† OUVRAGE (UNE). Ton ouvrage est-elle finie, Joséphine? Tu as fait là vraiment une belle ouvrage! Ce solécisme, qui est une tradition du vieux français, se fait à Paris et sans doute ailleurs.
OVAILLE ou OVALE, s. f. Accident arrivé par une force majeure; désastre qu'on ne pouvait prévoir. Ce terme n'est employé que dans l'expression suivante: Cas d'ovaille. «Les dégâts causés à un fermier par une grêle, par une gelée, par un ouragan, par une inondation, par une invasion ennemie, sont autant de cas d'ovailles.» Terme vaudois. Le tremblement de terre qui détruisit, en 1584, le village d'Yvorne, (canton de Vaud), s'appelle: La grande ovaille. A Neuchâtel et en Franche-Comté on dit: Orvale.
P
PACHE, s. f. Accord, transaction, marché. Bonne pache; mauvaise pache. La pache est faite. Terme suisse-roman, savoisien, méridional et vieux français. Dans le vieux français, pache était masculin. R. pactum.
PACOT, s. m. Boue épaisse, gâchis. S'enfoncer dans le pacot. Terme suisse-roman et savoisien.
PACOTER, v. a. et n. S'enfoncer dans le pacot. Nous pacotions dans ce chemin. SE PACOTER, v. pron. Se salir de boue, entrer dans le pacot.
PACOTEUX, EUSE, adj. Plein de pacot. Sentier pacoteux; route pacoteuse.
PAFFE, adj. Signifie: 1o Gorgé de nourriture; 2o Ivre, plein de vin. Ils s'en revinrent tellement paffes, qu'ils avaient peine à se soutenir. Terme trivial. Dans le dialecte rouchi, s'empaffer signifie: Se bourrer d'aliments; et dans le dialecte lorrain, ce même verbe signifie: Boire avec excès de l'eau-de-vie ou d'autres liqueurs.
PAGNON, s. m. Gros morceau de pain. Terme suisse-roman et savoisien. En vieux français: Paignon. R. panis.
PAGNOT, s. m. Nigaud, dadais. Un vrai pagnot; un franc pagnot. Dans le vieux français, pagnote signifiait: Homme de rien, chenapan, lâche, poltron; et ce terme, subsiste encore dans le patois du Dauphiné (pagnota).