—Comment! et tu veux l'épouser!

—Ma tante, écoutez-moi (et la jeune fille s'asseyait vis-à-vis la vieille dame). Vous savez que je suis une fille très pratique.

—La vraie fille de ton père.

—Vous savez quels partis j'ai refusés.

—Hélas!

—J'entends être une très honnête femme, c'est-à-dire aimer exclusivement et très ardemment un homme qui m'aimera... et qui pourra m'aimer.

—Eva!

—Nous nous comprenons, ma tante. Eh bien tantôt, quand ces messieurs sont arrivés et sont montés dans leurs chambres pour se changer et faire leur toilette, j'ai voulu m'assurer moi-même si le personnel avait bien exécuté les ordres, et je rôdais par les couloirs. La porte de la chambre dix-huit était entrebâillée, je crus son hôte absent et, voulant voir si John avait fait les rangements nécessaires, je poussai cette porte et j'entrai. Je retenais mal un cri. Un tub rempli d'eau était à terre, un homme debout changeait de chemise. Je ne vis que ses jambes et ses genoux, la chemise lui cachait le visage. L'inconnu tournait le dos, fit à mon cri volte-face, et je vis l'homme brun et musclé comme un vrai bronze antique. Ma tante, je n'épouserai que ce monsieur.