Il nous faut du nouveau,
N'en fût-il plus au monde.
Nous voulons de l'amour,
Il nous faut de l'amour.

La buffalite avait fait son temps; nous entrâmes dans l'ère de tauromachite aiguë.

Ces dames avaient conduit à Lesbos les brunes gitanas de Séville, elles revinrent à Cythère, pieusement converties à l'ancien culte trahi par les arènes de la rue Pergolèse.

Ce fut le triomphe et des banderillas et des quadrillas. En quoi ces messieurs à performances accusées par des collants de satin rose ou bleu mourant, aux glabres faces de garçons de bain coupables ou de vieux séminaristes, purent-ils bien séduire l'esthétique en enfance des habituées des Acacias?

Chi lo sa?

Elles n'en jouèrent pas moins, tout l'été quatre-vingt-neuf, la Carmen de Bizet, qui pour Frascuello, qui pour Cara Ancha. A cette course au clocher de la sensation (au clocher, plutôt à la Tour Eiffel) qui arriva bon premier? Le boléro du picador, le sombrero du cowboy du West-End, ou le turban en corde de poil de chameau de l'ânier fellah.

Les petits âniers de la rue du Caire!... Vous vous rappelez, n'est-ce pas, ces petites figurines qu'on eût cru découpées dans un tableau de Gérôme, les mains, les pieds et la tête en terre cuite, le corps drapé d'une longue robe de toile bleue, sveltes et souples avec des attaches fines et des profils de sphinx, les lèvres écrasées et la face éclairée par des yeux d'émail blanc.

Les fellahs et leurs petits ânes couleur de cendre, à la croupe de peluche où la tondeuse avait tracé, gris sur gris, en creux et en relief d'étranges arabesques; les fellahs et leurs lentes mélopées, leurs aha haah monotones et stridents, eux accroupis en rond sur des nattes tressées, leurs mains encrassées de henné rythmant leurs chansons de rêve et d'ensommeillement!

En dépit du succès des vestes espagnoles, elle en est restée au turban des Kabyles, au fez de la Nouba. Reconnaissance de l'estomac!