Beaugency.—Imp. de Gasnier.
NOTES
[1] Le mille est le tiers de la lieue marine de 20 au degré.
[2] Projet, long mémoire autographié, d’un style très-vif et rempli de détails du plus haut intérêt.
| Si les marchandises évitent, à l’aller et au retour, la navigation de la Manche, elles auront à payer, en moins, l’assurance en Manche, qui aujourd’hui pour la traversée du Havre Southampton ou à Liverpool monte jusqu’à 1-1/4 p. 100. comme nous l’avons dit (p. 25), soit, pour un tonneau de marchandise valant 10,000 francs, 125 francs d’assurance. Que l’on ne prenne, si l’on veut, que la moitié, ce sera 62 fr. 50 centimes c’est-à-dire, plus des 2/3 du prix de transport de la tonne sur le chemin de fer de Brest à Paris. C’est-à-dire encore, que, si la même tonne de marchandise à destination de Paris était venue par le Havre, elle aurait payé, pour assurance dans la Manche | 62f. 50c. |
| Pour le parcours du Havre à Paris, sur le chemin de fer, 229 kilomètres, à 15 centimes par kilomètre | 34 35 |
| ————— | |
| Total | 96 85 |
| Tandis que pour les 600 kilomètres, de Paris à Brest, elle n’aurait payé que | 90 »» |
On remarquera que nous n’avons rien porté pour les 90 lieues de mer, entre Brest et le Havre, qui ne laisseraient pas, cependant, d’augmenter un peu le prix du fret pour le voyage tout entier.
Mais, surtout, ce dont il faut tenir compte, c’est le retard dans l’arrivée en Manche, retard qui, outre les autres préjudices qu’il cause, se traduit encore par une perte d’intérêts du capital engagé dans les marchandises.
[4] Autrefois, lorsqu’il n’existait pas de chemins de fer, lorsqu’on n’avait pour le transport des marchandises sur terre que la simple voiture de roulage, qui, à force de chevaux, et à grands renforts de frais et de temps, portaient, par heure, deux tonnes à trois ou quatre kilomètres, on devait préférer les transports par mer, même par cabotage à voiles, au transport par terre; mais aujourd’hui, tout est changé: les chemins de fer transportent à peu de frais des masses de marchandises.