On arrêtait le voleur, c'était un sieur Pelletier.
A chaque arrivée d'une voiture à la station, il s'insinuait dans la foule. Trois fois de suite, on l'avait vu essayer de se rapprocher de la jeune fille; à un moment, il l'avait même pressée si fortement qu'elle avait fait un mouvement en arrière, qui, cette fois, l'avait préservée.
Mais elle avait très bien vu l'homme, et quand elle s'aperçut que ses cheveux avaient été coupés, elle put immédiatement le désigner.
Filé par les agents, Pelletier était arrêté le soir même à son domicile, avenue Kléber.
Il ne nia pas: il avait encore dans la main la natte qu'il venait de couper, et une paire de ciseaux dans la poche.
Or, aux interrogations du commissaire de police, que répondait-il:
—C'est un moment d'égarement, c'est une passion malheureuse que je ne puis dominer.
—N'avez-vous pas déjà exécuté les mêmes mutilations sur d'autres jeunes filles?