Une discussion s'éleva entre le major, les professeurs et la doctoresse.

Fallait-il, en présence de ce cas d'intoxication chronique par la morphine, employer la suppression brusque?

Pascal, Aubertot et Mlle Saint-Phar tenaient pour la méthode des docteurs Ball, Zambacco, Lancereaux, etc., qui consiste dans la diminution progressive des injections; le chirurgien militaire, quoique bon Français, se déclarait partisan de la suppression immédiate et radicale, dont le docteur allemand Levinstein est l'apôtre.

—Mais, ma femme ne prend pas de morphine! clamait Olivier.

—Elle en prend, elle se cache de vous, répondit Pascal.

Mlle Saint-Phar ajouta:

—Tous les morphinomanes, les dames surtout, savent dissimuler.

Devant l'autorité des professeurs, Lapouge s'inclina, et les médecins adoptèrent la méthode Erlenmeyer, progressive décroissante, dont ils expliquaient la marche, en exhortant le mari à surveiller sa femme.

Blanche, prise de peur, écouta les conseils de Mlle Saint-Phar; elle lui fit l'aveu de sa passion morphinique; elle lui montra le bracelet renfermant la liqueur, jura de suivre les ordres des médecins et d'obéir à l'époux aimé.

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