On n’est pas plus spirituellement impertinent et cruel; les erreurs de la Léda de M. Catulle Mendès sont une délicieuse satire de la bêtise de la femme, une espièglerie de poète, une outrance de lettré amusé de jongler avec les mythes et les symboles, une irrévérence d’aède vis-à-vis des dieux..., d’ailleurs le plus joli ballet du monde, encadré à souhait dans une mise en scène d’Albert Carré et musiqué avec une langueur et une volupté tout à fait imprévues, du moins insoupçonnées chez M. Lecoq.
Le coq, le cygne, le moyen aussi de ne pas écrire une musique ailée avec un tel nom et un tel titre.
Sur les amours du cygne antique
La source a coulé trois mille ans,
Lavant la marche du portique
Où Léda baignait ses pieds blancs,
Et depuis trois mille ans, sans ride,
Dans le miroir du flot glacé,
Le beau corps de la Tyndaride
Resplendit au cygne enlacé.