Voici, au reste, comment le capitaine Le Roy de Keraniou établit l’aliment de son fret d’aller, suivant les pays de provenance.
| De l’Angleterre, Southampton fournira 30 tonneaux de marchandises par voyage, ou annuellement | 4,320 | fr. |
| Londres, par voyage, 70 tonn., annuellement | 10,080 | fr. |
| Liverpool, par voyage, 70 tonn., annuellement | 10,080 | fr. |
| De la Belgique et de la Hollande, Amsterdam, avec escale à Rotterdam et Anvers, fournira par voyage, 100 tonneaux, annuellement | 14,400 | fr. |
| L’Allemagne, la Russie, le Danemark, la Suède, la Prusse, départ de Saint-Pétersbourg, escale à Brême, Hambourg, etc., annuellement | 14,400 | fr. |
| De France, Paris et Rouen, directement, par voyage, 150 tonneaux, annuellement | 21,600 | fr. |
| Le Havre et Cherbourg, directement, par voyage, 200 tonneaux, annuellement | 28,800 | fr. |
| Caen, Grandville et Saint-Malo, touchant à Morlaix, par voyage, 100 tonn., annuellement | 14,400 | fr. |
| Dunkerque, Boulogne, Dieppe et Fécamp, par voyage, 100 tonneaux, annuellement | 14,400 | fr. |
| Bordeaux, par voyage, 75 tonn., annuellement | 10,800 | fr. |
| Nantes et Lorient, annuellement | 10,800 | fr. |
| Rochefort et la Rochelle, par voyage, 50 tonneaux, annuellement | 7,200 | fr. |
| Chemins de fer, directement, annuellement, de provenance étrangère, 27,360 tonneaux; de provenance française, 27,360 tonnes, total | 54,720 | fr. |
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| Total, ligne de Brest, Nord-Ouest: 80,640 tonneaux venant de l’étranger et 135,360 tonneaux, des ports ou villes de France | 216,000 | fr. |
| La branche du Sud, Marseille, tirera des États-Sardes, de la Lombardie, de l’Italie, etc., par Gênes et Livourne, par voyage, 100 tonneaux, annuellement | 14,400 | fr. |
| Des États d’Autriche, Venise, Trieste, venant par chemin de fer à Gênes, annuellement | 7,200 | fr. |
| De la Suisse, par le Rhône et chemin de fer, par voyage, 100 tonneaux, annuellement | 14,400 | fr. |
| Du Zollverein (union douanière et commerciale), par chemin de fer, annuellement | 14,400 | fr. |
| De Marseille et environs, par voyage, 300 tonneaux, annuellement | 43,200 | fr. |
| De Cette, Béziers, Montpellier, par voyage, 70 tonneaux, annuellement | 10,080 | fr. |
| D’Arles, Bouc et Narbonne, annuellement | 10,080 | fr. |
| De Lyon, Saint-Etienne, des départements limitrophes du Rhône et du chemin de fer, par voyage, 150 tonneaux, annuellement | 21,600 | fr. |
| De la Turquie, de la Grèce, d’Égypte, de l’Inde (par Suez), du Maroc, de Tunis, du Danube, etc., et chemins de fer, par voyage, 285 tonneaux, annuellement | 41,040 | fr. |
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| Total (dont fourni par l’étranger 56,400 tonneaux, par les ports ou chemins de fer français, 120,000 tonneaux) | 176,400 | fr. |
| Un service auxiliaire desservant alternativement Barcelone, Carthagène, Alger, Oran, Malaga et Cadix, partira de Port-Vendre et ira aussi se relier à Madère au grand service; il fournira: De l’Espagne, tonneaux | 18,000 | fr. |
| De l’Algérie, tonneaux | 7,200 | fr. |
| Un autre service auxiliaire desservant alternativement Saint-Sébastien, Bilbao, Santander, la Corogne, Vigo, Porto, Lisbonne, partira de Bayonne, et ira aussi se relier à Madère aux grands services. Il tirera: De France | 3,000 | fr. |
| D’Espagne | 5,400 | fr. |
| Du Portugal | 6,000 | fr. |
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| Total général, (dont 85,800 tonneaux de l’étranger et 130,200 tonneaux de France) | 216,000 | fr. |
Les frets de retour seront plus considérables encore; car, dans le commerce général des pays transatlantiques avec la France et avec les pays européens, les importations, sinon quant à la valeur, au moins quant au poids des marchandises, quant au nombre de tonneaux, surpassent de beaucoup les exportations.
