sorte d'exclamation facétieuse, à l'occasion d'une mésaventure, d'une perte, d'une espérance trompée. Le canari s'envola, et adieu, je t'ai vu! La diligence était partie, et adieu, je t'ai vu!

ADMONESTER, v. a. Admonéter, faire une réprimande. Admonester appartient au vieux français.

ADOMÉCHER, v. a. Apprivoiser. Adomécher un chamois. Terme vieux français. Dans les Alpes on dit: Adometzi. R. domus ou domo.

† ADOPTER, v. a. Adapter. Adopter une console, adopter une polie. Terme des ouvriers.

AFFAIRE, s. m. Objet, ustensile, chose. Un gros affaire en bois. Solécisme universellement répandu, et qui vient du vieux français. Ce mot est aujourd'hui féminin.

AFFAIRE, s. m. Nous disons dérisoirement d'un homme ou d'un jeune garçon petit et chétif: Ce petit affaire. Voyez ce petit affaire, qui n'a que huit ans et qui veut conduire un cheval.

AFFAIRE, s. f. Il y a l'affaire de trois mois, signifie: Il y a environ trois mois. Il y a une affaire de deux ans que je ne l'ai vu, signifie: Il y a environ deux ans que je ne l'ai vu.

AFFANER, v. a. Gagner avec peine, se tourmenter de travail, obtenir à la sueur de son front. J'ai bien affané cet argent. Ces ouvriers ont bien affané un pauvre écu. Terme suisse-roman. Affaner est l'ancien verbe ahaner, qui signifiait: Travailler avec fatigue, comme le bûcheron qui soupire, et laisse entendre, à chaque coup de hache, le son ahan. Selon le dictionnaire de Roquefort, le vieux mot affan est synonyme des mots Travail, peine, effort. Dans le dialecte languedocien, s'afana veut dire: S'empresser à faire quelque chose.

AFFAUTIR, v. a. Priver de nourriture. S'emploie surtout au passif. Un enfant affauti est celui à qui la nourriture a manqué. Allons, camarades, encore un morceau; il ne faut pas se laisser affautir. Se dit aussi des animaux et des plantes. Terme suisse. Dans le dialecte lorrain, affautrir signifie: Rendre maigre.

AFFITS, AFFITIAUX, s. m. pl. Affiquets, petits ajustements d'une femme, surcharge d'ornements sans goût, colifichets. «Affûtiaux» est français, mais n'a pas le sens de notre mot affitiaux.