—Le mariage de Miss Eva Waston.

—Eva Waston! notre jolie valseuse de cet hiver.

—Elle-même, Miss Eva Waston, la riche héritière de Master Réginald Waston, le milliardaire lanceur de Beaulieu.

—Comment elle se marie! Elle avait une façon de couper net les flirts les plus tendres. Les plus fieffés chasseurs de dots avaient renoncé à paonner autour d'elle. Ah si jamais on m'avait dit que celle-ci se marierait!

—Et elle épouse un Archiduc?—Un prince héritier?—Un feld-maréchal d'Austrie? Quelle séculaire couronne de Magnat de Hongrie ou d'empereur de Bysance ont bien pu lui dénicher les aimables douairières qui, de Cannes à Piccadilly, s'occupent de canaliser les milliards des trusts dans la Pairie et le noble faubourg?

—Ah que vous êtes loin de compte.... Miss Eva Waston, notre jolie clownesse de moire bleu turquoise du dernier véglione. (Vous vous souvenez de la gourmette qu'elle portait à la cheville gauche, trois cent mille francs francs de brillants, une dot) Miss Eva Waston. trente millions comptant, épouse un petit sous-lieutenant du 27e chasseurs alpins de Menton.

—Un lieutenant de chasseurs alpins de Menton!

—Comme j'ai l'honneur de vous le dire.

—Mais son nom?

—Ah mais! c'est que ce nom constitue presque une inconvenance, étant donné le motif du mariage. La lettre de faire-part vous l'apprendra.