On sait, d’ailleurs, que les paquebots français prendront au retour des chargements complets, pour toutes les destinations, même étrangères à la France.
Ainsi, les 432 mille tonneaux de fret de retour du projet Le Roy de Keraniou, de même que les 432 mille tonneaux de fret d’aller, se trouvent justifiés.
L’auteur du projet fixe à 72 millions 600 mille francs, soit 85 francs par tonneau, le produit des 864,000 tonneaux, soit, produit annuel du fret, nombre rond. | 72,000,000 | fr. | |
Les divers prix de fret formant cette somme de 72 millions, ayant été fixés très-bas, et n’étant autres que ceux pris aujourd’hui par les navires à voiles, il convient d’y ajouter les 10 pour 100 de chapeau, en usage dans le commerce maritime, et que prennent aussi les lignes transatlantiques anglaises, soit 7 millions 200,000 fr., ou nombre rond | 7,000,000 | fr. | |
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Premier total produit du transport des marchandises | 79,000,000 | fr. | |
La correspondance a produit, en 1853, pour les lignes anglaises, 9,897,175 francs. Ce produit s’est beaucoup augmenté depuis. On peut affirmer qu’il sera presqu’immédiatement doublé, pour les lignes françaises, à cause de la brièveté des traversées, des départs directs de France, et surtout à cause de la fréquence des départs et des arrivées, qui permettra d’écrire presque quotidiennement: (Il y aura sept départs par mois pour les Antilles, douze départs par mois pour le Brésil, etc.) Cependant, on ne porte que, nombre rond | 9,000,000 | fr. | |
Les voyageurs ou passagers, attirés par les dimensions des paquebots, les commodités du voyage, la rapidité de la marche, la facilité de s’embarquer, sans quitter le continent, soit à Marseille, soit à Brest, pour toutes les parties du monde, devront être nombreux. Mais, pour rester encore au-dessous des prévisions, le capitaine Le Roy de Keraniou ne porte annuellement, que, pour les voyages d’aller passagers | 20,000 fr. | ||
Et les voyages de retour | 20,000 fr. | ||
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Total, passagers[15] | 40,000 fr. | ||
Indépendamment des dix francs par jour de nourriture, que nous n’avons pas portés en dépense, et que nous ne porterons pas non plus en recettes, les passagers paieront, en moyenne, 500 francs par voyage[16], soit pour les 40,000 passagers | 20,000,000 | fr. | |
La subvention est supposée devoir être de | 14,000,000 | fr. | |
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Total, produits ou recettes annuelles | 122,000,000 | fr. | |
Les dépenses montant à | 90,000,000 | fr. | |
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Il restera pour représenter l’intérêt du capital de 200 millions et les bénéfices | 32,000,000 | fr. | |
§ VII.—Énormes résultats de la concentration des lignes transatlantiques à Brest et à Marseille.—Brest premier port d’entrepôt, Paris première ville commerciale, la France première puissance maritime du monde.—Accroissement du commerce maritime de tous les autres ports français.—Développement du travail et de l’industrie nationale.—Augmentation des recettes des chemins de fer français.—Rétablissement du crédit.—Richesse générale.—Appel.
On ne saurait dire où pourraient atteindre les résultats de la concentration des lignes transatlantiques à Brest et à Marseille.
Il est évident qu’avec tous les avantages qu’offre le projet Keraniou:—voyage raccourci autant que possible, par la position du principal port d’attache au-delà de la Manche;—traversées abrégées pour les voyageurs et la correspondance, par la suppression des retards de relâches;—dimensions des navires permettant de porter des frets considérables—rapidité de la marche, et, en même temps, économie du combustible par l’adoption, dans les parcours qui le permettront, de clippers à voiles et à hélice puissante;—chargements pris tout entiers pour la même destination, mode qui, tout en dispensant de faire de longues escales, assurera un fret complet, pour chaque départ, à chaque navire;—situation de Brest, qui attirera tous les voyageurs, la correspondance et les marchandises du Nord et de l’Est de la France et de l’Europe; situation de Marseille, qui attirera tous les voyageurs, la correspondance et les marchandises du Sud,—on ne peut pas douter du succès de cette vaste entreprise.
C’est-à-dire, que la France s’emparera du transit et même de tout le commerce entre l’Europe continentale et les autres parties du globe; du transport des voyageurs, de la correspondance tout entière.